Un million d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté : autrement dit, 10% de l’ensemble des jeunes Français sont mal nourris, mal vêtus, mal chauffés, ont une santé fragile et sont pénalisés à l’école.

Cette information a été un million de fois moins commentée que les émois d’Alain Juppé à la suite de sa condamnation en première instance.

Ce « sujet » a été un million de fois moins « traité » à la télévision que les faits et gestes des candidats démocrates à la Maison Blanche.

Ce scandale occupe un million de fois moins le clan chiraquien que la liquidation politique de Nicolas Sarkozy.

Il est vrai que le gouvernement est conscient du « problème ». Mais pas au point d’agir en urgence. Il faudra attendre la conférence nationale sur la pauvreté de juin et la réunion en octobre d’un comité interministériel sur l’exclusion pour que des « initiatives » soient prises – et plusieurs mois encore pour que les mesures soient appliquées.

Pendant ce temps, les entreprises continueront de licencier ce qui augmentera le nombre de pauvres (au moins 4 millions) et d’enfants pauvres.

Ne nous habituons pas à cette fausse fatalité.

***

Article publié dans le numéro 833 de « Royaliste » – 2004