Auditeur des Mercredis parisiens de la Nouvelle Action royaliste depuis bien des années, devenu animateur de nos soirées de débat, Raoul Gaillard a bien voulu nous faire part des réflexions que lui inspirent nos échanges sur l’avenir de notre civilisation. 

 

« Dans trente trois ans, soit en deux mille cinquante, la France connaîtra des été chauds à plus de 40° C, des feux de forêts importants bien plus dévastateurs qu’aujourd’hui, des ouragans destructeurs ». Cette présentation d’un débat (orienté), entendu sur une radio publique laisse rêveur sur la pertinence de la prédiction. « Les prévisions sont toujours difficiles, surtout quand elles concernent l’avenir ! » cet aphorisme résume assez bien le problème posé.

Un auditeur à l’esprit quelque peu rationnel ne peut s’empêcher de rapprocher tous ces débats sur le réchauffement climatique d’une résurgence millénariste dont l’histoire est jalonnée, principalement aux époques de crises.

Il serait peut être bon, pour réfléchir à ces problèmes de les aborder sereinement comme « gens ordinaires » mais pourvu d’un « esprit critique » (1).

La liberté de penser est la capacité à s’interroger avec exigence et rationalité sur la réalité ou la probabilité des faits, de leurs relations prétendues, puis sur leurs interprétations. C’est une condition objective pour se déterminer et agir.

Les médias ne sont pas des sources d’informations crédibles, car ils tendent à maintenir le débat public et la présentation des enjeux dans un cadre idéologique construit sur des présupposés et des intérêts jamais expliqués, afin de garantir l’assentiment et l’adhésion des populations (nous reviendrons sur cette réalité).

 

Pour commencer, posons quelques règles.

Dans ce dossier extrêmement complexe il est indispensable de bien définir les mots utilisés, et de préciser les concepts employés puis de se fixer un objectif.

« Notre planète est en danger« , « qu’allons-nous laisser comme héritage à nos enfants« . Voila bien des présupposés martelés par tous les médias, sans fondement et présentés comme vérités révélées. Notre planète est un ensemble dynamique qui a connu des cataclysmes bien plus importants que ceux produits par l’activité humaine (2), quant à l’héritage il s’agit de faire le bilan d’un passif et d’un actif. Ici on ne parle que du passif, sans jamais aborder le bilan.

Les modélisations prédictives que l’on nous présente, pour déterminer les conditions climatiques et leurs conséquences inévitables dans les années futures, reposent sur des observations passées et des modélisations de systèmes complexes.

Chaque phénomène décrit, interférant avec plusieurs autres et ceci dans un enchaînement dynamique imprédictible, nous sommes bien dans l’observation d’un système chaotique qui devrait inspirer la plus grande prudence quant aux prévisions. Des différences infimes dans les conditions initiales (comme une erreur minime dans une observation ou une modélisation) entraînent des résultats totalement différents pour de tels systèmes, rendant en général toute prédiction impossible à long terme.

La théorie des probabilités atteint alors ses limites prédictives lorsque l’on considère des phénomènes aussi complexes.

Ce débat doit aussi permettre de réfuter le vocable « les Hommes », catégorie abstraite et réductive, souvent utilisée par les médias, mais étrangère à la réalité. Il est nécessaire de considérer les représentations idéologiques et culturelles des différentes sociétés humaines, de l’évolution de leur histoire, de leur organisation politique et philosophique ou de leur religion, en relation avec leur environnement.

 

De quoi parle-t-on ?

Au final la question posée est la survivance de l’espèce humaine (et des animaux associés).

L’histoire de la vie est la compréhension des interactions biologiques, des échanges ou des relations réciproques entre plusieurs espèces. Chaque « vivant » modifie en permanence son écosystème (3). Depuis son apparition, le genre « Homo« , qui a colonisé tout l’espace disponible, hospitalier et inhospitalier, a profondément bouleversé la nature, mais sans jamais la modifier définitivement, et cela parce que nous sommes intégrés dans des systèmes dynamiques, où toutes les espèces interagissent en permanence les unes avec les autres ainsi que sur le milieu abiotique.

