L’EFFONDREMENT (du monde) EST (probablement) DEJA EN COURS (et ce n’est peut-être pas si grave que ça) – 1

Jan 20, 2023 | Billet invité | 0 commentaires

 

Il est des livres avec lesquels on aimerait être en accord, parce qu’ils semblent sincères, que l’auteur a fait un gros effort de bibliographie, qu’il essaye de présenter de la façon la plus objective possible les différentes positions qu’il étudie avant de proposer une synthèse et une conclusion personnelle, que sur de nombreux points on se sent en accord avec lui, qu’on apprécie certaines de ses analyses, etc.

Pourtant c’est impossible.

C’est typiquement le cas du livre d’Antoine Buéno « L’effondrement (du monde) n’aura (probablement) pas lieu ». Et cela me paraît mériter une analyse plus complète et (à mon tour) des prises de positions et des analyses. En route.

Parlons d’abord de ce qui rend tout accord impossible. Sans connaître l’auteur, ni son cursus, ni même ses œuvres antérieures, certaines de ses remarques me semblent montrer malheureusement une méconnaissance assez complète des mécanismes écologiques et des principes de base (ou sinon des analyses totalement opposées aux miennes).

Florilège :

Confusion entre complexe et compliqué.

« Plus une chose est complexe, plus elle est fragile. Cette idée parle au bon sens. Instinctivement, nous voyons bien qu’un objet grossièrement fait d’un bloc sera toujours moins fragile qu’une mécanique de précision. (…) Encore un effet de la complexification. Elle nous a fait perdre le contrôle du monde. Elle l’a rendu à la fois inintelligible et ingouvernable ».

Il est vrai qu’un objet compliqué est plus fragile qu’un objet simple : l’espérance de vie d’une enclume, comme le dit l’auteur, est supérieure à celle d’une montre. En revanche un système complexe est infiniment plus stable qu’un système simple. De ce point de vue, la « complexité » du système économique mondial fera sourire n’importe quel écologue qui se confronte à la complexité des écosystèmes, même « simples ». Et avant même de parler de complexité d’un écosystème, celle de l’élément de base de cet écosystème, un simple organisme vivant, dépasse déjà de très loin tout ce que l’on peut imaginer de construit par l’homme. Je renvoie à n’importe quel manuel d’écologie, de biochimie, de biologie ou de génétique pour étudiant de première année pour décrire ce point. On voit bien que, même s’il paraît – ou s’il s’autoproclame – complexe, le système économique mondial est d’une simplicité élémentaire comparé au plus simple des écosystèmes. Et l’augmentation de sa complication, en transformant le « système-monde » en ce système unique qu’est la mondialisation, ne l’a pas rendu plus complexe.

Et c’est d’ailleurs ce qui en fait sa fragilité : il est compliqué, pas complexe ; et ses faibles, voire inexistants, mécanismes de redondance l’empêchent de s’adapter facilement. Alors qu’un écosystème, au contraire, fabriqué sans plan, de bric et de broc, par une nature aveugle (« le bricolage du vivant », comme disait François Jacob) présente une infinité de modules indépendants prêts à prendre le relais en cas de la moindre « panne » de l’un d’eux. Sa complexité même rend un écosystème éminemment adaptable (il est proprement fondé sur le principe de redondance) et son homéostasie (le terme « résilience » n’est pas forcément le plus indiqué) est sans commune mesure avec celle d’un modèle économique. Il faut dire que ce dernier est construit non pas nécessairement pour « vivre », mais pour être le plus rentable possible. Dès lors, tout module qui ne servirait qu’à sa survie, sans apporter immédiatement une rentabilité visible, est coûteux, donc éliminé. C’est aussi ce que l’on peut voir dans certains environnements (l’environnement est un écosystème reconstruit par et pour l’homme) : les seuls présentant les caractéristiques d’un modèle économique sont ceux artificialisés pour une rentabilité maximale. Prenons deux cas, dont l’un est construit de la main de l’homme pour un bénéfice économique immédiat, et l’autre est laissé à lui-même. Un champ de blé, écosystème des plus simples mais des plus rentables, ne survit que parce que l’on s’en occupe en permanence ; il lui faut des intrants multiples, de l’arrosage, de l’attention permanente, et il est indispensable d’éradiquer toute forme de vie qui n’est pas le blé. Le moindre souci (parasite, déficit en eau, invasion d’une « mauvaise herbe », défaut ou excès d’engrais…), la moindre négligence mène, si l’on n’agit pas très vite, au collapse du champ. Un écosystème naturel même parmi les moins complexes, une prairie par exemple, n’a besoin de personne pour rester, sinon stable, au moins équilibrée, et même pour accueillir les espèces qui arrivent et se débarrasser des nuisibles.

Mais la rentabilité d’une prairie est faible, infime par rapport au champ de blé. On voit alors qu’il manque probablement aux modèles économiques, pour être résilients, ce qui abonde presque à l’excès dans un écosystème : les modules indépendants, les « cycles inutiles » (jusqu’à ce qu’on découvre leur utilité) et les rétroactions négatives. On comprend alors pourquoi le système économique mondial, compliqué mais pas complexe, est fragile, et susceptible d’effondrement brutal au moindre bouleversement. Si l’on voulait un système économique solide (mais le veut-on ?), peut-être serait-il temps de passer du modèle « champ de blé » au modèle « prairie » ? De commencer à « complexifier » l’économie, en copiant l’écosystème, par la mise en place de systèmes multipolaires indépendants, redondants, indifférents au devenir des autres modules. Un petit exemple tiré de l’actualité peut aider à expliciter cette proposition. Si l’on réinstallait des stratégies économiques « nationales » en place de la mondialisation, chaque groupe étant semi-autonome et relié aux autres, pour permettre des recombinaisons « résilientes », la rentabilité serait peut-être moindre, mais la solidité certainement meilleure. Un cas imaginaire : ne compter que sur un unique approvisionneur de gaz (système simple et hautement rentable) aboutit à un collapse de la ressource au moindre trouble international, au contraire du choix de plusieurs sources d’approvisionnement énergétique (système complexe, probablement moins « rentable » mais infiniment plus résistant -et résilient). Je n’insiste pas, l’actualité parle d’elle-même.

