Collaborateur régulier de « Royaliste », François Villemonteix développe ci-dessous  une réflexion fondamentale sur l’écologie à partir de l’examen critique d’un éditorial que j’avais consacré aux Verts en 1999.

L’intérêt de mettre de l’ordre dans sa bibliothèque, c’est que l’on exhume des documents à moitié oubliés, qui relancent une réflexion endormie.

C’est ce qui m’est arrivé en rangeant ma collection de « Royaliste » : je suis tombé sur l’éditorial de Bertrand Renouvin du numéro 724, intitulé « La trouble nature des Verts ».

Relecture passionnante car ce document pose les bases d’une réflexion sur l’écologie[1] qu’il reste à prolonger. Le fait qu’il ait maintenant presque une quinzaine d’années (mars 1999), autrement dit ait été écrit à une époque où les effets tangibles des problèmes environnementaux n’étaient pas encore aussi clairement visibles que de nos jours, ajoute à son intérêt : est-il encore pertinent, que peut-on en garder ou en enlever ? Enfin le fait qu’il soit écrit par un penseur politique royaliste et relu par un royaliste chercheur en écologie peut permettre de confronter deux expériences  qui, partant de conceptions proches, voire similaires de la politique et du rôle des Verts, peuvent aboutir à des analyses ou des conclusions parfois différentes.

Analyse de texte (les phrases de Bertrand Renouvin sont écrites en italique).

A l’égard des Verts, notre hostilité radicale ne s’est jamais démentie, et la campagne pour les européennes  nous permet de réaffirmer cette opposition aussi paisible que déterminée.

Nous rejetons totalement l’idéologie d’une « nature » jamais définie, donc mythifiée et mystifiante et implicitement nihiliste  puisque les humains sont considérés comme une espèce parmi d’autres, mais plus dangereuse que les autres. Ce naturalisme contredit le projet écologique qui consiste à humaniser la terre pour y habiter. 

Rejet partagé par la communauté scientifique des écologues, toujours mal à l’aise avec les écologistes, car ces derniers  justement ont une vision de la « mère Nature » qui s’accorde bien mal avec les travaux de recherche en écologie. Un exemple : l’hypothèse Gaïa de James Lovelock[2]. Ce chercheur est parti de la constatation – juste – qu’il est impossible de délimiter un écosystème autrement que de façon arbitraire[3] : on définit des limites là où l’on estime que les interactions avec l’extérieur ne sont plus significatives face à l’importance des mécanismes  internes et qu’elles peuvent être négligées dans le modèle que l’on va élaborer : il est acceptable par exemple de décider que l’île d’Ouessant est un écosystème terrestre isolé, car ses relations avec le continent (en termes écologiques) sont en partie empêchées par l’océan. Mais entre mon jardin, ma commune, mon département et la France toute entière, tout est continuum, il n’y a pas de frontière claire, toute délimitation ne peut être qu’arbitraire. On utilise généralement, pour des raisons strictement opérationnelles, des arguments d’échelle : si l’on travaille sur l’autoécologie d’une ruche par exemple, dont les abeilles ne s’éloignent pas de plus de 3 ou 4 km, inutile de prendre comme unité d’observation un canton ou un département tout entier.  Mais en dehors de ces délimitations opérationnelles, la seule limite qui soit à peu près naturelle, c’est la planète (et encore, en prenant en compte les effets du rayonnement solaire et de la gravité du soleil, de la lune et des planètes). Il est certain qu’un tel écosystème biologique (le seul du système solaire) s’est construit en isolat, qu’il est auto-organisé à l’échelle planétaire et qu’il possède une grande autonomie. Par ailleurs il est non moins certain qu’un évènement régional sur terre aura à terme des effets planétaires (la chute locale d’un gros météorite dans le golfe du Mexique il y a 60 millions d’années a sonné le glas pour l’ensemble des dinosaures de la planète). Les recherches de Poincaré, puis Lorenz, Mandelbrot etc. sur le chaos déterministe, illustrées par « l’effet papillon[4] », confirment tout cela. L’hypothèse Gaïa est donc très riche et scientifiquement très forte, elle ne pose pas de problème aux écologues ; au contraire elle a permis de prendre conscience des difficultés à isoler un écosystème, et des effets sur le long terme et la grande échelle, que l’on a souvent tendance à minimiser. Mais voilà, cette hypothèse scientifiquement valide a par la suite donné lieu à une espèce de « déification » de la planète considérée comme un être vivant[5], ce qu’elle n’est pas, par des écolo-mystiques, qui en la détournant de son objectif méthodologique originel de modélisation holistique (qui est celui que l’on retrouve dans les livres de Lovelock) lui ont fait perdre tout son sens.

Donc cette déclaration de départ me convient tout à fait. Peut-être faudrait-il changer les termes et dire « le projet écologique qui consiste, puisque l’on habite la terre,  à l’humaniser » : nous n’avons, et n’aurons, pas d’autre demeure…

2. En France, nous n’avons pas besoin de gestionnaires de l’environnement pour organiser notre nation, bâtir nos villes et dessiner nos paysages.

