Ancien ministre de l’Economie, Pierre Moscovici a fait le bilan ses fonctions de commissaire européen aux Affaires économiques et financières devant les députés français. Au cours de cet exercice d’autosatisfaction, l’éminent personnage a déclaré que la gestion de la crise grecque avait été « l’une des grandes victoires de la Commission et de la France ». Se disant « fier du parcours de la Grèce depuis les moments les plus difficiles de la crise économique », le commissaire a ajouté qu’il était « confiant » dans l’avenir du pays.

On ne sait si Pierre Moscovici se moque du monde ou s’il est victime d’une auto-intoxication aux vapeurs de la propagande bruxelloise dont il fut l’un des agents. Qu’il soit ou non convaincu par ses propres paroles, le fait est qu’il dit n’importe quoi. La dette publique grecque représentait 181% du PIB en 2018. La baisse du taux de chômage s’explique par l’exode massif de la jeunesse – 500 000 personnes en dix ans – et par la prolifération d’emplois à temps partiel sous-payés : un salarié grec sur trois perçoit un salaire net mensuel de 317 euros. Dans ce pays soumis au pillage des étrangers sous prétexte de privatisations, 35% de la population est en situation de pauvreté et d’innombrables grecs ne peuvent plus se soigner, ni se chauffer l’hiver.

N’oublions jamais que la Grèce est le laboratoire où sont testées les recettes ultralibérales que Bruxelles et Berlin veulent généraliser.