Il s’agit donc moins de savoir si « Notre planète est en danger« , que de comprendre les conséquences des actions humaines sur son propre environnement et sur l’avenir de sa propre espèce.

Nous avons vu aussi que la catégorie « les Hommes » était une généralisation abstraite ne permettant pas de comprendre la nature du problème qui nous intéresse. Cette généralisation abstraite dans le langage permet de culpabiliser « les Hommes », le « nous » ou le « on », en masquant la responsabilité de groupes bien particuliers qu’il est nécessaire d’identifier.

Les atteintes à l’environnement dont une des conséquences serait le réchauffement climatique résulte d’une partie de l’humanité, en gros, les pays industrialisés, et plus précisément de l’organisation politique de leur mode de production.

La Grande Guerre 14/18 va marquer un tournant décisif dans les modes de production des pays développés. Elle engendre aussi des bouleversements politiques, culturels et sociaux radicaux à travers l’Europe, les Amériques, l’Asie, l’Afrique, ainsi que dans des zones qui n’avaient pas été directement engagées. Quatre empires disparaissent, d’anciens pays sont rayés de la carte, de nouveaux voient le jour, des frontières sont redessinées, des organisations internationales se constituent. De nouvelles idéologies s’imposent et modifient profondément les organisations sociales et politiques dans tous les pays. La deuxième guerre mondiale amplifie ces phénomènes. La constitution de deux blocs antagonistes (Ouest et Est) exacerbe les rivalités idéologiques et politiques. L’utilisation de l’arme nucléaire par les Etats-Unis, les 6 et 9 août 1945, change définitivement les stratégies militaires la diplomatie et la géopolitique.

Deux grandes conséquences de ces événements vont bouleverser l’organisation du monde. Ce sont les décolonisations et l’apparition de nouveaux Etats, ainsi qu’une nouvelle forme de mondialisation des échanges. La chute de l’URSS à la fin du XXème siècle laisse le champ libre aux Etats-Unis, puissance dominante, seule « maîtresse du jeu ». Cela va amplifier la révolution conservatrice débutée dans les années 1980, le désengagement de l’Etat, la multiplication des think Tanks, libéraux et conservateurs. Sur le plan culturel et politique, on assiste à une faillite des « Gauches » dans tous les pays industrialisés, principalement aux Etats-Unis et en Europe. Ce basculement va permette de déréguler la circulation des marchandises, des capitaux, des services, des personnes, des techniques et de l’information. La mutation politique et économique de la Chine vers une économie de marché va déstabiliser et déséquilibrer la production et le commerce mondial.

Le capitalisme qui en résulte, dominé par la financiarisation de l’économie, va privilégier le rendement financier, au détriment de l’organisation sociale du travail. Les valeurs morales et les relations sociopolitiques du travail qui pouvaient équilibrer les modes de production, après les grandes conquêtes ouvrières de l’après-guerre, sont remises en question. Le capital à la recherche de profits toujours en croissance, dans un marché qui n’est plus régulé, s’accumule au bénéfice d’une infime partie des populations au détriment de la qualité de vie du reste de l’humanité, principalement dans les pays dit « en voie de développement ». Dans les pays industrialisés, la libre circulation des marchandises et des capitaux favorise des délocalisations constantes qui ruinent l’équilibre social de ces pays, en particulier dans le secteur agricole et dans le secteur industriel (4).

La mondialisation des échanges (culturels et économiques) entre les sociétés humaines commence vraisemblablement durant la préhistoire, se vérifie dans l’antiquité et se confirme jusqu’à notre époque (« Le soleil ne se couche jamais sur mon Empire » – Charles Quint).

Ces mondialisations se caractérisaient principalement par l’échange de matières premières et de marchandises qui ne pouvaient pas être trouvées ou produites localement.

