Martial buisson

Comme nous en avions averti nos lecteurs dans une trop courte note, Martial Buisson est mort le mois dernier. Ce nom ne dira rien à la plupart de nos lecteurs, puisque Martial Buisson ne militait plus depuis longtemps dans le mouvement royaliste. Mais il incarnait parfaitement l’époque de la fondation de l’Action française, et la tradition du royalisme populaire.

Représentant de la Section Limousine au premier congrès de l’A.F. en 1907, il avait également fondé un « cercle d’ouvriers royalistes » avant de devenir président des sections royalistes du Limousin. Disciple de La Tour du Pin et de Proudhon, Martial Buisson s’installa à Paris où il devint le compagnon de Georges Bernanos et d’Henri Lagrange. Il participa activement au dialogue avec le syndicalisme révolutionnaire et, avec Henri Lagrange, prit contact avec la fraction anarchiste de la « Porte des Lilas » où se retrouvaient les futurs membres de la « bande à Bonnot » (Soudy, Raymond la Science, Le Rétif et Bonnot lui-même). Plus tard, il retrouvera à la Santé M. Alméreyda, Eugène Merle et Gustave Hervé. Secrétaire de Georges Valois après la guerre, il participa au lancement de la « Semaine du Livre », avant de se consacrer à l’office de Justification des Tirages (une autre création de Valois) qu’il dirigera jusqu’à sa retraite.

C’est dire combien le témoignage de Martial Buisson me fut précieux, lors de mes recherches sur l’Action française devant la question sociale. Par la suite, il observa avec sympathie la naissance de la NAF, qui lui rappelait les combats révolutionnaires de sa jeunesse, et participa à nos premières Journées Royalistes.

Martial Buisson était proche de nous autant par ce qu’il avait voulu faire avec la jeune Action française que par ce qu’il était demeuré. Aussi sa mort me touche, plus que je ne saurai le dire.

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Martial Buisson a raconté sa vie dans un ouvrage intitulé « Actions en trois époques » (librairie Paillard)

Article publié dans le numéro 249 de « Royaliste » – 26 mai 1977