Faute de maîtriser l’art politique, le gouvernement voudrait se prouver à lui-même qu’il a un talent de prestidigitateur. Mais les deux tours qu’il avait mis dans son sac à malices ont été rapidement mis en pleine lumière.

Les Français se souvenaient que toutes les doléances qu’ils avaient exposées lors du Grand débat national, verbalement ou par écrit, seraient progressivement mises en ligne sous licence libre. Hélas ! La belle promesse de transparence s’est évanouie. On s’est aperçu en haut lieu que la publication en ligne était trop lourde et trop chère et les 16 337 cahiers de doléances ont été discrètement versés aux archives des départements. Pour les consulter, il suffit de faire le tour de France ! C’est un peu cher mais cela permet de découvrir les charmes des Antilles et de La Réunion…

Le deuxième tour de passe-passe concerne les élections municipales et c’est encore une fois la transparence qui est mise à mal. Le ministre de l’Intérieur a en effet demandé aux préfets, par voie de circulaire, de ne pas attribuer de nuances politiques aux candidats dans les communes qui comptent moins de 9 000 habitants. Tout le monde a compris que cette grosse astuce permettrait de modifier la carte électorale en masquant les faibles résultats que la République en marche risque d’obtenir dans les communes petites et moyennes : 96% des communes et 54% du corps électoral seraient d’un seul coup effacés !

Aurait-on décidé, en haut lieu, de se moquer franchement du monde ?

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Article publié dans le numéro 1182 de « Royaliste » – 2020