La mondialisation libérale moderne est fondamentalement différente. Elle repose sur une compétition acharnée de « tous contre tous » au profit des plus forts qui imposent leurs règles. Cela entraîne des déplacements sur de grandes distances de matières premières, ou de produits « non finis » qui accumulent de la valeur financière à chaque étape de leur transformation, avant d’arriver sur le marché final. D’autre part des marchandises qui pourraient être produites « sur place » sont importées au détriment de la qualité de vie des travailleurs des pays « en voie de développement » : surexploitation de la main-d’œuvre, conditions de travail sans protection sociale, bas salaires et immigration. A l’autre bout de la chaîne, délocalisation de la production, chômage de masse, pression sur les salaires, désorganisation ou destruction du tissu social. En fait la mondialisation fonctionne comme appauvrissement de classes sociales au profit de l’enrichissement d’une minorité (5).

On comprend que ce mode de production ne recherche ni le bien-être des populations ni les économies de matière ou d’énergie, mais la seule accumulation du capital.

Cette accumulation du capital, en dehors de tout contrôle, qui recherche un rendement en augmentation constante, entretient et amplifie le phénomène.

Une des conséquences directe est l’affaiblissement du politique dans le fonctionnement de l’Etat qui n’assure plus sa mission régulatrice. Les organismes « non gouvernementaux » ainsi que les institutions internationales, notamment le FMI, l’OMC, BCE et les lobbyistes des grands groupes multinationaux imposent leurs arbitrages.

L’exercice démocratique des populations dans la vie sociale en est fortement affaibli. Que dire des traités et de dispositions juridiques qui limitent les prérogatives régaliennes des Etats et du secret imposé par une « élite mondialisée » lors des négociations et des accords internationaux (par exemple le Trans Atlantic Free Trade Area ou TFTA qui concerne 800 millions de consommateurs qui n’ont plus la possibilité de savoir et d’intervenir dans les choix imposés).

Cette forme de mondialisation et la course au gigantisme des marchés, entraînent une pollution généralisée et à grande échelle, dont la responsabilité est rarement abordée dans les travaux scientifiques et principalement dans les instances internationales.

En 2010, 54% des produits manufacturés consommés en France provenaient de l’étranger (source INSEE). Ces marchandises dont une grande partie pourrait être produite localement, sont transportées par camions, avions ou bateaux sur de grandes distances (6).

 

Réchauffement climatique et énergies renouvelables

Nous avons vu que la Terre est un ensemble dynamique de grande complexité qui évolue par phases géologiques majeures ce qui induit des variations climatiques à grande échelle entraînant des modifications des écosystèmes.

L’activité humaine depuis la première révolution industrielle serait un facteur déterminant d’une accélération des déséquilibres climatiques. Le seul remède envisagé pour « sauver la planète » serait d’abandonner les énergies fossiles, au profit d’énergies dites renouvelables.

Ce schéma de pensée paraît pour le moins simpliste. Il serait légitime de formuler des critiques méthodologiques rarement proposées.

La première observation, déjà énoncée plus haut, est la quasi impossibilité de critiquer les hypothèses avancées et leurs conclusions. On se retrouve face à un dogme indiscutable.

Le rôle des médias comme amplificateur d’une « vérité évidente » doit alerter le « bon sens » du citoyen. En effet lorsque l’on travaille sur un domaine, on doit établir une méthodologie qui est l’enchaînement des questions à se poser. Dans le domaine qui nous intéresse les questions posées sont sélectives et très orientées. Dans le cadre d’une critique positive, il doit apparaître un « doute raisonnable » sur les conclusions. Il ne s’agit pas de contester en bloc les travaux des scientifiques, mais de les recentrer dans un cadre social et politique pour en évaluer les conséquences.

Se préoccupe-t-on uniquement de la qualité de vie des sociétés humaines et de leur environnement, où cherche-t-on de nouveaux débouchés pour des marchés globalisés et saturés ?

La finalité de l’économie des marchés globalisés n’est pas de satisfaire des besoins, mais de faire du profit.

Le profit rémunère le service rendu par l’entreprise qui a les compétences, les capitaux et qui prend des risques. A l’inverse, l’Etat a la responsabilité de satisfaire les besoins des populations : éducation, santé, emploi, retraite, sécurité, etc. C’est le service public.

