- (Wikipedia)
L’océanographe américain Charles Moore découvre et décrit le premier « vortex de plastique » dans l’océan Pacifique nord en 1997. Cette zone immense est aujourd’hui connue sous le nom de « grande zone de déchets du Pacifique » (Great Pacific Garbage Patch). On parle aussi du « septième continent de plastique ». Ces déchets proviennent des côtes du Pacifique Est, mais également du reste du monde, par l’intermédiaire de la Circulation océanique globale, aussi appelée « Global Ocean Conveyor Belt ». Il s’agit d’un système de courants qui prend sa source dans l’océan Arctique, plonge ses eaux froides dans l’océan Atlantique qu’il traverse du nord au sud, puis traverse l’océan Indien d’ouest en est et remonte en se réchauffant vers le NE du Pacifique où il forme une boucle superficielle (le fameux vortex) avant de repartir vers l’Atlantique pour finalement se terminer en « Gulf Stream » qui referme la boucle dans l’Arctique. Ce courant accumule les plastiques du monde, qu’il transporte et décharge dans le vortex plastique. Le Septième continent est donc indicateur de l’accumulation des plastiques non biodégradables sur l’ensemble de la planète.
Avril 2017 (Les Echos, 4 avril 2017)
Des chercheurs ont découvert que la chenille de la fausse teigne de la cire (Galleria mellonella) était capable de biodégrader le polyéthylène : la larve de ce papillon, qui se nourrit naturellement de cire d’abeille, ingère le plastique et le dégrade chimiquement grâce à une enzyme produite par ses glandes salivaires. Il ne s’agit toutefois que d’une consommation très marginale, puisque seulement quelques molécules issues de la dégradation du plastique sont digestibles. Le polyéthylène (utilisé pour les emballages et les « sacs plastiques ») et le polypropylène (plastiques durs et fibres textiles) représentent environ 92% de la production totale de plastique. Chaque année, 80 millions de tonnes de polyéthylène sont produites dans le monde. Un quart de ce plastique est recyclé, le reste, qui n’est pas biodégradé et peut se conserver intact plusieurs centaines d’années, se retrouve dans le « 7e continent ».
3 mai 2022 (infos CNRS, mai 2022)
L’université de Toulouse et la Société Carbios avaient déjà créé une enzyme capable de recycler le plastique. Une équipe américaine vient maintenant d’améliorer ce procédé de dégradation enzymatique grâce aux avancées de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage automatique. Les chercheurs ont ainsi créé FAST-PETase, une enzyme beaucoup plus performante pour digérer le polymère polyéthylène téréphtalate, le PET (qu’on utilise dans les bouteilles d’eau par exemple), qui représente 12% des plastiques que nous utilisons. FAST-PETase peut hydrolyser des déchets plastiques en seulement quelques heures.
20 janvier 2025 (radio ICI Provence, 21 janvier 2025 ; Info Marsactu du 12 Nov 2025)
Le 20 janvier 2025, à Berre-l’Étang, un incendie survenu sur le site de Basell Polyolefines, filiale du groupe LyondellBasell, a semé la panique à Marseille par son “épaisse fumée noire, visible à des kilomètres à la ronde”, d’après la radio locale ICI Provence. Il y aurait eu finalement “plus de peur que de mal”, selon le maire de la commune, Mario Martinet, qui s’exprimait le soir même sur sa page Facebook. Pourtant, la principale conséquence de ce sinistre, invisible, s’est manifestée dans les mois qui ont suivi et continuera de produire ses effets pendant des années encore ; puisqu’il a été prouvé qu’ont été déversés dans l’étang de Berre des eaux hautement contaminées en polluants éternels PFAS.
19 août 2025 (TF1, 18 août 2025)
La conférence de Genève sur la limitation des matières plastiques oppose les écologues et écologistes, qui veulent réduire la production et la distribution de plastiques, et les industriels qui veulent au contraire poursuivre voire augmenter cette production, mais en introduisant et développant des techniques de biodégradation du plastique pour réduire les déchets. La conférence a conclu : « L’échec de l’accord sur les plastiques souligne l’importance du recyclage ». Les industriels ont donc eu gain de cause : « Les pays producteurs d’hydrocarbures, avec la complicité des lobbys surpuissants des entreprises pétrochimiques, ont encore une fois pris le dessus sur la diplomatie des États, qui subissent les effets dévastateurs de ce fléau sur la santé et l’environnement ». La production continuera comme avant, mais des développements technologiques vont être lancés pour créer à côté de la production une industrie de dégradation des polymères. Autrement dit : pour lutter contre le plastique, augmentons sa production en ajoutant une industrie de recyclage derrière.
