Dans la journée du 3 avril, nous étions nombreux à attendre un geste symbolique des autorités françaises après l’attentat. L’illumination de la tour Eiffel aux couleurs russes, par exemple. Il n’y eut qu’un bref et froid communiqué de la présidence de la République – et rien en provenance de l’Hôtel de Ville de Paris.

C’est stupide, platement abject, mais totalement en phase avec Berlin où l’on s’est contenté, là aussi, d’un service diplomatique minimum. Les Allemands font ce qu’ils veulent. Ils ont fait un tri avantageux dans leurs souvenirs et retrouvé leur brutale arrogance. Mais nous ? Nous voudrions, chers amis de Russie, que la France vous apporte tous les concours utiles et nous sommes confrontés dans ce Paris que vous aimez à des minables prenant des postures de guerre froide par esprit de soumission, inculture et bêtise.

Le gouvernement français nous déclare « en guerre contre le terrorisme » mais il affecte d’ignorer la Russie qui combat le djihadisme dans le Caucase, en Asie centrale, en Syrie – préférant participer aux gesticulations de l’Otan sur les frontières russes. C’est une faute politique que les citoyens français risquent de payer cher, un jour ou l’autre.

Les autorités françaises négligent de faire les gestes symboliques à l’égard du peuple russe qui sait toujours nous dire combien il nous aime quand la France est dans l’épreuve et cette indifférence soulève d’autant plus le dégoût que ce n’est pas la première fois. Nicolas Sarkozy n’était pas venu à Moscou le 9 mai 2010 pour le soixante-dixième anniversaire de la Victoire. François Hollande n’était pas venu à Moscou le 9 mai 2015 pour le soixante-quinzième anniversaire.

Trois fois, en moins de dix ans, des représentants de la caste dirigeante ont exprimé leur mépris pour les autorités russes et, à travers elles, pour l’ensemble des habitants de la Fédération de Russie, russes, caucasiens et centrasiatiques, ignorant que dans les métros de Saint-Pétersbourg et de Moscou, dans les trains et les aéroports russes, on croise sans cesse des Tadjiks, des Ouzbeks, des Azéris, des Géorgiens… exposés comme tous les voyageurs aux attentats.

Chers amis de Saint-Pétersbourg et de Moscou, de Douchanbe et de Bakou, de Bichkek et de Tachkent, vous le savez : les liens que des Français et la France elle-même ont tissés avec vous seront toujours plus forts que les affronts fait par des gens qui, tous réunis, valent infiniment moins que le plus humble d’entre vous.

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