Hors du stade de l’économie ultra libérale on assiste à la financiarisation de tous les secteurs. Cela a pour conséquences une tendance de fond qui est la prise de contrôle par les capitaux privés, des médias, de l’éducation et de la recherche, ainsi que des organismes d’Etat pour orienter idéologiquement les décisions dans le sens des intérêts des entreprises multinationales. Les lobbyistes qui utilisent des moyens financiers puissants hypothèquent le libre arbitre des élus. Ces officines se substituent progressivement aux organismes d’Etat pour imposer leurs intérêts sur les grandes décisions et sur les réglementations. Le rôle d’un lobby est « d’infléchir une norme, d’en créer une nouvelle ou de supprimer des dispositions existantes » (7).

Se limiter à une approche technique des problèmes environnementaux, sans tenir compte des réalités idéologiques, économiques, sociales et politiques, risque d’appauvrir la réflexion et de se laisser emprisonner dans un débat de spécialistes en se privant des moyens de réfléchir à ces problèmes pour agir.

De plus beaucoup de solutions avancées dans le débat médiatique ne sont que des impasses. En effet, les énergies renouvelables ne sont pas « la » solution à nos besoins énergétiques. Il faut garder en mémoire des règles simples. Toutes technologies ou toutes utilisations d’une ressource a sa contrepartie négative (par exemple la fabrication des biocarburants). Tout transport ou transformation d’énergie engendre de nouveau problèmes. Passer à la mobilité du « tout électrique » pose le problème de la production de cette ressource et des conséquences environnementales. La première source d’énergie serait l’économie d’énergie et de ressources. Mais cela est incompatible avec la mondialisation des échanges.

 

Conclusion

Quand le pécheur veut attraper les poissons, il les effraie en amont pour qu’ils se précipitent dans la nasse. Le débat sur le réchauffement climatique est rythmé par les tambours et les trompettes médiatiques, habilement utilisés pour orienter les conclusions vers des applications économiques (éolien, photovoltaïque, biocarburants etc.), sans débat contradictoire. L’absence de débat laisse le champ libre à des affirmations considérées comme fondamentales, incontestables et intangibles. Toute remise en cause de cette doxa, est considérée comme iconoclaste. Curieusement on n’aborde que rarement les considérations politiques et morales du vivre ensemble dans la diversité des sociétés humaines. Les populations sont soumises à un matraquage culpabilisant. « Quelle planète allons-nous laisser à nos enfants« . Comme si le consommateur était en mesure d’influencer des choix lorsqu’il se fournit sur des marchés dont il ne contrôle pas l’organisation, laissée à la discrétion de groupes multinationaux et à des organismes sur lesquels il n’a aucun pouvoir. Que peut un citoyen quelconque pour influencer et orienter la « concurrence libre et non faussée » voulue par l’Union Européenne ou sur le grand marché transatlantique ?

Il ne s’agit pas de nier les problèmes que le développement social de notre propre espèce pose à sa survie. Cela serait la symétrie de l’attitude intellectuelle que l’on conteste.

Il s’agit plutôt de recentrer la problématique du développement de l’espèce humaine dans un cadre démocratique, où les populations puissent faire des choix éclairés, et non pas se voir imposer des solutions imaginées par des groupes de pressions qui défendent la pérennité de leurs intérêts financiers. Le développement social, économique, politique et culturel des différents peuples a vraisemblablement des solutions distinctes à trouver et qui correspond à leur histoire et à leurs besoins spécifiques. Nous assistons chaque jour, et depuis des décennies, aux catastrophes résultantes des solutions « globales » imposées de l’extérieur. Et en particulier pas des institutions internationales qui ne laissent aucune marge de manœuvre aux responsables locaux.

Avant de trouver des solutions, il faut définir la nature du problème que l’on veut résoudre. Et avant de poser un problème, il faut définir les objectifs.

La question majeure qui doit se poser avant tout débat est celle de savoir ce que doit être le développement de l’humanité, dans la diversité des cultures, et les outils politiques et économiques qui seront utilisés. Sans négliger le cadre moral dans lequel nous voulons vivre.

Il faut le répéter aussi souvent que nécessaire, afin que cela soit toujours présent à l’esprit : il n’y a pas de solution idéale, il n’y a pas de solution universelle, il n’y a pas de solution éternelle. Nous vivons dans des ensembles dynamiques, qui inter-réagissent ensemble continuellement pour créer de nouvelles conditions.

