Plan Borloo : Treize à la douzaine

Mai 1, 2018 | Partis politiques, intelligentsia, médias

 

Encore un « plan banlieues » ! Comme presque tous les autres, il contient un ensemble de propositions partielles alors qu’il faudrait une ambition politique nationale.

En 1983 et dans les années qui suivirent, « Royaliste » avait ardemment soutenu le plan « Banlieue 89 » conçu par Roland Castro et Michel Cantal-Dupart sous l’égide de François Mitterrand. La crise des banlieues avait déjà éclaté, ses causes étaient connues, les solutions sociales, architecturales et politiques étaient clairement exposées. Elles ne furent que très partiellement mises en œuvre. Avec Michel Rocard, Jacques Chirac, Lionel Jospin, Nicolas Sarkozy et François Hollande, les « plans banlieues » furent empilés – on en compte une douzaine depuis 1977 – de manière palliative. Toujours de grands discours et trop peu de moyens, avant comme après les émeutes de 2005, avant comme après le constat d’un repli communautariste de certains quartiers sous l’effet de la propagande salafiste-wahhabite.

Le plan Borloo 2018 est rempli de bonnes intentions. Créer des « Maisons Marianne » pour les femmes engagées dans leur quartier, faciliter les voyages des jeunes habitants des Quartiers prioritaires, créer des lignes de transport public pour désenclaver les quartiers, recruter 5 000 « coachs d’insertion » par le sport… Il y a aussi de la discrimination positive – et anticonstitutionnelle – avec la création d’une ENA des banlieues qui permettrait l’accès des jeunes des quartiers difficiles à la haute fonction publique.

C’est Emmanuel Macron qui fera le tri dans ces propositions le 22 mai mais, quoi qu’il décide, nous resterons dans une logique de dislocation du territoire national. Il faudrait casser les réseaux de financement salafistes et mener campagne contre les maires qui favorisent le communautarisme, ce qui suppose une volonté politique. Il faudrait reconstruire les quartiers à l’abandon et y développer des activités industrielles et commerciales. Il faudrait réintégrer ces quartiers et l’ensemble de la France périphérique dans un plan national de développement économique et social, fondé sur un renforcement des administrations et des services publics… que le gouvernement s’acharne à réduire et à détruire. Il faudrait des architectes politiques. Nous n’avons que des dynamiteurs.

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Article publié dans le numéro 1144 de « Royaliste » – 1er mai 2018

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