Jour après jour, pendant le confinement, les médias n’ont pas tari d’éloges sur le dévouement sans bornes de ceux qu’on envoyait au “front” sans masques, sans blouses et sans gants.

Ces dithyrambes ne sont plus de mise. Le “retour à la normale”, pour l’hôpital public, cela signifie le retour aux anciennes pratiques. Les directions de certains établissements cherchent à nouveau à comprimer les dépenses en incitant le personnel à prendre des jours de récupération afin de payer moins d’heures supplémentaires. Le gouvernement donne d’ailleurs l’exemple en matière de bas procédés puisqu’il a attendu un mois pour prendre le décret relatif à la prime promise à certains membres du personnel hospitalier : annoncée par Emmanuel Macron le 25 mars, décidée en conseil des Ministres le 15 avril, c’est sous la pression des manifestants que la prime sera versée en mai et juin.

En revanche, le gouvernement annonce qu’une “médaille de l’engagement” sera décernée aux soignants, qui bénéficieront d’un hommage le 14-Juillet. C’est se moquer ouvertement de ceux qui réclament des moyens pour l’hôpital public et des augmentations de salaires. Vivement interpellé par des infirmières de La Pitié-Salpêtrière le 15 mai, Emmanuel Macron a annoncé un “plan massif” et promis de mettre fin à la “paupérisation” des personnels.

Tous ceux qui ont applaudi à leur fenêtre le soir à 20 heures auront à cœur de descendre dans la rue aux côtés des soignants pour exiger qu’on passe des paroles aux actes.

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Article publié dans le numéro 1190 de « Royaliste » – mai 2020