Mercredi dernier 17 janvier, Luc Beyer était venu assister à la conférence d’Edouard Husson en compagnie de sa compagne, Françoise Germain-Robin. Tous deux avaient participé au débat et partagé le repas. Luc avait évoqué un récent voyage en Arabie séoudite et raconté avec humour ses rencontres avec Fidel Castro et le général de Gaulle. Nous nous étions quittés en prenant date pour de nouvelles soirées…

Luc est mort quelques heures plus tard d’une rupture de l’aorte.

La presse belge a retracé l’itinéraire de ce francophone des Flandres, qui avait présenté le journal de la RTBF pendant dix-huit ans avant de devenir, de 1979 à 1989, député au Parlement européen – puis conseiller communal à Gand puis à Uccle. Les lecteurs de « Royaliste » et les auditeurs de nos Mercredis parisiens lui doivent leurs lumières sur la situation politique en Belgique et sur le nationalisme flamand. Il fut parmi nous, un interlocuteur puis un ami qui enrichissait nos réflexions et nourrissait nos débats de ses vastes connaissances et de son expérience du monde.

J’ai quant à moi le souvenir de ses interventions lors des colloques du Cercle Charles de Gaulle de Belgique – et de ses imitations du Général, lors des déjeuners. A Paris, il était devenu en 2008 le président de l’Académie du gaullisme, où je fus chaleureusement accueilli comme nombre de nos amis. Mais Luc, c’était surtout pour moi un journaliste modèle. Quand il m’a invité pour une émission d’une heure à la RTBF, il a relu plusieurs de mes livres, consulté les collections de « Royaliste », puis il est venu me poser des questions pendant trois heures – alors que nous nous connaissions depuis des années – puis il me demanda de venir une heure avant l’émission afin de me faire préciser divers points. A l’opposé de l’amateurisme et du copinage parisiens, la conversation diffusée en direct fut sans concessions et, à plusieurs reprises, Luc me donna du fil à retordre. Je l’ai souvent cité en exemple, et continuerai de le faire. Luc était exemplaire par sa rigueur intellectuelle ; son patriotisme belge et son amour de la France en faisaient un européen exemplaire.

Avec Françoise, communiste militante, journaliste à « L’Humanité », l’ancien député libéral formait un couple admirable qui apportait son propre rayonnement dans nos réunions militantes. A Françoise, je dis au nom de tous nos amis et camarades notre inaltérable affection.

***

Article publié dans le numéro 1137 de « Royaliste » – 2018