Articles avec le tag ‘protectionnisme’

Nous y sommes… La crise générale de l’ultralibéralisme est entrée dans une nouvelle phase, qui va conduire à l’éclatement de la zone euro. Tout y conspire : les illusions premières sur la prétendue « monnaie unique », la rigidité des textes, l’aveuglement des gestionnaires du système, l’attentisme des dirigeants de l’Union européenne, les préoccupations partisanes d’Angela Merkel (1), la cupidité des spéculateurs, le rôle qu’on a laissé jouer aux agences de notations…

Je ne me réjouis pas. Les oligarques français et européens sont des lâches et rien n’est plus dangereux que des lâches en proie à la panique. La peur des spéculateurs (les « marchés »), est une peur abstraite, qui n’empêche pas ces messieurs et ces dames de dîner en ville et de passer d’agréables fins de semaine dans leur maison de campagne. Ils ne se rendent pas compte que la politique de déflation qu’ils imposent en Grèce, au Portugal, en Espagne, est effectivement meurtrière : de combien de suicides sont responsables MM. Trichet, Strauss-Kahn, Lamy ? Lire la suite de cette entrée »

Voici quinze jours, je souscrivais à la désolation décrite dans le rapport du Médiateur de la République. Aujourd’hui, je veux communiquer mon enthousiasme pour ce qui se prépare en réplique à ce que nous subissons. Faisons le point.

Depuis le début des années quatre-vingt, les ravages de l’ultralibéralisme ont été consignés et dénoncés par des chercheurs que nos lecteurs connaissent bien. La grande crise qui a éclaté en août 2007 a dépassé les plus sombres de leurs prévisions. Le sauvetage du système financier et la reprise de la spéculation n’infirment pas leur diagnostic : l’idéologie ultralibérale est morte.

A gauche, les dirigeants socialistes n’ont pas conscience de l’ampleur de l’événement. A l’extrême gauche, les chefs de fractions s’en tiennent à des dénonciations désordonnées et imprégnées des utopies anarchiste et communiste de la fin de 19ème siècle. Lire la suite de cette entrée »

En février 2010, Jacques Sapir a adressé à ses collègues et amis ses propositions en vue d’une sortie de crise. Elles constituent le socle d’un programme commun à plusieurs familles politiques et retiennent l’attention pour plusieurs raisons :

- Elles sont faites par un économiste qui a bâti une œuvre théorique très solide.

- Elles sont précédées par l’analyse critique d’un chercheur qui avait expliqué pourquoi l’ultralibéralisme nous conduisait à la catastrophe sociale, économique, financière et commerciale.

- Elles témoignent d’un souci politique constant qui implique une inversion des priorités : d’abord la définition du programme de reconstruction, ensuite la recherche du candidat qui sera capable de le présenter au peuple français. Lire la suite de cette entrée »

Réflexions sur la crise, par Jacques Sapir

Texte rédigé pour le magazine de Séoul « KRX Magazine », revue destinée aux milieux d’affaires Coréens.

Interview réalisée par LEE Sang Won

1. La plupart des économistes considèrent cette crise comme une crise du marché d’immobilier américain; vous voyez dans cette crise la fin de l’hégémonie américaine. Qu’est ce que vous voulez dire par là?

La crise actuelle a certes débuté sur le marché hypothécaire américain. Mais, ses sources réelles plongent leurs racines dans les désordres qui ont affecté l’économie américaine depuis la fin des années 1980. Ces désordres sont de nature réglementaire : la libéralisation et la déréglementation des marchés financiers a joué un grand rôle. Ainsi, la suppression de la loi qui séparait les fonctions des banques, ce que l’on appelle le « Glass-Steagal Act », a eu un rôle important dans cette crise. La responsabilité des économistes du courant dominant a ici été importante. La thèse des « marchés efficients » qui a été vulgarisée à partir du début des années 1990 a certainement donné une justification pseudo-scientifique à ces pratiques de déréglementation. Lire la suite de cette entrée »

Enfin de bonnes nouvelles ! Certes, la crise française et européenne reste d’une angoissante acuité mais les projets de renaissance entrent dans le débat public et ne sont plus ignorés par les dirigeants politiques.

La preuve ? C’est Emmanuel Todd qui a ouvert la conférence sur l’emploi tenue le 14 décembre à l’initiative du Premier ministre. Cela signifie que le gouvernement, le patronat et les syndicats sont maintenant saisis du projet protectionniste qui leur a été présenté en termes simples et percutants par un chercheur – à la fois historien, anthropologue et démographe – qui s’appuie sur des bases très solides.

La veille de cette conférence, le public de nos Mercredis parisiens débattait avec Hakim El Karoui (1) et Emmanuel Todd de cette même question – déjà envisagée voici deux ans avec Jean-Luc Gréau (2). Lire la suite de cette entrée »

Nous devrions être satisfaits !

Le président de la République et le gouvernement français ont déclenché une offensive contre la Commission européenne et plus particulièrement contre Peter Mandelson, commissaire chargé des négociations sur l’agriculture dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Pourquoi ?

Les Etats-Unis annoncent qu’ils réduiront de 60% leurs aides aux agriculteurs américains si l’Europe et au Japon réduisent de 80% leurs propres subventions agricoles. Le commissaire européen est entré dans ce marchandage en proposant une réduction de 70%, qui provoquerait des ravages considérables dans l’agriculture européenne. La France a jugé que Peter Mandelson outrepassait le mandat donné par les Etats de l’Union et refusé qu’il « évoque de quelque manière que ce soit le dossier agricole » lors des négociations menées dans le cadre de l’OMC. Lire la suite de cette entrée »

Triomphalisme à Londres, lors de la publication des accords passés entre les Vingt. Echo médiatique enthousiaste au soir du sommet et le lendemain. Comment résister à cette immense vague d’optimisme ?

On peut se réfugier avec l’ultragauche dans une des utopies qui ont fait la preuve de leur inanité au siècle passé. On peut aussi faire siennes les propositions généreuses des altermondialistes qui voudraient fonder une « société civile planétaire » en lutte avec la « gouvernance » supranationale ? C’est exactement ce que souhaitent les prétendus régulateurs du marché mondialisé : contre des opposants en désaccord profond et faiblement organisés, ils auront toujours le dernier mot – prononcé dans des palais et résidences transformés en bunkers le temps d’une brève rencontre.

Le plus simple serait de suivre la pente médiatique et de se contenter de ce qui a été décidé à Londres : plus de 1 000 milliards pour le FMI, des banques asiatiques et africaines de développement, ce n’est pas si mal. Lire la suite de cette entrée »

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