Il y a en effet une vieille histoire de l’organisation du territoire en Europe et tout particulièrement en France, qui pour l’essentiel s’est inscrite dans la durée et s’est réalisée sans gestionnaire et avec des moyens matériels très limités : force du bras et force animale. C’était l’époque de la « civilisation lente » chère à Henri Vincenot. On a donc  « organisé[6] » le paysage en en acceptant les contraintes et en jouant surtout sur le temps : les implantations des villes sont très anciennes, leur développement s’est poursuivi lorsque le site était favorable, et les cités, les villages, la spécialisation des terroirs, les chemins et tout le reste se sont construits en coévolution avec l’environnement. « Deux mille ans de labeurs ont fait de cette terre / Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux » (Péguy). C’est pour cela que l’on peut souvent voir, par exemple lorsqu’une inondation a lieu, que ce sont les parties anciennes des villes qui résistent le mieux, et tel pont romain que le passage d’une camionnette fait dangereusement vibrer reste ferme très au dessus de la rivière en crue quand les ouvrages en béton d’il y a 30 ans s’effondrent les uns après les autres. Avec les moyens anciens on n’a pas voulu (ou pas pu ?) bouleverser l’environnement originel, ce qui explique par exemple la longue survie des zones humides non constructibles et paludéennes, qui ont été utilisées pour ce qu’elles pouvaient donner sans en changer la structure alors même qu’elles étaient parfois sources de maladies ou de nuisances pour l’homme (qui a connu le Palavas-les-Flots d’avant l’éradication des moustiques comprend très bien ce que je veux dire) . Une petite comparaison avec les pays du Nouveau Monde montre comment fonctionne, dans des régions sans histoire ancienne assumée, l’aménagement du territoire. Dans ces pays l’utilisation du milieu se réalise avec des moyens modernes qui peuvent à peu près tout faire,  sur un environnement que l’on considère comme terra nullius (en niant toute présence et toute activité précolombienne de l’homme sur le milieu) et sur lequel aucune installation pérenne n’est réellement envisagée. Alors,  c’est la rentabilité économique immédiate seule qui décide de l’organisation de l’espace. Quand une source potentielle d’enrichissement (minerai, culture, etc.)  est découverte, on déplace tout simplement la population vers le site ; puis on l’abandonne à elle-même quand ce dernier est épuisé, et les villes fantômes abondent dans ces pays. Aucun besoin de se soucier de l’environnement, puisque le milieu, généralement laissé en piteux état,  sera abandonné dès qu’il aura cessé de produire. Dans notre pays où le paysage est stabilisé depuis des siècles, les liens (physiques, psychologiques, intellectuels, matériels, juridiques) entre la population et l’environnement sont innombrables et une telle politique économique est impensable, sauf sur des lieux encore inexploités. Quoi qu’il en soit, depuis la révolution industrielle, il n’est plus tout à fait exact de dire que nous n’avons pas besoin de gestionnaires de l’environnement pour organiser notre nation : à partir du moment où les moyens techniques permettent de TOUT faire, et dans les cas où le pays réorganise un espace ou construit sur du neuf (par exemple, les fameux quartiers de La Faute sur Mer) tenir compte des avis des gestionnaires de l’environnement permettrait peut-être d’éviter des erreurs graves. Bien sûr il faut s’interroger sur qui sont ces gestionnaires et sur ce qui les motive. Mais c’est une autre question (traitée à satiété dans l’œuvre de Bernanos, en particulier « La France contre les Robots »).

Maintenant, le fait d’être un vieux pays stable ne garantit pas que cela va durer, et l’histoire contemporaine montre que les politiques de bouleversement brutal de l’environnement  peuvent apparaître partout : la Chine, plus ancienne que la France, semble prise de folie et détruit gaillardement tout ce qui faisait son harmonie.  En France, c’est vrai et il faudra se pencher sur cette « exception française », on a tendance à ne pas toucher à ce qui donne satisfaction ; peut-être aussi à estimer que « donner satisfaction » ne se traduit pas nécessairement par « produire une plus-value financière ». L’organisation du paysage français s’est à peu près terminée sous Louis XIII et n’a guère changé depuis … et s’en trouve très bien.  En règle générale, dans  les pays où le développement semble se faire en harmonie avec l’environnement, deux raisons peuvent être invoquées : tout d’abord, l’organisation du territoire était accomplie avant la révolution industrielle, donc s’est faite en prenant du temps et en se « coadaptant » avec le milieu ; ensuite, la population s’est approprié très tôt le territoire et en a fait son « écosystème » (dans le sens littéral du mot : système autour de la maison) dans lequel elle habite « depuis – et pour – toujours » et qu’elle transmet à ses enfants. Restons cependant très dubitatifs sur l’existence d’une caractéristique intrinsèque vertueuse de la population.

