En mars 2013, j’avais publié un article de Pascal Beaucher – « Une brève histoire des élites françaises » – qui esquissait un livre actuellement en cours de rédaction. Voici l’un de ses chapitres.

 

Quelles que soient les époques que nous avons traitées, les processus d’entrée dans les élites avaient de nombreux points communs. Même si les conditions, le rythme et les buts n’étaient identiques, deux éléments étaient marquants et comptaient plus que les autres : le temps, sa perception et sa gestion et l’existence d’une autorité supérieure qui mettait un frein aux ambitions et posait des limites aux comportements individuels. Selon les époques, ces limites furent d’ordre religieux, symbolique ou politique et pendant longtemps les trois à la fois. Il y avait au-dessus de soi une autorité tutélaire, un ordre symbolique qui posait des frontières à la volonté des hommes et à leurs façons de se conduire en société.

Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un changement radical, qui fait que les élites actuelles se comportent d’une manière qui peut souvent paraître irrationnelle. Depuis les années soixante, une autre échelle des valeurs est apparue. Le problème est que les valeurs prônées n’en sont pas réellement et qu’il est compliqué de trouver un sens à des comportements qui quelques décennies plus tôt seraient apparus comme insupportables. La société a-t-elle à ce point changé qu’aucune limite ne semble plus admissible aux envies, aux désirs et aux actions ?

A cela, on peut dégager deux raisons principales : la disparition du temps et l’absence de sur-moi politique et moral.

Le temps n’est plus.

Dans les processus que nous avons décrits et qui présidaient à la création, à l’enracinement et la conservation d’un statut élitaire dans la société française, le temps jouait un rôle primordial. Les bourgeois du Moyen-âge avaient ceci de particulier qu’ils concevaient leur accession à un rang supérieur comme devant invariablement se faire au fil des générations. Il était alors acquis, jusqu’à la Révolution française, que ce qu’un individu ne pouvait obtenir, ses descendants y parviendraient sans peine. Le cursus honorum tenait compte de cette donnée. L’essentiel n’était pas l’individu, qui ne comptait guère, mais le groupe, la famille, qui devaient  progresser autant que faire se pouvait.

Le facteur temps prenait en compte les accidents possibles, les retards, les disgrâces, les revers de fortune qui en aucun cas ne pouvaient signifier un arrêt brutal et définitif de toute ascension sociale. La disgrâce de Fouquet en 1661 a porté préjudice à sa clientèle et à sa famille. Pourtant, cela n’a pas empêché son petit-fils d’être très proche de Louis XV et de redorer le blason familial. Le maréchal de Belle-Isle avait intégré une donnée essentielle : pour être allé trop loin, son père avait connu le sort d’Icare. Son intelligence des situations et sa patience lui permirent d’effacer un événement qui aurait pu, voire du, renvoyer sa famille aux oubliettes de l’histoire. Si Jacques Cœur n’eut pas la même chance,  ce ne fut pas par l’effet d’une disgrâce définitive : aucun enfant ne pouvait prendre sa succession.

Pendant des siècles, le temps avait passé sans que les hommes en aient une claire conscience. Les générations se succédaient et lorsqu’au quatorzième siècle le Parlement de Toulouse fit une enquête et demanda quand Jésus Christ avait vécu, les paysans répondirent que cela devait se situer aux temps de leurs arrière grands parents[1]. Il faudra attendre la fin du dix-huitième siècle pour que les scientifiques découvrent le « temps profond », celui des paléontologues et des naturalistes. Les sociétés vivaient alors dans la lenteur, la mesure du temps se faisait a minima en heures mais ne descendait pas en dessous. Le long terme était alors l’horizon que beaucoup considéraient comme indépassable.