Décembre 2025 (Lu et al. (2025), Ecotoxicology and Environmental Safety, Volume 303, Article 118841).
Les recherches sur la fausse teigne de la cire Galleria mellonella ont montré que sa capacité à dégrader le polyéthylène grâce à une enzyme des glandes salivaires était largement augmentée par la présence d’une bactérie spécifique dans son intestin. Ces découvertes ouvrent des pistes prometteuses pour lutter contre la pollution plastique. Les chercheurs envisagent soit d’utiliser ces larves à grande échelle pour traiter certains déchets, soit d’isoler les bactéries ou enzymes responsables afin de développer des solutions industrielles de dégradation du plastique, plus efficaces et sans recourir aux insectes.
Juin 2026 (L’Usine Nouvelle, 7 juin 2026)
L’industrie pétrochimique a réussi à développer au niveau industriel l’usage de la bactérie de l’intestin de Galleria mellonella (BGM) pour dégrader le polyéthylène. Les molécules issues de cette dégradation sont innombrables (dont des chaines aliphatiques, des alcanes, des alcènes, des cétones, des aldéhydes, des alcools, des acides carboxyliques, des acides dicarboxyliques, des lactones et des esters,…). Beaucoup d’entre elles peuvent même donner lieu à une production et une commercialisation. L’industrie pétrochimique se réjouit de cette avancée qui répond aux critiques de ceux qui voulaient résoudre le problème de la pollution plastique par la baisse de la production. Au contraire, il devient non seulement possible de produire plus de plastique sans craindre de pollution additionnelle, mais ces plastiques usagés sont source de production industrielle (donc de croissance) nouvelle.
Mai 2027 (Nature, 30 mai 2026)
Grand succès d’ingénierie génétique, et un grand espoir pour l’écologie : les chercheurs ont réussi à créer un gène fabriquant la FAST-PETase, cette enzyme qui peut digérer le polymère polyéthylène téréphtalate, et à l’introduire dans la bactérie BGM déjà connue pour ses capacités naturelles à dégrader les le polyéthylène. L’usage industriel grandissant de cette bactérie modifiée et brevetée (BGM+©) représente une économie considérable pour l’industrie, qui peut maintenant répondre aux besoins mondiaux de biodégradation de ce plastique. L’industrie chimique montre ainsi qu’elle peut prendre le virage vert et mettre en œuvre une solution écologique pour la dépollution du monde. Cette avancée montre tout l’intérêt d’associer l’industrie pétrochimique aux demandes d’une société verte. Rappelons que, dans la mesure où la dégradation du polyéthylène est obtenu par l’intermédiaire d’une bactérie, il est juridiquement licite de parler de lutte biologique et de production bio.
Novembre 2027 (Le Monde, 14 novembre 2027)
Le 13 novembre 2027, le président de la République s’est rendu à Berre-l’Etang visiter le site pétrochimique de l’ancienne raffinerie Shell, et inaugurer l’usine de « pétrochimie verte durable » construite par la compagnie LB, déjà installée sur le site. Rappelons que la commune de Berre et les instances politiques régionales et nationales étaient à la recherche d’entrepreneurs susceptibles de réindustrialiser ce site de 122 hectares, qui jusqu’à présent n’avait pas trouvé de candidat satisfaisant le cahier des charges élaboré par la commune. Cette nouvelle usine verte devrait permettre de dégrader plusieurs centaines de milliers de tonnes de polyéthylène par an, par l’utilisation intensive de la BGM+© sous contrôle strict. Toutes les assurances ont été données sur la sécurité absolue du site. Il a été démontré par LB que la bactérie avait été traitée de telle façon qu’il lui était impossible de survivre hors d’un milieu contrôlé, traitement dont la compagnie n’a pas voulu donner le détail (en s’appuyant sur le secret commercial). La commune se réjouit de donner une nouvelle direction écologique aux activités qui se déroulent sur son sol.