3. L’écologisme confond tout, efface tout : qu’on laisse à l’Etat souverain la part qui lui revient dans l’aménagement du territoire national, et qu’on fasse confiance aux architectes, aux jardiniers et aux paysans (mais pas aux bureaucrates de la FNSEA !) pour embellir notre vie.

C’était vrai, cela le reste encore sûrement pour nombre de cas, mais l’évolution de la crise environnementale (car il s’agit d’une vraie crise, peut-être de LA crise, dont la crise économique ne serait qu’un avatar) est passée par là et s’il faut évidemment laisser à l’Etat souverain la part qui lui revient dans l’aménagement du territoire national, il faut maintenant plus que l’architecte, le jardinier et le paysan pour considérer les mesures à prendre dans une politique écologique.

On touche là du doigt la différence qui se fait jour maintenant entre l’écologie politique dont parle Bertrand Renouvin et la politique écologique, qui était balbutiante à l’époque et dont il ne dit pratiquement rien. Définissons cette dernière, à l’instar de toute politique « opérationnelle »  (de la ville, de l’emploi, de l’énergie, de l’alimentation, des transports, etc..), comme la somme des décisions permettant la sélection des objectifs et le choix des instruments et méthodes à mettre ou ne pas mettre en œuvre pour le développement du pays et qui soient compatibles avec sa Politique générale. On pourrait donner le Grenelle de l’Environnement comme date de naissance en France de la politique écologique. C’est vraiment à partir de ce moment-là que l’importance de la « nature » dans la vie socio-économique et politique du pays s’est imposée comme une variable à prendre en compte.

La politique écologique est donc strictement inféodée à la Politique (au contraire de l’Écologie politique), et son application est le résultat d’une pensée en acte, d’une politique effectuée, d’une histoire qui se prolonge sans craindre les destructions nécessaires et la nouveauté audacieuse. Toutes les théologies, toutes les philosophies politiques ont transformé, pour le meilleur ou pour le pire, le monde habité. Notons une définition importante dans le texte de Bertrand Renouvin : Un parti politique procède d’une pensée, incarne une tradition, exprime un projet, selon l’idée qu’il se fait de l’intérêt général. L’écologisme est a-politique ou anti-politique dans la mesure où ses références, très floues, ne lui permettent pas de penser l’Etat, le droit, les relations internationales, les différentes collectivités politiques. Si l’écologisme ne peut penser l’Etat, cela ne veut pas dire, bien au contraire, que l’écologie ne doit pas être au cœur des réflexions d’un parti politique. Je dis bien « au cœur », car – et là-dessus Bertrand Renouvin est peu disert – la position de l’écologie doit désormais être centrale dans toute pensée qui a pour volonté d’agir pour le développement d’un pays. Le principe de l’écologie-science, c’est d’analyser l’environnement comme un tout, et son but est de modéliser les conséquences d’un changement bien au-delà de la cause et de l’effet local de ce changement. Ce qui était peut-être lointain dans la réflexion il y a 20 ans est d’actualité brûlante de nos jours, et toutes les politiques que j’ai citées (la ville, l’énergie, etc.) font l’objet de discussions de plus en plus poussées et nécessitent des choix politiques difficiles et urgents qui se définiront à partir d’implications écologiques (le nucléaire, les gaz de schiste, les OGM,  la politique de l’eau, les transports : tout). S’il est essentiel qu’un penseur politique ait des connaissances en histoire, en philosophie et en économie, il est non moins urgent d’envisager de lui donner aussi une culture écologique.

4.  Mais, en dehors des « espaces verts » sévèrement policés et des « parcs naturels » où il est interdit d’habiter, on cherche en vain les beaux effets du naturalisme militant : la doctrine des Verts est conservatrice, muséifiante, désertifiante. Elle ne peut qu’inspirer l’ennuyeux catalogue des revendications d’un groupe de pression.

Quelques observations à ce niveau. Il  n’est pas faux de constater que le rôle « écologique » des écologistes a rarement été à la hauteur de leurs ambitions, et que par exemple  ils ont contribué pour une part mineure au Grenelle de l’Environnement, en tant que groupe de pression parmi d’autres. Il est vrai aussi que la doctrine des Verts est conservatrice, muséifiante, désertifiante. La déformation de l’hypothèse Gaïa par les écologistes est éclairante sur ce sujet. Puisque la planète est un être vivant autonome et que toute volonté d’agir sans – voire contre -  elle du fait d’une vision anthropocentrique, ne peut qu’être destructrice,  alors dans le pire des cas il ne faut rien faire du tout, dans le meilleur il ne faut agir qu’en suivant les « instructions » de Gaïa (instructions dont on se demande d’ailleurs comment –si elles nous parviennent- on peut les interpréter). La passivité revendiquée face à la nature aboutit alors à la muséification[7].

