L’Institut national de la statistique (INSEE) va se conformer aux injonctions de l’Union européenne : à partir de mai prochain, la consommation des drogues en France, estimée à 3 milliards d’euros par an, sera intégrée dans le calcul du Produit intérieur brut. La consommation annuelle des ménages en biens et services va donc augmenter de 0,2%.

L’INSEE souligne la faiblesse de l’impact sur le PIB et indique vertueusement qu’elle refuse de prendre en compte la prostitution. Ah ! bon ? Un jour ou l’autre, les exigences de l’harmonisation statistique prendront le dessus car plusieurs de nos voisins prennent déjà en compte cette activité.

L’évènement statistique est faible mais sa portée considérable. Dans l’Union européenne, des administrations publiques donnent raison au philosophe Bernard Mandeville qui entendait montrer dans la « Fable des abeilles » (1705) que les vices privés font les vertus publiques. L’économie du capitalisme est amorale et largement criminelle mais peu importe si cela engendre du profit ! En se pliant à cette logique, les statisticiens et les gouvernements excluent toute mesure concernant la croissance de l’activité. Dont acte.

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Article publier dans le numéro 1138 de « Royaliste » – 2018