Ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin a lancé le 30 mars un “grand appel à la solidarité nationale” et annoncé le lancement d’une “plateforme de dons” pour aider les entreprises en difficulté.

Le ministre confond la solidarité nationale, qu’il revient à l’Etat d’organiser selon le principe de justice, et l’entraide caritative par laquelle l’Etat se défausse de ses tâches éminentes pour s’en remettre à la bienveillance supposée de patrons placés dans un système ultra-concurrentiel.

Il y a un moyen beaucoup plus sûr de faire prévaloir la solidarité économique : c’est le soutien des entreprises et des secteurs en difficultés par les fonds publics. Qu’on ne dise pas que les caisses sont vides et qu’il n’y a pas d’argent magique : la fiscalité est faite pour financer ce qui doit l’être.

Ainsi, deux avocats suggèrent d’invoquer le principe des circonstances exceptionnelles qui permet de réquisitionner tout actif indispensable à l’effort de guerre. Comme Emmanuel Macron a déclaré que nous étions en guerre, le gouvernement pourrait déposer un projet de loi interdisant le versement des dividendes et créant une contribution exceptionnelle de solidarité à hauteur de 75% des dividendes. Soit 38 milliards destinés à un fonds de solidarité pour les PME, l’hôpital public et le financement d’un plan de relance écologique.

Nous n’en doutons pas : Gérald Darmanin fait déjà étudier cette proposition par ses services…

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Article publié dans « Royaliste » – avril 2020