Dans un conflit, on négocie avec ses adversaires afin de trouver un accord destiné à ménager les intérêts des deux parties. Suite à la lettre du Premier ministre sur les modalités de la réforme des retraites, le compromis obtenu le 11 janvier ne s’inscrit pas dans ce cas de figure.

Les concertations entre l’Elysée, Matignon, et les dirigeants du Medef, de la CFDT et de l’UNSA ont abouti à un accord entre les partisans du système par points. Les représentants des syndicats opposés au principe même de la réforme ont été reçus poliment à Matignon mais n’ont jamais été considérés comme des interlocuteurs sérieux, alors que ce sont bien les syndicats CGT, FO, la FSU et Sud qui font grève et qui mobilisent massivement dans les rues.

Nous sommes toujours dans la guerre de classe déclenchée par l’élite du pouvoir, des affaires et des médias, avec la complicité de directions syndicales acquises au néo-libéralisme. Une fois de plus, les dirigeants de la CFDT et de l’UNSA seront floués. Parce que l’équilibre financier est le point décisif de la réforme. Parce que le gouvernement annonce qu’il prendra des ordonnances si les partenaires sociaux ne se mettent pas d’accord sur le financement des retraites. Parce que le Premier ministre a précisé dans sa lettre qu’il y aurait un âge d’équilibre – autrement dit un âge-pivot – dans le futur système.

Contre cette réforme de régression sociale et démocratique, la lutte continue.

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Article publié dans le numéro 1181 de « Royaliste » – Janvier 2020