La décision d’abandonner le projet d’aéroport nantais est sans doute une bonne nouvelle du point de vue écologique – mais pas pour la démocratie : l’Etat de droit a été piétiné, le référendum local tenu pour nul et nul avenu.

Cela fait six mois qu’on nous le répète : quand le président de la République prend une décision, cette décision est fidèle à ses engagements de campagne. Et c’est pour ça que les Français lui font confiance ! La preuve, c’est qu’il remonte dans les sondages. Mais pour Notre-Dame des Landes, ça ne marche pas : Emmanuel Macron prend une décision contraire à ses engagements de campagne et une majorité de sondés lui donne raison. Bien sûr, on ne saura jamais si les sondés approuvent le simple fait d’avoir pris une décision ou le sens de la décision. Il reste que le président a renié le candidat.

Le 7 avril 2017, Macron-candidat disait : « Ce que j’ai rappelé, c’est qu’il y a eu une consultation publique de type référendaire, qu’elle s’est exprimée et qu’elle a dit oui au projet. Donc je ne peux pas être aujourd’hui dans une situation où je déchire, j’arrive et je dis avec moi il n’y aura pas de Notre-Dame des Landes. Parce que, à la fin des fins, cela envoie deux messages qui sont très négatifs. Le premier : on ne respecte pas les consultations publiques quand elles ne nous arrangent pas. Cela ne va pas ! Le deuxième, c’est qu’on ne peut plus avoir quelques projets que ce soit dans le pays : parce que vouloir le bloquer suffit à tout empêcher de manière durable.

Le candidat-Macron faisait des observations pertinentes. En renonçant à la construction du nouvel aéroport, Macron-président a piétiné le résultat d’une consultation populaire favorable au projet. Il a aussi piétiné un demi-siècle d’études, de déclarations d’utilité publique, de décisions administratives et de jugements qui ont établi la légalité des opérations entreprises. Il a enfin capitulé devant un petit groupe de militants « zadistes » qui ont organisé une zone de non-droit et violemment défié les autorités. Ce qui les encourage à recommencer.

Le souci écologique est ancien. Il y a longtemps que les gouvernements pouvaient décider de le faire prévaloir. Aujourd’hui, l’écologie est le manteau qui recouvre une capitulation dictée par la crainte de troubles sanglants et par la menace de la démission de Nicolas Hulot. Mais l’affaire n’est pas terminée : nous serons attentifs aux négociations entre l’Etat et Vinci et à la manière dont seront négociées les privatisations de plusieurs aéroports.

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Article publié dans le numéro 1137 de « Royaliste » – 2018