Bien sûr, les crises étaient aussi des facteurs d’accélération du temps et le statut social pouvait évoluer dans un temps très court. Les soubresauts politiques, les grandes épidémies, les guerres pouvaient alors faire office d’accélérateur. Pourtant, la première révolution industrielle changea à jamais la donne et ceux qui y concoururent virent le temps s’accélérer. Il n’était plus nécessaire d’attendre des générations pour obtenir fortunes et pouvoirs. Le reste de la société ne vit pas les choses changer de la même manière et pendant longtemps, la plupart des hommes suivirent leurs rythmes séculaires, ne faisant que subir les changements sans jamais les concevoir ni les conduire.

Pourtant, les évolutions de statuts se faisaient encore à la vitesse du train. Il faudra attendre le vingtième siècle pour que la vitesse atteigne celle de l’avion. Le temps existait toujours, nul n’aurait songé à le nier. Que s’est-il alors passé pour que cette donnée fondamentale soit niée et qu’on ait cherché à la faire disparaître ? Le mouvement néo-libéral né dans les années soixante-dix est à l’œuvre. Il nie temps et espace. Rien ne doit pour lui encadrer les mouvements économiques qui doivent pouvoir s’effectuer sans frontières, sans nulles bornes de temps ou d’espace. Seul compte pour eux le présent, l’instant, l’immédiateté des échanges, comme le démontre la gestion  informatique des bourses. Le souci est que le présent n’existe pas.

La science ne connaît que passé et avenir. Les physiciens s’accordent sur leur vision du temps qu’eux ne séparent jamais de l’espace. Einstein avait déjà prouvé que le temps ne passait pas de manière uniforme et que des différences parfois sensibles pouvaient être décelées. La disparition voulue de la donnée temps posent d’autres questions à d’autres types de scientifiques. Olivier Sachs, neurologue à une définition très précise de ce qu’il appelle « l’homme normal » :

« L’homme normal est un homme qui peut raconter son histoire, c’est à dire […] qui sait d’où il vient, qui a un passé, qui est situé dans le temps ».[2]

Nos élites actuelles sont en prise avec le mouvement néolibéral. Plus de vision d’avenir, de simples vues qui ne vont jamais au-delà de la prochaine échéance électorale pour les politiques et les prochaines « affaires à faire » pour les financiers et les industriels. Pour eux, l’histoire s’est achevée avec la chute de l’empire soviétique entre 1989 et 1991. Un modèle l’a emporté sur l’autre et il n’est plus nécessaire de penser  un modèle alternatif. Pourtant décréter la « fin de l’histoire » est au mieux une illusion, au pire une catastrophe puisque le temps se rappelle toujours à nous. L’absence de culture autre qu’un vernis de dîner mondain, fragilise la position de ceux qui nous dirigent et même si le modèle « instantanéiste » semble l’emporter avec le développement des moyens les plus modernes de communication, l’histoire n’a pas disparu et l’avenir reste toujours à construire. A part les particules à la source de toute vie, tout vieillit, tout évolue sans qu’on n’y puisse rien faire. On peut à l’envi  nier la réalité, c’est ce que nos gouvernants et nos puissants s’ingénient à faire, mais plus forte est la négation du réel, plus violent sera le retour sur terre.

Les anciens avaient de la sagesse, la crainte du temps n’a jamais empêché  nulle invention ou nulle découverte. Au contraire, une saine appréciation permet d’échafauder des modèles et de mettre sur pied des projets qui sont seuls susceptibles d’apporter un développement harmonieux aux sociétés et aux humains qui y vivent. L’appréciation de ce qui se construit doit tenir compte d’une évolution des marqueurs, tels ceux des langues et de la grammaire. Certaines langues africaines ne connaissent pas le futur mais la langue hébraïque n’a pas de temps présent. La grammaire française elle-même a évolué avec la quasi disparition de temps de conjugaison comme le passé simple, le plus que parfait ou l’imparfait du subjonctif, comme le constate l’écrivain et scénariste Jean-Claude Carrière[3]. Gommer les effets du temps passe d’abord par une évolution et une simplification de la langue. Là aussi, la raréfaction de l’emploi de certains mots et de certaines formes grammaticales montrent bien que le processus en marche est parfaitement conscient dans ses buts mais certainement pas dans ses effets.

