Mille cinq cents professeurs de lettres ont signé une pétition protestant contre l’inscription au programme du baccalauréat littéraire du troisième tome des Mémoires de guerre du général de Gaulle.

Mis en cause, le SNES affirme qu’il n’est pas à l’origine de cette pétition tout en admettant qu’il à lui-même protesté auprès du ministère contre la confusion entre la littérature et l’histoire. Les protestataires se déclarent incapables de dégager d’une source historique « le souffle de propagande mobilisateur de conscience nationale » – formulation ambiguë qui demanderait à être explicitée.

Faut-il épurer Victor Hugo de tout ce qui relève de la propagande politique, du témoignage historique et de la mobilisation de la conscience nationale et censurer Joachim du Bellay, qui sortit de la pure littérature pour célébrer la France, « mère des arts, des armes et des lois » ?

Plusieurs écrivains se sont à juste titre moqués de cette pétition en citant une admirable litote tirée du Fil de l’Epée et dans laquelle ils ont remplacé le mot « militaires » par le mot « professeurs » : « Il est vrai que parfois, les professeurs, s’exagérant l’impuissance relative de l’intelligence, négligent de s’en servir ».

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Article publié dans le numéro 972 de « Royaliste » – 2010

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