Quelque soit le mode de développement social et économique qui caractérise une époque historique, ils engendrent des contradictions et des tensions qui doivent se résoudre, soit par la violence, soit par la négociation.

La question est donc comment ce débat doit être conduit : soit par des initiatives populaires qui prennent en compte les intérêts fondamentaux des populations concernées, soit par des ploutocraties qui monopolisent les moyens d’information et de communication, pour pérenniser leurs propres privilèges.

Avant de répondre à la question du réchauffement climatique et à ses conséquences, il est indispensable de poser la question du rôle de l’économie et de l’utilisation de l’outil financier (les banques) dans sa mise en œuvre.

L’objectif de la mise en œuvre de la politique d’un Etat (quelque soit la forme de cet Etat) est-il de satisfaire des besoins (qui évoluent dans le temps), ou de créer des besoins pour alimenter des marchés ?

Le marché est-il le lieu de rencontre et d’échanges entre égaux qui apportent et qui reçoivent des marchandises et des services, ou est-il un moyen de domination de puissants sur les populations ?

Suivant la réponse choisie, on apportera au travers d’Etats souverains la satisfaction des besoins humains fondamentaux dans des échanges réglementés, en ayant le souci de préserver la ressource. Dans le deuxième cas on favorisera et on utilisera les pulsions momentanées des individus, en créant des besoins pour alimenter le marché, dans une débauche d’énergies et de ressources.

La mondialisation des échanges, dominés par la recherche du profit, au détriment des populations des pays « en voie de développement » et par la recherche d’un rendement exponentiel du capital investi, est un des principaux facteurs de dégradation de l’environnement. C’est aussi à terme l’importation de la misère dans les pays développés.

Ce que nous avons essayé de démontrer, c’est que la planète, en tant que système géologique dynamique n’est pas en danger, que les écosystèmes complexes perdureront vraisemblablement après les sociétés humaines.

Ce que nous voudrions contribuer à mettre en évidence, c’est que la résolution de ces problèmes de réchauffement climatique, de pollution de notre environnement et d’épuisement des ressources, sont avant tout la conséquence de choix politiques et économique des échanges entre les groupes humains.

Ce qui semble évident c’est qu’il n’y a pas de solutions universelles, applicables sans discernement à toutes les sociétés. L’histoire, la culture, les religions et les modes de productions spécifiques à chaque peuple doivent trouver des solutions adaptés à leurs spécificités.

La production de masse, dans un système globalisé, recherche l’uniformisation et la standardisation des marchandises et des services. Ce sont par exemple les normes européennes !

Une production, proche du consommateur, c’est à dire adaptée à des marchés maîtrisés (dont l’objectif doit être la limitation de la consommation d’énergies et de ressources), et dans laquelle les moyens financiers se limitent à être des outils d’échanges et non pas une finalité de profits infinis, semble être une première réponse à la problématique du réchauffement climatique.

C’est donc la réalité d’un Etat démocratique, indépendant des groupes de pressions et arbitre souverain de ses choix qui semble être l’objectif à atteindre. Soulignons aussi que l’apport des scientifiques n’est pas non plus neutre et qu’il dépend du mode de production sociale dans lequel il produit.

Ce mode de production ne résoudra pas les problèmes environnementaux, mais permettra de les poser autrement. La mondialisation des échanges de marchandises et de services acceptera alors des règles et des usages limitant les pollutions que toute espèce engendre dans la dynamique de son développement.

Raoul GAILLARD

(1) Esprit critique : Selon le philosophe des sciences Karl Popper dans « Logique de la découverte scientifique« , il serait vain de prétendre « vérifier » une hypothèse ; on ne pourrait que montrer son caractère préférable par le fait qu’elle résiste mieux que d’autres.

La qualité scientifique d’une proposition ne serait donc pas de l’ordre de la justification, mais de l’ordre de la réfutation.

Autrement dit, une hypothèse est scientifique si, sans être (encore) réfutée, on peut concevoir une autre interprétation rationnelle capable de la réfuter.

Sans controverse il n’y a pas de vérité scientifique.

