C’était, le 1er décembre, la quatorzième journée mondiale du sida. Elle a été marquée par des discours pétris de bonnes intentions. C’est ainsi chaque année, et chaque année les chiffres publiés indiquent l’augmentation terrifiante des infections et des décès – surtout dans les pays pauvres d’Afrique, d’Asie et d’Europe.

L’année prochaine, si rien ne change, on fera le même constat éploré, en brandissant des chiffres encore plus catastrophiques. Cela signifie que la compassion est inopérante, que les mises en garde sont insuffisantes, que l’admirable travail des bénévoles est par trop limité.

Que faire ? Politiser la lutte, dans tous les pays, sur tous les fronts. Contraindre les Etats riches à porter une assistance massive et gratuite aux pays pauvres. Interdire que les « programmes d’ajustement » imposés à ces mêmes pays impliquent le sacrifice des structures et des politiques sanitaires. Dénoncer l’attitude criminelle des multinationales pharmaceutiques et les contraindre au don de médicaments.

C’est compliqué ? Cela coûte cher ? En effet. Mais la vie n’a pas de prix. Or vingt millions d’êtres humains sont morts du sida. Et quarante millions vont en mourir dans les prochaines années.

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Article publié dans le numéro 783 de « Royaliste » – 2001