Que peut faire François Hollande en attendant le vote du Congrès américain, la décision du président des Etats-Unis et la mise en œuvre des plans d’attaque conçus par le Pentagone ? Je lui conseille de lancer quatre avis de disparition.

La Communauté internationale a disparu. A l’Elysée et dans les médias, on invoque une institution qui exprimerait les valeurs et les volontés communes à toutes les nations du monde, à l’exception de l’Etat-voyou de l’année, alors que seules la France, l’Arabie saoudite et la Turquie sont aujourd’hui prêtes à suivre les Etats-Unis. La « Communauté internationale » est une fiction à géométrie variable, une légende diplomatique aussi fiable qu’une légende urbaine.

L’Occident a disparu. Là encore, nous sommes dans le récit. Tantôt, l’Occident se prend pour la Communauté internationale, tantôt l’Occident se raconte qu’il est menacé – hier par le communisme, aujourd’hui par le terrorisme islamiste… ce qui ne l’empêche pas de favoriser les djihadistes qui opèrent en Syrie. On se souvient que la France gaullienne ne faisait pas partie de l’Occident et l’on a vu que Nicolas Sarkozy la faisait revenir dans une « famille occidentale » qui s’est beaucoup rétrécie au fil de l’affaire syrienne. Où est la Grande-Bretagne ? Où est le Canada ? Où est le Japon ? Quand le successeur de Kissinger décroche son téléphone pour rassembler la coalition punitive, personne ne lui répond à Londres, à Ottawa, à Tokyo. Bien entendu, l’Occident n’existe pas. Idéologie, volonté de puissance, moments d’impuissance – tout se joue, se noue et se dénoue à la Maison blanche.

 L’OTAN a disparu. Personne ne s’en inquiète mais la chose reparaîtra un jour ou l’autre si le président des Etats-Unis en voit la possibilité.

L’Union européenne a disparu. Pourtant, l’Union européenne a maintenant un numéro de téléphone, celui de la baronne Ashton of Upholland, qui est Haut Représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité. C’est cet imposant personnage qui devait faire en sorte que l’Europe parle d’une seule voix et qui n’a jamais évité, en période de crise, la cacophonie. Quant à la coalition contre Damas, Londres fait défaut, et Berlin, Madrid, Rome, Athènes, Varsovie et Budapest ne veulent rien savoir.

Nous sommes à la fin d’un feu d’artifices. François Hollande ne s’en est pas aperçu.

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