juillet 2028 (Time, 11 juillet 2029)
Devant le succès de l’usine expérimentale de Berre, des unités similaires mais de plus grande ampleur sont construites dans plusieurs pays, la plus importante étant située à Los Angeles, dans l’une des régions du monde les plus consommatrices de plastique. Devant les questions sur la sécurité du site, dans une région susceptible de subir des tremblements de terre importants, le PDG de LB-USA s’est voulu rassurant : toutes les précautions sont prises et jamais un site n’aura été aussi sûr. Pour reprendre l’expression du PDG : « l’usine est tellement sûre que même la météorite qui a détruit les dinosaures ne pourrait l’égratigner ».
Décembre 2028 (ACIP, 15 décembre 2028)
Nouvel incendie sur le site pétrochimique de Berre. Ce site avait déjà été en partie détruit par un incendie en janvier 2025, qui avait abouti à l’épandage dans l’étang de Berre de milliers de mètres cubes d’eaux contaminées par des PFAS (polluants éternels). Malgré les assurances du propriétaire du site (classé SEVESO) sur la sécurité absolue du site, l’incendie qui s’est déclaré dans la nuit du 12 mars n’a pu être éteint que tard dans l’après-midi du 14, du fait de la dangerosité des fumées toxiques émises. L’exploitant a toutefois déclaré qu’aucun déversement n’a été signalé hors de la zone protégée du site. La police signale qu’étant donnée la sécurité totale garantie du site, l’origine terroriste de l’incendie ne fait pas de doute. On se rappellera que c’est sur ce site qu’est produite et utilisée en France la bactérie BGM+©, capable de biodégrader le plastique avec des rendements remarquables.
Mai 2029 (TF1, 29 mai 2029)
De nombreux cas de dégradation spontanée de polyéthylène ont été signalés autour de Marseille. Un entrepôt de bouteilles d’eau minérale a dû fermer ses portes, les bouteilles étant détériorées à près de 40 %. La présence de BGM+© a pu être mise en évidence. Des plaintes ont été déposées contre le site pétrochimique de Berre qui a laissé cette bactérie s’échapper dans le milieu (rappelons qu’il s’agit d’un OGM breveté). En réponse à ce problème, LB informe que des recherches sont faites sur le développement d’un virus bactériophage pour éradiquer la bactérie BGM+© du milieu ambiant. Le virus sera produit par génie génétique et ne pourra être activé que par la présence du gène « FAST-PETase », avant de pouvoir tuer la bactérie BGM+©, ce qui garantit ainsi son innocuité complète en ce qui concerne les autres bactéries. Une fois élaboré, le virus sera disséminé dans la nature autour des sites contaminés par la BGM+©. L’industriel garantit que toutes les précautions seront prises pour que le virus reste absolument sans effet sur le milieu, grâce au choix d’un virus-base reconnu pour sa complète innocuité. Le virus sera produit sur le site de Los Angeles, reconnu pour être le plus protégé de tous ceux qui ont été construits autour du monde.
Février 2031 (Euronews, mars 2031)
LB signale que son virus bactériophage VBGM+© est maintenant au point. Après de nombreux essais en laboratoire puis à l’échelle semi-industrielle, LB a pu démontrer par ses propres travaux de recherche que le virus est inoffensif sur la totalité des bactéries naturelles dépourvues du gène FAST-PETase. L’Union européenne a accordé son visa pour la dissémination massive dans le milieu du VBGM+© afin de lutter contre les problèmes grandissants liés à l’extension incontrôlable de la BGM+©. Rappelons que les pertes liées à la destruction de millions d’emballages en polyéthylène se montent maintenant à plusieurs centaines de millions d’euros rien qu’en Europe, et que la bactérie s’est répandue dans le monde entier avec les exportations et distributions d’emballages contaminés.