Pour aller plus loin, posons la question : y a-t-il, en miroir à ce que décrit Bertrand Renouvin, des écoles de pensée politique « écologiques » ou « anti-écologiques », autrement dit qui soient compatibles ou incompatibles avec une réflexion écologique, et si  l’écologisme est a-politique ou anti-politique dans la mesure où ses références, très floues, ne lui permettent pas de penser l’Etat, le droit, les relations internationales, les différentes collectivités politiques, en renversant l’argument, peut-on identifier des pensées politiques qui soient a-écologiques ou anti-écologiques, dans la mesure où leurs conceptions de la place de l’homme dans le monde ne leur permettent pas de penser les effets éloignés (temps, distance, complexité) de leurs actions ?

Pour l’a-écologisme, il n’est pas besoin d’une longue recherche parmi les différentes pensées politiques pour voir que l’ultralibéralisme en remplit tout à fait les conditions. Cette « école de pensée » se fonde sur le profit instantané, il lui est donc impossible d’imaginer et encore moins de prendre en compte des effets à long terme. Puisqu’il s’agit de la forme politique dominante de nos jours, il suffit d’ouvrir un journal n’importe quel jour à n’importe quelle page pour en avoir des exemples marquants. Mais l’ultralibéralisme, parfaitement « a-écologique », n’est probablement pas « anti-écologique », dans la mesure où toute source de profit est bonne à prendre. Les initiatives qui tentent de donner un coût à l’écosystème, de créer par exemple une « taxe sur les services écologiques », si décriée par certains écologistes pour la raison que l’on entre ainsi dans le jeu des ultralibéraux (comment donner une valeur à la qualité de la vie, voire à la vie, sans en faire une marchandise ?), procèdent de cette idée : tant que l’ ultralibéralisme dominera, on ne pourra lui parler que son langage, et parler d’écologie n’a pas de sens pour lui : seule en a la notion de profit. Donc en désespoir de cause, essayons de le convaincre qu’il y a plus de profit à faire avec un écosystème en bon état qu’avec un système ruiné. Difficile, pas impossible ; mais dans le meilleur des cas il ne faut pas s’attendre à ce qu’une « conscience écologique » prenne racine chez les ultralibéraux : le jour où un profit immédiat « anti-écologique » sera supérieur au profit « écologique » attendu, aucune raison  politique ou philosophique n’empêchera que l’écologie soit oubliée.

Le socialisme qui réfute cette idée de profit semblerait un bon candidat comme mouvement de pensée compatible avec l’écologie. Malheureusement les expériences de pays à  gestion socialiste ont toutes été très négatives de ce point de vue : l’URSS a été le plus grand pollueur du 20ème siècle, et la Chine et l’Inde sont en passe de la détrôner pour ce qui est du 21ème. Et, sans que ce soit aussi grave ni aussi lourd de conséquences, la non-miscibilité des écologistes et des socialistes en France, malgré de nombreux essais, est flagrante. Alors, qu’est-ce qui ne va pas entre le socialisme et l’écologie ? Probablement une incapacité conceptuelle du socialisme à envisager l’homme comme une composante de l’environnement : pour le socialisme, l’homme en est en effet absolument extérieur. Dans les années 80 à Caracas, sur la maison natale de Simon Bolivar, une phrase du Libertador était (je ne sais si elle l’est toujours) inscrite en lettres d’or : « Y si la naturaleza se opone, lucharemos contra ella y haremos que nos obedezca » (Et si la nature s’oppose à nous, nous lutterons contre elle et l’obligerons à nous obéir). Il s’agissait de la réaction du grand homme après un tremblement de terre qui avait détruit une bonne partie de sa ville natale. Cette phrase est pour moi l’archétype de la pensée socialiste en ce qui concerne l’écologie. La foi dans le progrès, la confiance dans la toute-puissance de la science, font que tout phénomène écologique gênant pour les objectifs (socialistes et technocratiquement planifiés) de l’humanité est un problème à résoudre, et que tout  problème est affaire de technique. Et si la technique ne peut le résoudre aujourd’hui, faisons confiance au progrès, ce sera pour demain. On est là devant une pensée parfaitement anti-écologique. Et l’on comprend mieux l’opposition radicale, l’incompatibilité absolue entre écologistes et socialistes, puisque pour les premiers les humains sont considérés comme une espèce parmi d’autres, et qu’ils s’interdisent toute action qui puisse avoir un impact environnemental,  alors que pour les seconds l’espèce humaine est extérieure à un écosystème qu’elle a les moyens et le devoir de transformer à sa guise pour ses objectifs propres. Pour forcer le trait, disons que les écologistes ont déifié la nature et veulent que l’homme lui soit soumis, alors que les socialistes ont déifié l’homme et veulent qu’il soumette la nature.

