On connaît la chanson : pour être compétitifs, il faut comprimer les coûts et faire pression sur les salaires. Mais lesquels ? Certainement pas ceux des grands patrons qui augmentent scandaleusement.

Même Ernest-Antoine Seillière s’écrie que trop c’est trop – en oubliant ses très confortables émoluments. On s’émeut au Medef de constater que, au mépris de la « sanction du marché », les rétributions des grands patrons montent fortement quand les actions de leur groupe s’effondrent.

Jean-Marie Messier n’est que le gros arbre qui cache une forêt de gains personnels qui se chiffrent, sur une année, en millions d’euros. Le scandale est tel que l’ancien patron d’Alstom a dû rendre ses indemnités de départ (5,1 millions d’euros) comme certains de ses collègues anglais et américains.

Comme c’était le 17 octobre la journée nationale de lutte contre la misère, nous osons rappeler que 4,5 millions de personnes au moins (6,1 millions selon la CAF) vivent en France sous le seuil de pauvreté, fixé à 564 € par mois pour une personne seule.

Nous attendons avec intérêt les conclusions que le Medef, le Parlement et le gouvernement tireront de cette comparaison.

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Article publié dans le numéro 824 de « Royaliste » – 2003