Les élites économiques qui ont condamné le temps n’en sont pas moins désireuses de retourner aux temps anciens où les fortunes pouvaient s’édifier sans grande entrave. Cependant, cette vision d’un passé pour eux idyllique est largement fantasmée. Tout comme l’était la vision de l’Ancien régime que promouvaient les contre-révolutionnaires. Or, tout physicien dira que le retour vers le passé est impossible. Cela n’empêche nullement de rêver et de tenter de mettre en place des politiques qui nous feraient faire un bond d’un siècle en arrière sur le plan social. Il s’agit là de gommer les avancées sociales de la « parenthèse enchantée » des années 1936-1985, qui a permis à la France et à l’Europe de devenir une puissance économique de premier plan au prix d’avancées sociales que beaucoup pensaient irréversibles.

Le temps condamne nos élites. Il y a chez elle des fondements idéologiques parfaitement mortifères mais il y a plus encore.

La disparition du « sur-moi » politique et moral.

Appliquer un terme de psychanalyse à un comportement social pourrait à première vue sembler étrange. Est-ce si sûr ? Dès l’abord, il convient de préciser ce que peut être cette notion. Selon Freud, le sur-moi est l’« élément du psychisme qui exerce sur le moi une fonction de contrôle et de censure. ». La définition est assez limpide pour que l’on n’ait pas besoin d’expliquer plus avant. Le sur-moi politique et moral peut être considéré comme son extension. Il s’agit d’un élément qui va empêcher la libération des instincts et rendre impossible certaines actions, certains désirs et certains modes de fonctionnement et partant, dans une vision sociale, qui va empêcher le « tout est permis ».

Selon les époques et les modes de pensée, les religions ont constitué la première forme de sur-moi politique et social. Elles ont puissamment contribué à rendre possible vie en société à partir du moment où les groupes humains se sont rencontrés suffisamment nombreux pour nécessiter une mise en place de règles, surtout constituées d’interdits dans les premiers temps. Le Code d’Hammourabi est le premier exemple dont nous ayons gardé la trace d’une codification des comportements humains. Les religions, avant le droit, ont de tous temps et sous toutes les latitudes remplit cette fonction. La crainte d’une vengeance des dieux a été le premier frein à l’expansion de la sauvagerie humaine. Encore convenait-il de croire à un ou à des dieux et certains grands personnages de l’histoire n’ont pas vécu cette « menace » comme suffisamment certaine pour refréner leur ardeurs meurtrières. Pour imparfait qu’il soit, du moins à ses débuts, le sur-moi religieux a été d’une grande efficacité. Notons pour s’en convaincre la mise en place des « paix » et « trêves de Dieu » qui ont empêché les nobles du Moyen-âge de se trancher la gorge comme bon leur semblait.

La complexification des sociétés a rendu nécessaire l’adjonction d’un ordre légal et politique à cette première forme de garde-fou social. Tout n’était donc pas possible puisque « quelqu’un » ou « quelque chose » rendait impossible l’exercice de la volonté sans borne d’un individu ou d’un groupe humain. Politiquement, c’était l’une des fonctions premières de la royauté. En effet, quels que pouvaient être les envies, les talents et les moyens, une place n’était pas à prendre puisque son mode de dévolution la rendait imperméable aux bouleversements sociaux. Pour s’être voulu supérieur au jeune Louis XIV, Fouquet a chuté. On ne pouvait humilier le roi. Le faire était non pas un simple crime envers sa personne mais bien plus encore semblait établir que seuls les moyens de la fortune devaient être mise en balance avec la forte symbolique royale et mieux encore que la seule richesse ne devait pas constituer le seul mode de différenciation sociale.