La droite non libérale, disons le gaullisme, a au premier abord une vision beaucoup plus compatible avec l’écologie. En fait sa vision me semble assez proche de celle émise par Bertrand Renouvin : une pensée, (..) une tradition, (..) un projet, selon l’idée qu’il se fait de l’intérêt général (…) une pensée en acte, une politique effectuée, une histoire qui se prolonge sans craindre les destructions nécessaires et la nouveauté audacieuse. Toutes les théologies, toutes les philosophies politiques ont transformé, pour le meilleur ou pour le pire, le monde habité. Son humanisme et son désir de ne pas forcer les choses, sa capacité à réagir contre les conséquences fâcheuses ou désastreuses d’une modernisation mal conduite et son souci de veiller à une meilleure maîtrise des progrès industriels, son désir de continuité et de transmission de l’héritage semble en faire un bon candidat écologique. Néanmoins je la soupçonne d’être elle aussi a-écologique. Elle aussi, comme le socialisme, est issue des Lumières, et sa philosophie laisse fort peu de place à une prise en compte écologique (dans le sens scientifique du terme) des relations entre l’homme et l’environnement. La droite est aussi une visionnaire du Progrès et si ses objectifs sont à mi-chemin entre le profit de l’ultralibéralisme et le mythe prométhéen du socialisme, elle n’en rejette pas vraiment leurs conceptions. Je suis à peu près convaincu qu’il n’y avait aucune pensée écologique derrière la décision du général De Gaulle de favoriser l’énergie nucléaire, qui s’est pourtant avérée une décision hautement écologique. Disons que son écologisme est une retombée de son goût de la mesure et de son désir de transmission de l’héritage. Bien sûr, c’est déjà quelque chose.

L’anarchie (faible en pouvoir mais importante du fait qu’une partie des écologistes s’en réclament) est écartelée entre ses trois composantes, naturaliste,  socialiste et libertaire, dont les implications écologistes s’opposent. Les difficultés internes des Verts, issus en partie de cette école de pensée, viennent peut-être de cette contradiction : leur socialisme les pousse à se rallier aux socialistes qui sont anti-écologiques, leur composante libertaire s’est rapprochée au contraire de l’ultralibéralisme dont on a décrit les principes a-écologiques : Daniel Cohn-Bendit, quant à lui, tente d’échapper au paradoxe du groupe de pression devenu parti en se proclamant libéral-libertaire. C’est tomber dans une contradiction insoutenable. L’esprit libertaire, hostile par définition à l’Etat et à la nation, ne peut que durcir les orientations libérales.  Reste chez les anarchistes une composante mystico-naturaliste (incarnée par José Bové), qui est celle qui a fondé l’écologie, et qui vit de plus en plus mal les relations avec les deux autres. Paradoxalement, dans sa volonté de concevoir un écosystème idéalisé, elle n’est  pas vraiment écologique, puisqu’elle nie l’existence d’une spécificité de l’homme dans ses besoins et ses motivations[8]. La vie n’est pas rose chez les noirs-verts-rouges…

Je n’insisterai pas sur les autres écoles de pensée,  fascisme, théocratie, technocratie, tout ce que vous voulez,  qui peu ou prou peuvent se retrouver dans l’une ou l’autre des classes citées plus haut. Reste bien sûr que ces observations traitent de l’écologie politique. Or le discours écologique est maintenant omniprésent, quel que soit le mouvement de pensée qui dirige un pays et sa compatibilité avec l’écologie. C’est que tous ces mouvements ont été menés, de par l’évolution du monde, à prendre des positions écologiques et faire des choix sur les décisions et actions à entreprendre sur l’environnement. Cela n’obère en rien l’analyse faite sur leurs relations conceptuelles avec l’écologie : en effet tous sont contraints à élaborer une politique écologique, puisque l’écologie  s’est invitée d’elle-même dans le fonctionnement du monde « civil » comme du monde politique. Nous avions cité Edgar Morin dans Royaliste nº 952[9] lors des analyses sur les élections européennes de 2009 : son analyse était juste quand il déclarait que le succès des Vert à ces élections  «témoigne aussi du progrès politique de la conscience écologique dans notre pays. Mais ce qui demeure insuffisant, c’est la conscience de la relation entre politique et écologie ».

Reste notre royalisme. Même s’il présente des points communs avec  certains des systèmes que nous avons décrit (écologie, socialisme, gaullisme), il n’en est pas moins radicalement différent du point de vue de ses relations avec l’environnement, et donc avec l’écologie politique. Ceci simplement du fait qu’il installe la nature au cœur de son projet, mais dans une vision qui n’est ni de sujétion ni de domination. Du temps de ma jeunesse  royaliste militante, n’étant ni philosophe ni penseur politique, mais en revanche zoologiste et écologue, seuls deux points de la pensée de Maurras avaient vraiment retenu mon attention, et je reste à leur propos un maurrassien convaincu : la politique naturelle et l’empirisme organisateur. Peut-être d’ailleurs mon interprétation de ces concepts n’aurait-elle reçu l’agrément du Maître, aussi j’en donne ma lecture ici.