Juin 2031 (CNN, 6 juillet 2031)
Un tremblement de terre de magnitude 9,2 a secoué la région de Los Angeles dans la nuit du 23 juin, suivi d’une série de répliques qui ont anéanti les deux-tiers de la ville, causant des milliers de morts et des milliards de dollars de dégâts. La Californie étant soumise depuis mai à la sécheresse et à des vents violents du fait du réchauffement climatique, le séisme a également provoqué des incendies qui ont ravagé plusieurs centaines de milliers d’hectares. Les voies de communication ayant été détruites par le séisme, les pompiers n’ont pu se rendre sur les lieux de l’incendie avant le 28 juin. Il est à noter que l’usine LB qui produisait les fameuses bactéries BGM+© et le virus VBGM+© a été entièrement détruite par le tremblement de terre et que des milliers de mètres cubes de produits toxiques se sont répandus dans l’atmosphère et l’environnement, se déversant même jusqu’à l’océan Pacifique. On se souvient qu’un incendie similaire en France en 2028 avait eu pour conséquence la contamination du sud du pays par la bactérie BGM+©, ce qui avait abouti à des destructions massives d’emballages plastiques.
Octobre 2032 (Science, 19 octobre 2032)
Des souches mutantes du virus VBGM+C et de la bactérie BGM+© ont été identifiées autour de Los Angeles. Ces souches sont caractérisées par la faible létalité du virus vis-à-vis de la bactérie BGM+©. Il semble qu’un « modus vivendi » co-évolutif de type darwinien se soit créé entre les deux organismes, qui n’est pas sans similarité avec les capacités adaptatives bien connues des bactéries qui deviennent de plus en plus résistantes aux antibiotiques.
Avril 2033 (Pour la Science, mai 2033)
Les nouvelles souches virales issues du VBGM+© avaient abouti à une moindre capacité à détruire les BGM+©. Mais les chercheurs ont découvert que les mutations touchent aussi la capacité du virus à transformer le gène FAST-PETase de la bactérie BGM+©, lui permettant de s’attaquer à d’autres plastiques que la famille des polyéthylènes. Les effets se font déjà sentir dans le secteur de l’énergie car la bactérie BGM+© devient capable de biodégrader les PVC (polyvinyles de chlorure) et d’autres types moins courants de plastiques. Or les PVC sont les principaux polymères utilisés dans les isolants électriques, mais aussi dans la fabrication de plastiques « durs » (canalisations, pièces de carrosserie d’automobiles, bouchons de récipients, coques d’ordinateurs, pièces d’avions…). De nombreux accidents électriques se produisent dans les sites fortement exposés à la nouvelle souche de la BGM+©, que les médias ont nommée « BGM-Terminator », ou BGM-T. Plusieurs pays ont dû fermer leurs centrales électriques pour remplacer la totalité des isolants par d’autres, beaucoup moins efficaces, plus coûteux à produire et à installer et moins souples d’emploi. De nombreux accidents d’automobiles, des crashes d’avions, des naufrages ont été enregistrés dans de nombreux pays. La production électrique dans le monde a subi des baisses allant jusqu’à 25 % de ses capacités nominales. Par ailleurs plusieurs centrales nucléaires ont dû fermer pour éviter un risque majeur de surchauffe dû aux défauts d’isolation électrique et aux courts-circuits dans les systèmes de surveillance.
Octobre 2040 (PNUE, septembre 2040)
L’abandon du polyéthylène pour les emballages a été acté le 17 avril. L’ampleur des destructions de ce plastique par la BGM+© partout dans le monde est telle qu’il est devenu impossible de l’utiliser dans des conditions économiques satisfaisantes. L’industrie pétrochimique se penche dans l’urgence sur la conception de nouveaux polymères pouvant le remplacer. Les espoirs portés par le succès indéniable de l’utilisation du VBGM+© à ses débuts ayant été réduits à néant par l’apparition de la BGM-T, la bataille du polyéthylène a été perdue. L’agro-industrie en subit les effets de plein fouet et les transports de produits agricoles sous emballage ont été réduits des deux-tiers, plongeant dans la famine des pays entiers, provoquant des faillites mémorables de géants de l’agriculture et de la distribution et affectant gravement les économies des puissances agricoles.
Juin 2041 (Forum nucléaire, juin 2041)
Le site « Forum nucléaire » signale de nombreuses pannes des systèmes nucléaires dans le monde entier depuis que la BGM-T a acquis la capacité de biodégrader les résines et les plastiques utilisés dans l’informatique. Cela concerne des centrales nucléaires, mais aussi la plupart des navires à propulsion nucléaire militaires (porte-avions, sous-marins) et civils (brise-glace etc.). Les armements sont eux aussi inutilisables, que ce soient des avions, missiles, véhicules blindés, navires, drones, transmissions etc. La biodégradation des cartes électroniques et des circuits intégrés est probablement responsable de ces avaries.