Si l’on fait sienne l’idée que depuis le milieu de dix-huitième siècle, le but de la bourgeoisie était de supprimer toutes les entraves qui l’empêchaient de parvenir  au fait de la puissance, on comprend mieux la volonté manifeste pour les bourgeois de dix-neuvième de se débarrasser à jamais de la royauté, seul frein efficace au pouvoir absolu de l’argent. Les banquiers et affairistes de la Révolution et de l’Empire sont des libéraux. Ils ne veulent aucune entrave à leur développement et tout obstacle doit être retiré de leur route. Notons à cet effet, que le « sur-moi » royal est le seul à se préoccuper des intérêts du peuple. La prise du pouvoir par la bourgeoisie, d’abord pendant la Monarchie de juillet puis avec la Deuxième république et le Second empire, s’est faite contre le peuple qui pourtant avait aveuglément souvent servi de « chair à canon » aux républicanolâtres.

Pourtant, quelque chose subsistait qui faisait que là encore tout n’était pas possible. Les préoccupations sociales, notamment celles des catholiques du dix-neuvième siècle, ont permis des avancées et des progrès, effectifs ceux-là, dans la situation des franges les plus pauvres de la population. La politique et donc les idéologies y ont puissamment contribué. La naissance du socialisme en est la conséquence. Le « sur-moi » de cette époque est le rapport de force mise en place entre les différents groupes sociaux. La définitive instauration du suffrage universel servait là aussi de garde-fou. Plus question de n’avoir en vue que ses propres désirs et ses propres intérêts. Il fallut composer, trouver des compromis qui permettent une vie en société un tant soit peu harmonieuse. La démonétisation des élites économiques françaises lors de la Seconde guerre mondiale et la présence longtemps menaçante du « danger » soviétique ont assuré les progrès sociaux. La honte de la Collaboration était suffisamment prégnante pour clore un certain nombre de débats.

Alors comment en est-on arrivé à la situation actuelle ? Pourquoi aujourd’hui, même à grand renfort d’éléments de communication, en sommes-nous arrivés à une situation sociale de violence et d’affrontement ? La crise de 1968 est l’élément déclencheur de ce changement de paradigme. Les jeunes bourgeois de Mai avaient des revendications extrêmement claires : « interdit d’interdire » et « jouissance sans entrave ». Il fallait être alors singulièrement naïf pour considérer que ces jeunes gens insouciants avaient en eux autre chose qu’un goût immodéré pour l’individualisme. S’il est certain que le carcan social devenait difficile à supporter, notamment pour les femmes, il n’en demeure pas moins que ce qui germa sur le pavé du Quartier latin était gros de bouleversements qui modifieront les rapports sociaux et la vision que chacun se faisait de soi et des autres.

L’existence du « sur-moi » devint alors intolérable pour une frange de la jeunesse française. Peu de ses membres devaient envisager ce que leurs idées et leurs slogans simplistes avait de dangereux pour l’édifice social mais plus encore pour l’évolution des rapports entre groupes sociaux. On luttait alors contre la limite aux envies, aux désirs et à la volonté. Tout devait être possible, sans bornes, sans pensée construite. Le souci principal était qu’une telle volonté contribuait aussi à libérer les pulsions, celles-là même que le « sur-moi » contrôlait. Cet idéal libertaire a servi de terreau, aux États-Unis notamment, à l’émergence de la pensée néo-libérale qui est devenue ultra-libérale. Les libertaires et les libéraux avaient tout pour s’entendre. Ils voulaient les mêmes choses même si ce n’était pas au départ pour aboutir au même résultat. De l’idéal personnel de jouissance sans entrave au désir politique de s’affranchir de toute espèce de corpus moral, il n’y a eu qu’un pas  que bien peu ont pressenti et encore moins envisagé.