D’abord quelques citations qui me paraissent importantes :

Le poète philosophe Maurice Maeterlinck a beaucoup intéressé nos jeunes années quand il nous traduisit d’Emerson la fameuse parabole du charpentier qui se garde bien de placer au-dessus de sa tête la poutre qu’il veut équarrir : il la met entre ses pieds, pour que chacun de ses efforts soit multiplié par le poids des mondes et la force réunie du chœur des étoiles. (Œuvres capitales, tome 2, p. 194)

Qui peut utiliser la chute d’eau, la marée et le vent, se dispense d’aller chercher dans les entrailles de la terre un combustible artificiel. En Politique, les forces utilisables sont à portée de la main. Et de quelle puissance ! Dès que l’homme se met à travailler avec la Nature, l’effort est allégé et comme partagé. Le mouvement reprend tout seul (…) Tous les devoirs dont on a bénéficié sont inversés et reversés à des bénéficiaires nouveaux, par un mélange d’automatismes et de conscience auquel ont part les habitudes, les imitations, les sympathies, les antipathies, et dont il faut même se garder d’exclure les agréments de l’égoïsme, car ils ne sont pas en conflit obligatoire avec le bien social. (Id., p. 195)

Bien sûr le propos de Maurras est surtout de faire un parallèle entre cette utilisation des forces naturelles et une réflexion politique sur la place de l’homme, de la famille, etc. dans la société. Il n’en reste pas moins que cette vision est applicable à l’écologie presque trait pour trait. Par ailleurs ce que Maurras appelle la Nature est assez proche de ce qui est connu maintenant en éco-éthologie comme les parties automatiques et inconscientes du comportement, tant instinctif qu’acquis pendant la période d’empreinte.

J’en profite pour une remarque importante : puisque l’homme fait partie de la nature, de l’écosystème, il a besoin de cet environnement pour simplement survivre. Dans trois domaines différents.

-          les besoins physiologiques (respirer, boire, manger, se protéger du froid et du chaud, etc.), inutile d’insister : c’est toute la composition de l’écosystème qui est mise en œuvre pour ces « services écologiques », on en a déjà parlé dans Royaliste.

-         Les besoins de communication « environnementale ». La communication, on en parle à tire-larigot à l’heure actuelle (et cette conception mercantile de la communication mériterait à elle seule une réflexion prolongée), mais on oublie qu’une grande partie des informations reçues par l’individu ne font pas partie de la sphère consciente, et parfois même restent dans le domaine de la réaction purement physiologique : les phéromones répandues dans la nature véhiculent nombre d’informations essentielles qui déclenchent des réactions  souvent obligatoires et complètement à l’insu de l’individu, puisqu’elles n’atteignent pas le niveau conscient. Or ces communications (spécifiques comme interspécifiques) et leurs effets contrôlent nombre de nos choix conscients, et une disparition, une transformation ou une dénaturation de cet afflux de communication peut aboutir à des catastrophes complètement incompréhensibles. C’est là toute l’importance des travaux récents sur le rôle des molécules biochimiques répandues dans le milieu par l’ère industrielle, qui agissent à des concentrations infinitésimales, sans que rien n’ait été mis en œuvre ni pour en limiter les effets ni même pour les évaluer. C’est –incidemment-  un des grand risques futurs liés au développement incontrôlé des nanotechnologies.

-         Les besoins comportementaux. Nul besoin d’être scientifique pour se rendre compte que l’état général de l’environnement dans lequel nous nous trouvons affecte considérablement notre comportement. Après tout, si les citadins se précipitent dans des environnements différents et plus « naturels » dès qu’ils ont trois jours de vacances, c’est bien pour répondre à un manque. Là non plus, inutile d’insister.

Ces trois sortes de relations avec l’écosystème montrent qu’il est proprement vital pour nous et que l’on ne peut concevoir une humanité indépendante de son milieu. Nous sommes des membres de la 6ème explosion de biodiversité[10], et nous disparaitrons avec l’environnement qui a vu naître notre espèce. Bien entendu cela n’empêche pas (au contraire) que l’homme adapte cet environnement à ses besoins; mais adapter ne veut pas dire détruire, bien au contraire. Mais revenons à une lecture « écologique » de la Politique Naturelle de Maurras.

-         Politique naturelle : à la différence des « anti-écologistes » qui sortent l’homme de son environnement, la pensée monarchique admet au contraire qu’il en est un élément, et que comme tel il est soumis aux lois générales de la nature. Mais à la différence des « anti-politiques » il ne fait pas de l’homme un animal soumis et passif. Le projet du royalisme est l’exact contraire de celui des écologistes, et je reprends sans en changer un mot la description faite par Bertrand Renouvin : que le monde soit l’œuvre de Dieu ou celle de l’homme, nous sommes tous, croyants ou incroyants, dans la dynamique d’une création continuée (…) d’une pensée en acte, d’une politique effectuée, d’une histoire qui se prolonge sans craindre les destructions nécessaires et la nouveauté audacieuse. Toutes les théologies, toutes les philosophies politiques ont transformé, pour le meilleur ou pour le pire, le monde habité. Le simple fait d’avoir un projet Politique est déjà démonstratif du refus de toute passivité face aux éléments. Les peuples nourris de tradition biblique n’ont pas attendu l’écologisme pour faire alliance avec la nature.

