L’inflation des commentaires sur le nouveau gouvernement est inversement proportionnelle à l’importance de l’événement.

Défiés dans leur autorité par deux barreurs de petit temps, François Hollande et Manuel Valls ont exclu Arnaud Montebourg et Benoît Hamon lors d’une rapide opération visant la clarification et la cohérence.

Cela aurait pu se faire par le jeu habituel des démissions et des nominations. On a préféré constituer un nouveau gouvernement qui poursuivra la politique économique que les ministres évincés avaient été incapables d’empêcher : soumission au patronat sous prétexte de « compétitivité », alignement sur le gouvernement allemand afin d’obtenir des concessions qui ne sont jamais faites.

La nomination d’Emmanuel Macron à Bercy est logique : c’est le représentant des banques, l’ami des grands patrons, très apprécié par la chancelière allemande. Mais cette logique est atroce : elle est le point d’aboutissement d’une trahison proclamée, qui institue l’ultralibéralisme en dogme officiel devant lequel tout ministre doit s’incliner.

Manuel Valls proclamera cependant que ce gouvernement est à gauche puisque Christiane Taubira et Najat Vallaud-Belkacem y représentent la tendance « sociétale ». Ruse grossière, destinée à rendre plus acceptable l’obéissance des députés tentés par ce qu’on appelle la fronde. Ces élus, et Arnaud Montebourg lui-même, seront jugés sur leurs actes. Il ne suffit pas de dénoncer l’échec de la politique d’austérité. Comme Jean-Luc Mélenchon, tous les dirigeants socialistes qui mèneront leur combat sans faire le choix décisif de la sortie de l’euro connaîtront un échec qui aggravera la crise économique et politique qui nous meurtrit.

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