Est-ce tout à fait un hasard si nombre de ceux qui sont passés avec armes et bagages du côté de libéralisme le plus complet étaient justement ceux qui étaient en pointe lors des combats de mai 1968 ? Rien n’arrivant jamais totalement par hasard, il est aisé de considérer que non. Toutefois, la réécriture de l’histoire est chose aisée et il convient d’adopter une nécessaire prudence avant de jeter tous les tenants de 68 dans le même sac ultralibéral.

Pour les ultras des deux bords, libéraux et libertaires, la conjugaison de leurs pulsions a quelque chose de profondément mortifère. Allié à la négation du temps autre que présent, il fait faire à l’humanité un formidable retour en arrière. Des siècles de combats pour considérer que l’idéal économique de « l’offre » est constitué par la société romaine qui n’a tenu que par l’esclavagisme et la violence sociale, militaire et politique. La politique sociale rêvée par nos élites libérales est celui du bal de charité. On ne fournira à l’autre, celui qui est en dessous, nul moyen de se défendre parce que c’est simple justice et constante évolution du vrai progrès humain. On lui octroiera que ce que l’on voudra bien lui donner en le maintenant ainsi dans une sujétion et une situation constante d’avoir à réclamer. Réclamer ? Certainement pas la justice mais la charité. Les mouvements religieux qui ont mis sur pied cette nécessité longtemps unique pour la défense du plus faible, sont débordés et enfoncés. Ne reste que la violence du comportement de ceux qui pensent tout avoir parce qu’ils le veulent envers ceux qu’ils désirent leur être et restés soumis. Si possible en les remerciant et en se trouvant bien heureux d’avoir quelques miettes à récupérer.

Refonder ?

Si nos libéraux avaient un minimum de culture historique, ils ne s’enfonceraient certainement pas avec tant de délices dans une nouvelle réalité aussi lourde de menaces. La violence sociale est un jeu de miroirs, elle revient toujours avec un sensible accroissement vers celui qui l’a générée.

Quoi qu’elles en aient, les élites présentes devraient se souvenir que pour nier le temps, elles sont pourtant mortelles et que plus elles s’enfonceront dans leur nouveau et si confortable paradigme, plus forte sera la réaction qui de toute façon se produira un jour. Il est vrai que l’histoire ne se déroule jamais deux fois de la même façon. Pourtant, jamais situation acquise n’a paru aussi fragile. L’accélération du temps, à laquelle il faudra bien un jour porter remède, les menace. Vivre dans une pseudo-réalité emporte toujours les mêmes conséquences. L’équilibre nécessaire à toute vie en société impose d’en finir avec une évolution qui nous mènera, comme tant de fois dans notre histoire, vers une guerre civile, parce que c’est ainsi que les choses se passent. Les nobles de la Révolution l’ont appris à leur dépends. Vouloir à toute fin maintenir un état social que plus rien ne justifiait ne pouvait que mener au désastre. Après la Révolution, même s’ils avaient pour bon nombre d’entre eux conservé un statut social, leur statut politique et partant leur poids sur l’évolution de la société, ne fut plus jamais le même.

Les épitaphes des cimetières des élites disparues devraient être relues et profondément méditées. Continuer de compter dans une société implique que l’on évolue, que l’on partage statut, pouvoir et richesses. Il ne reste de la noblesse d’hier que l’essentiel : des éléments de patrimoine auxquels les Français sont très attachés parce qu’ils portent trace de leurs racines et constitue un avoir commun débarrassé de sa gangue de violence et de préjugés. Gageons que les élites bourgeoises n’auront pas cette chance. A eux de penser et d’agir s’ils veulent jamais conserver une part de ce qu’ils furent.

Pascal BEAUCHER

 

[1]     In Emmanuel Le Roy-Ladurie ,« Montaillou, village occitan de 1294 à 1324 », Paris, Gallimard, 1975.

[2]     In : Jean-Claude Carrière, Jean Delumeau, Umberto Eco et Stephen Jay Gould : « Entretiens sur la fin des temps », Paris, Fayard, 1998

[3]     ibidem