Ministre du Travail, Muriel Pénicaud demande aux Français de “consommer” les 60 milliards d’euros qu’ils ont “mis en épargne” pendant le confinement “parce que c’est ce qui va faire repartir le commerce, l’industrie…”.

L’injonction est classique : en période de crise, les milieux dirigeants voudraient passer tout d’un coup d’une politique de l’offre à une politique de la demande. A chaque fois, les injonctions sont simplettes : ayez confiance ! Dépensez votre argent ! Aujourd’hui, les appels se multiplient en ce sens, et tous reposent sur des généralisations abusives.

Les Français ne sont pas tous des épargnants. Il y a dans la population une forte proportion de citoyens endettés. En augmentation constante depuis vingt ans, le taux d’endettement des ménages représentait 61% du PIB à la fin de l’année dernière, soit 1 400 milliards d’euros dont une partie sert à financer des dépenses de consommation, à cause de la faiblesse des salaires. Au lieu de consommer plus, de nombreux Français endettés vont rembourser une partie de leurs dettes.

Les Français qui ont pu mettre de l’argent de côté pendant la pandémie devraient quant à eux rester prudents dans leurs dépenses de consommation en raison de l’extrême gravité de la situation économique.

C’est au gouvernement d’agir, en injectant le maximum de monnaie dans l’économie, en présentant au Parlement une législation contre la précarité et en lançant des programmes de grands travaux dans le cadre d’un plan de protection de l’économie nationale.

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Article publié dans le numéro 1191 de « Royaliste » – juin 2020