(2) Rappel :

2-1 – La terre s’est formée il y a environ quatre milliards et demi d’années.

La vie serait apparue estime-t-on un milliard d’années plus tard. Elle abrite des millions d’espèces vivantes, dont le genre Homo apparu il y a environ 2.5 millions d’années.

La biosphère qui a évoluée depuis son apparition, a fortement modifié l’atmosphère et les autres caractéristiques abiotiques (action du non-vivant sur le vivant) de la planète, permettant la prolifération de nouveaux organismes aérobies (dont l’Homme), ainsi que la formation de la couche d’ozone, qui associée au champ magnétique, bloque une partie des rayonnements nocifs du soleil, permettant ainsi la prolifération de la vie sur Terre.

Les propriétés physiques de la Terre, de même que son histoire géologique et sa position dans le système solaire, ont permis à la vie de subsister jusqu’à nos jours. Plusieurs chercheurs estiment que la Terre cessera d’être habitable d’ici 1,75 à 3,25 milliards d’années.

2-2 – Pour ne s’en tenir qu’à la France, il y a environ 200 millions d’années, prés de la commune de Préssignac en Charente, un astéroïde d’un kilomètre et demi de diamètre percute la Terre à une vitesse d’environ 20 kilomètres par seconde. Il laisse un cratère d’au moins 21 kilomètres de diamètre, et ravage tout, à plus de 100 kilomètres à la ronde. Les roches éjectées retombent à plus de 450 kilomètres du cratère. L’impact modifie également les roches du sous-sol sur une profondeur de 5 kilomètres. Pour imaginer ce que cette puissance d’impact représente, il faut la comparer à l’explosion de 283 000 Mt de TNT, soit l’équivalent nucléaire d’environ 19 millions de bombes d’Hiroshima. Enfin l’astéroïde de Préssignac ne porte que le N°37 dans la liste des plus gros astéroïdes !

(3) Les bactéries représentent approximativement la moitié de la masse du vivant. Elles sont un formidable moteur de diversité, en transmettant leurs gènes non seulement à leurs descendants mais aussi à leurs voisins, ce qui explique leurs énormes capacités d’adaptation et les évolutions du vivant.

Il semble maintenant admis que les mammifères (dont l’homme) doivent à des gènes viraux une faculté indispensable à leur reproduction : la formation du placenta. Une simple comptabilité génétique atteste qu’environ 8 % de l’ADN d’Homo sapiens est composé de séquences transmises par des virus à nos ancêtres.

(4) Le commissaire en charge de l’emploi et des affaires sociales László Andor, a qualifié les nouveaux taux de chômage publiés par Eurostat d’« inacceptables » et de « tragédie pour l’Europe ». La zone euro compte 12 % de demandeurs d’emploi.

(5) Répartition des richesses mondiales : 10% des plus fortunés détiennent 86% des actifs mondiaux – 1% des plus fortunés représentent à eux seuls 48% des actifs mondiaux (source étude du Crédit Suisse 2014)

(6) Le transport maritime :

90 % des marchandises produites et consommées dans le monde sont transportées par mer.

(Source : www.vedura.fr/environnement/transports/transport-maritime).

Les 15 plus gros porte-conteneurs du monde polluent autant que l’ensemble du parc automobile mondial (soit environ 1 milliard de voitures). Leur consommation est d’environ 200 tonnes de fuel lourd par jour (mazout peu raffiné, riche en rejets toxiques) Les bateaux de transport utilisent un carburant de basse qualité qui contient environ 2000 fois plus de soufre que le diesel utilisé dans les voitures européennes et américaines. Il faut plus de 10.000 tonnes de carburant pour faire un aller-retour entre l’Asie et l’Europe (soit une facture d’environ 2.5 millions de dollars par voyage ) Le transport maritime est responsable de 18 à 30% de la pollution mondiale par oxyde d’azote et de 9% de la pollution par oxyde de soufre. De plus le transport maritime utilise des combustibles non taxés, ce qui rend au final les marchandises transportées plus compétitives, au détriment des productions locales.

(7) Gilles Lamarque, Le Lobbying, PUF, Que sais-je, page 6