Décembre 2041 (RFI, 11 décembre 2041).
Le WWW (World Wide Web) a subi de très graves dommages dus à des défauts d’isolation dans les serveurs et aux destructions de cartes de circuits intégrés. Les cartes mères des ordinateurs tombent en panne les unes après les autres partout dans le monde. La biodégradation des plastiques est maintenant répandue dans le monde entier et s’attaque à presque toutes les formes de plastique : emballages, isolants, résines, PVC, fibres textiles, etc. Incidemment l’industrie du vêtement, comme beaucoup d’autres, est en faillite. On s’aperçoit, mais un peu tard, que notre société mondiale était fondée sur la confiance totale dans la stabilité des plastiques et sur leur usage universel. Depuis que ceux-ci sont dégradés dans le milieu ambiant hors de tout contrôle, la paralysie est complète : plus d’énergie, plus d’échanges commerciaux, de transports, d’information. « Les dirigeants des GAFAM, réfugiés en Nouvelle-Zélande, se sont refusés à tout commentaire (RFI)».
La société globale reposait presque exclusivement sur l’emploi universel du plastique, dans tous ses usages et sous toutes ses formes. Depuis l’invasion de la planète par des BMG-T la distribution d’énergie électrique est sporadique (défaut d’isolation des câbles), les systèmes informatiques deviennent inopérants et la plupart des activités liées à l’informatique fortement perturbées, voire totalement détruites (bourses, cloud, data centers, IA, web, transmissions, logiciels, câbles sous-marins, satellites, informations etc.). Les emballages plastiques ne protègent plus rien, les fibres textiles ne sont plus utilisables, les tuyauteries et canalisations de tout type sont gravement endommagées, les transports (passagers et marchandise) réduits à presque rien. L’autarcie des nations devient de plus en plus complète, avec tous les problèmes gravissimes que cela implique (santé, éducation, agriculture, échanges commerciaux, importations et exportations, etc.). La fin du plastique, conséquence d’une politique irresponsable imposée par une industrie obnubilée par ses profits, et dont on peut dater le début à août 2025, a pour corollaire la fin de notre société moderne.
François GERLOTTO
Assez vite on imagine l’issue de ces textes juxtaposés. Cela dit, ils ont le vif intérêt de nous conduire vers l’idée que « le progrès, façon Siècle des Lumières, à présent se mord la queue ». Même s’ il participa à la louable volonté d’instaurer un bonheur toujours plus parfait sur la terre. Volonté qui observée relativement, nous a rendu la vie plus confortable; mais qui dans l’absolu peut conduire vers un espoir naïf ( ou de mauvaise foi) et dangereux: le « Grand Soir » ne fut pas et n’est pas que communiste. Il reste la source de frustrations qui présentent psychologiquement, donc politiquement ( pas uniquement au niveau écologique), un péril présent et à venir.
L’ironie des courants maritimes place le continent plastique dans le même océan que Bora-Bora; île qui, pour gommer son passé de base militaire (US: il reste des canons dans les collines volcaniques), fut décrétée paradis terrestre après la seconde guerre mondiale. S’y retira l’explorateur Paul Emile Victor. J’appris un jour que lors de ses expéditions dans l’arctique, il prévoyait (comme d’autres avant lui) toujours une très nombreuse meute de chiens. Et qu’approchant progressivement du but, il les supprimait afin d’avoir moins de gueules à nourrir. Déjà le progrès né des lumières montraient ses failles. Déjà le paradis ne pouvait être le fruit des seuls efforts humains. Déjà comme depuis toujours le salut était ailleurs.
Le texte de François Gerlotto pose entre autre la question suivante: Faut-il pour être conscient que ce « salut est ailleurs » détruire le marche-pied qu’est notre terre; celle qui « naturellement imparfaite » (comme nos textes) nous offre néant-moins, l’occasion de réfléchir, et même, de savoir que nous réfléchissons, ad lib!
Que cette faculté de réfléchir soit aussi celle de méditer…enfin de s’affiner pour passer à travers le chas de l’aiguille.