Le 9 avril, la Banque d’Angleterre a annoncé qu’elle allait financer directement les dépenses publiques liées à la pandémie. Ceci en souscrivant directement toutes les nouvelles émissions de bons du Trésor. Cela signifie que le gouvernement britannique n’a plus besoin de placer ses obligations sur les marchés financiers pour trouver l’argent nécessaire à sa politique. La Banque d’Angleterre se met au service de l’Etat et “monétise” la dette publique : elle crée toute la monnaie nécessaire pour affronter la crise sans que l’Etat ait à rembourser. C’est également le choix salutaire qui a été fait par la Réserve fédérale : la Banque centrale des Etats-Unis engage des moyens illimités dans la lutte contre la crise économique et sociale.

Certes, la Banque d’Angleterre précise que cette création monétaire s’effectuera “sur une base temporaire et à court terme” mais comme la crise sera longue, la décision prise à Londres est révolutionnaire : elle efface le dogme néolibéral du financement de la dette publique par les marchés financiers et libère l’État de sa dépendance à l’égard des spéculateurs.

C’est bien sûr cette révolution qu’il faudra accomplir en France, où il s’agira de renouer avec la politique menée après 1945 pendant trente ans. Ce qui suppose la renationalisation de la Banque de France et le retour à la monnaie nationale. En finir avec la zone euro, vite !

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Article publié dans le numéro 1188 de « Royaliste » – Avril 2020