-         L’empirisme organisateur. Etant à la fois par nature complètement à l’intérieur de la Création, et par culture capable pourtant de sortir la tête de l’écosystème, l’homme se retrouve dans une situation unique qui peut en effet être perçue par certains comme faisant de lui le maître de la Nature. Il a en effet les capacités de transformer le monde de façon tellement profonde et rapide qu’aucun mécanisme naturel de rétroaction ne peut lutter contre ses choix[11]. Cela en fait-il pour autant un être hors de l’écosystème ? certainement pas : ce n’est pas un dieu, c’est tout juste un démiurge, et le réchauffement global nous montre qu’il est loin d’être capable de prévoir toutes les conséquences de ses actes. Il a donc une terrible responsabilité : humaniser le monde, sans dénaturer l’environnement et par conséquent sans détruire l’homme lui-même. C’est comme cela que j’ai compris l’empirisme organisateur : agir en fonction du possible mais sans suivre une idéologie, et pouvoir faire machine arrière si cela est nécessaire. Garder les yeux sur les cadrans, et prendre compte des indicateurs, même –surtout- ceux qui nous disent que les choses ne vont pas comme prévu. Et en même temps organiser le monde pour que l’espèce humaine puisse s’y développer toute entière. Une des retombées de cette « politique naturelle », c’est la capacité à s’affranchir des dogmes et des systèmes : la nature et le monde ne sont pas forcément ce que nous voulons qu’ils soient ;  et la Politique est l’art de faire avec.  « Et si la Nature s’oppose à nous », ma foi nous essayerons de comprendre pourquoi, ce que l’on peut faire et comment à la fois nous adapter à elle et l’adapter à nous : mais certainement pas de « lutter contre elle jusqu’à ce qu’elle nous obéisse ». C’est du moins comme ça que j’avais compris la politique naturelle et l’empirisme organisateur : prendre le monde comme il est, et l’humaniser sans pour autant négliger les lois de l’environnement. Y a-t-il « écologie politique » plus sensée que celle-ci ?

L’homme se trouve donc par définition en connexion étroite avec l’environnement dont il ne cherche pas à forcer les lois ; mais il les utilise au contraire pour l’humaniser. Citons P.-P. Grassé[12] : Notre liberté ne s’exerce qu’en respectant les règles biologiques fondamentales de notre activité psychique : nous ne sortons jamais  totalement de notre anthropomorphisme, de notre nature. En aucune manière nous ne pouvons faire abstraction de notre appartenance à l’espèce humaine, ce qui souligne l’erreur de ceux qui nient la nature de l’Homme. (…)  Répétons-le, nous ne pouvons penser et agir ni comme un animal ni comme un dieu, mais obligatoirement en hommes que nous sommes.

Ceci mène  à une  méthodologie dynastique de gouvernement : le chef de l’Etat n’est pas sorti du chapeau des élections ni d’une prise personnelle du pouvoir, il vient d’une famille, il supporte ses contraintes et jouit de ses avantages ; sa position vis-à-vis du pouvoir est de ce fait modeste et il n’a pas à être un « prédateur » pour le conquérir.  L’acceptation d’une part « physio-éthologique » dans la nature humaine, traduite par l’hérédité de la charge royale, rend possible l’introduction du temps dans les analyses et dans les méthodes de gouvernement. D’une part bien sûr parce que le roi n’est tributaire que d’une échéance naturelle, chaque vie ayant son terme inéluctable ; mais surtout parce que la durée est une composante intrinsèque de sa vision du monde, de par la transmission au fils de la couronne du père. Or le temps est la première variable à prendre en compte dans toute analyse écologique. Aucune autre forme de gouvernement ne peut réellement tenir compte du long terme. Quelques hommes politiques remarquables ont pu le faire (pensons à Charles de Gaulle, à la réalisation de sa vision Politique en France  via la 5ème République,  et à ses décisions politiques (le nucléaire, l’aviation, la décolonisation…), mais il s’agissait toujours de cas exceptionnels et individuels, dont hélas les méthodes ne survivent pas toujours longtemps à  leurs initiateurs. Regardons autour de nous, dans notre belle Europe : quel homme ou femme politique est capable de voir plus loin que le bout des prochaines élections ?

Nous parlions d’une « exception française » dans les rapports qu’ont les Français avec leur environnement. Peut-être –si une telle exception est une réalité- est-ce dû justement au fait que notre pays a été gouverné pendant des siècles avec de tels principe, qui ont diffusé dans toute la population et fait que chacun les a appliqués « dans son propre royaume », pour faire de notre pays celui de la mesure et de l’harmonie face au milieu ? Mais quel poids cette culture peut-elle représenter devant le pouvoir de l’argent qui, de son côté, ne peut accepter aucune  limitation, et certainement pas celles dues à la culture ? On assiste alors à la destruction du paysage de la France, souvent dans des buts purement spéculatifs, et la dénaturation des montagnes pour les sports d’hiver de masse, le bétonnage du littoral et la marchandisation de tous les sites touristiques montrent bien que nous ne sommes pas plus à l’abri que les autres de cette recherche frénétique des retombées strictement financières extractibles à n’importe quel prix écologique de la nature, sauvage ou humanisée. Il y a le feu en la demeure…

 



[1] Pour éviter toute confusion, lorsque les termes « écologie, écologiste, écologique, etc. » feront référence exclusive à la discipline scientifique, ils seront soulignés.

[2] Lire par exemple de James Lovelock « Les âges de Gaïa », Editions Odile Jacob (1997)

[3] Pour les références aux définitions, objectifs, limites etc. de l’écologie (science), je renvoie au cours de Serge Frontier et coll. « Écosystèmes : structure, fonctionnement, Evolution » aux Editions Dunod (2004)

[4] Il s’agit de montrer que des variations infimes dans les conditions initiales peuvent produire à terme  des systèmes complètement différents (voir les travaux de Lorenz). Ou, comme on dit, un battement d’aile de papillon à Rio peut aboutir à une tempête sur New York.

[5] On peut retrouver dans une version de science-fiction cette « Gaia » mythique devenue personnalité planétaire dans les derniers volumes de la saga « Fondation » d’Isaac Asimov, où elle devient le dernier avatar et le futur de l’humanité.

[6] Nous nous trouvons probablement devant un phénomène  d’auto-organisation, où une action de l’homme à un niveau d’organisation donnée a fait émerger des caractéristiques non programmées dans l’environnement à un niveau supérieur.

[7] Cette tendance muséifiante est d’ailleurs générale dans notre monde actuel, et pas seulement liée à l’écologie.  J’ai suivi avec intérêt l’évolution des groupes de défense des cultures maritimes, dont un des fleurons est le magazine « Le Chasse-marée ». Parti d’une volonté louable de garder pour les générations futures le souvenir des cultures régionales maritimes, et de l’observation que toute cette culture maritime, qui s’était maintenue vaille que vaille jusqu’aux années 1950, disparaît à grande vitesse devant le fonctionnement moderne de la société, ce groupe a entrepris d’aller à la recherche de ce qui existait encore (vieux gréements, instruments, bâtiments, lieux, mais aussi savoir-faire, métiers,  liés à cette activité maritime régionale) pour en établir un catalogue et sauver ce qui pouvait encore l’être de témoignage pour le futur. Entreprise fort louable.  Mais petit à petit ce courant s’est vu submergé par une vague de nostalgie « muséifiante » et tout ce qui touche au domaine maritime est maintenant jugé digne d’être sauvegardé, ce qui aboutit à figer complètement un monde qui doit rester vivant. Entendons-nous bien : bétonner complètement une zone inondable pour en faire un lotissement, ce n’est pas faire preuve de modernité, c’est confisquer au profit (financier) d’un groupe une partie du domaine public dont l’existence est probablement indispensable au fonctionnement du milieu : maintenir vivante une culture, c’est accepter qu’elle évolue, qu’elle subisse des mutations et qu’elle construise sur les traces d’un passé assumé : d’une certaine façon, maintenir une culture vivante, c’est construire le Versailles louis-quatorzien autour du pavillon de chasse de Louis XIII ; ce n’est ni de raser le pavillon pour faire du tout neuf, ni le sanctuariser pour toujours. Mais ceci nous éloigne de l’écologie…

[8] Sans insister sur ce point, qui lui aussi mériterait des développements importants, notons l’importance pour l’avenir de la recherche dans le domaine de « l’écologie industrielle », qui répond en partie aux lacunes conceptuelles des écologistes. Voir par exemple l’ouvrage de Suren ERKMAN : « Vers une écologie industrielle : comment mettre en pratique de développement durable dans une société hyper-industrielle », aux Editions Charles Léopold Mayer (2004)

[9] : Le Monde du 13 juin

[10] .. et probables responsables de la très proche 6ème extinction, cf. R. Leakey et R. Lewin, « La sixième extinction. Evolution et catastrophes », Editions Champs, Flammarion (1997)

[11] TOUTES les espèces animales transforment leur milieu, soit pour l’adapter à leurs besoins, soit du fait des rejets et nuisances qu’elles y accumulent. La différence avec l’homme, c’est la puissance d’action et la durée. Les espèces sont en interactions « égalitaires », ce qui maintient un équilibre entre elles ; pas l’homme.

[12] Pierre-Paul Grassé, « L’homme en accusation. De la biologie à la politique », Albin Michel (1980)