Une vision fausse des dynamiques des populations naturelles,

« La théorie de l’effondrement est une transposition à l’espèce humaine des cas observés dans la nature de saturations des populations animales (…) La notion de capacité de charge, ou capacité porteuse, désigne la taille maximale d’une population qu’un milieu donné peut supporter sans être dégradé (…). [Son dépassement] dégrade les ressources naturelles au point qu’elles ne peuvent plus se renouveler (…). La population animale entame la troisième phase de la courbe : elle s’effondre ».

Cette dynamique, qui peut exister dans certains cas (l’eutrophisation en est l’exemple le mieux documenté) n’est pas la plus courante, loin de là. Mais on ne peut pas en vouloir à l’auteur : cette vision « mécaniste » est celle répandue par nombre de dynamiciens des populations animales, avec qui je me suis battu toute ma carrière, preuves à l’appui, sans pouvoir les faire changer d’avis d’un iota (par exemple : ICES Journal of Marine Science (2017), 74(9), 2321–2332). La résistance, l’aveuglement de ce paradigme d’explosions démographiques inéluctables, même face aux réfutations de la nature, part probablement d’une grande répugnance à remettre en cause un beau modèle mathématique, fondé sur les théories malthusiennes. J’ai déjà longuement décrit dans d’autres textes un exemple que j’ai étudié tout au long de ma carrière : la dynamique des populations de baliste gris (Balistes capriscus) dans l’Atlantique intertropical. Il faudra revenir sur ce point important, car c’est là en effet que l’effondrement peut apparaître.

Analyse très réductrice de la pollution

« La pollution cause directement et exclusivement deux problèmes majeurs : un problème de santé publique et celui du réchauffement climatique ».

Vision extrêmement réductrice, la pollution va bien au-delà de ces deux cas. Elle n’est considérée de deux points de vue : sanitaire et réchauffement climatique, alors que les questions de biodiversité, d’augmentation de la charge du milieu, d’empoisonnement à plus ou moins long terme des espèces, semblent complètement ignorées. L’effondrement de la fécondité est passé sous silence, alors qu’il s’agit sans doute d’une menace majeure. La biodiversité est ignorée, ou plutôt n’est conçue que comme risque pour deux cas : le risque de pandémie et celui de « l’atteinte à l’un des maillons de l’écosystème ». Sur ce sujet aussi je me suis longuement exprimé dans d’autres textes : la biodiversité est souvent vue comme une collection d’espèces qui disparaissent les unes après les autres, un peu comme dans un zoo en faillite qui vendrait ses spécimens un par un ; alors que ce qui compte, ce sont les interactions interspécifiques, qui sont la véritable machine qui fait fonctionner l’écosystème (et qui peut faire que la  disparition d’un ver de terre soit infiniment plus grave que celle des ours blancs). Ignorance totale du rôle universel de la biodiversité, autre manque complet dans son analyse.

« le réchauffement est le seul phénomène qui menace de façon certaine la pérennité de la civilisation thermo-industrielle » !

Il est certain que le réchauffement est une catastrophe, et qu’il « menace de façon certaine la pérennité de la civilisation thermo-industrielle ». Mais si c’est le plus urgent à combattre, ce n’est pas le plus grave : le plus grand risque est celui de la perte de biodiversité. On confond importance et urgence : de première importance, la lutte contre la perte de biodiversité, puisqu’il s’agit d’une « ressource non renouvelable » : toute perte d’espèce est définitive et, nous le savons, il est exclu que l’homme puisse voir naître une autre biodiversité durant la vie de sa propre espèce, puisqu’il faut des centaines de milliers d’années pour créer une espèce, et qu’Homo sapiens aura disparu bien avant (comme toutes les espèces). Mais, c’est vrai, urgente la lutte contre le réchauffement. Je suis bien d’accord que tout doit d’abord être fait pour lutter contre le réchauffement ; mais que dès que nous serons sur la bonne voie, peut-être même sans attendre d’y arriver, l’effort majeur devra s’orienter sur la biodiversité. En effet s’il est envisageable de faire (en partie) revenir le climat vers des caractéristiques « habitables », au contraire toute perte de biodiversité est irréparable.

Confusions classiques sur la dénatalité

« Depuis les années 1980, la question démographique a été évacuée de la problématique environnementale. Elle était pourtant au cœur du mouvement écologiste à sa naissance dans les années 1960 et 1970 (…). Théoriquement il est simple de stabiliser la population planétaire. Deux leviers le permettraient : le financement du planning familial mondial et la scolarisation des filles partout dans le monde (…). Il existe en effet une forte corrélation entre le niveau d’instruction des filles et le nombre d’enfants par femme (…). Les pays où la dynamique démographique est la plus forte sont aussi ceux qui seront les plus durement frappés par le réchauffement. Moins ces pays seront peuplés dans les décennies à venir, moins grand sera le drame humanitaire ».

Encore une série d’erreurs d’analyse sur les dynamiques démographiques, sur la transition démographique, et sur la corrélation entre éducation de femmes et fécondité. Il y a une fois de plus confusion entre les termes, et là encore, je crains qu’il ne confonde (mais il n’est pas le seul) corrélation primaire, de causalité, et corrélation secondaire, de coïncidence. Je n’ai pas fait le calcul, mais il est facile à faire, et je suis convaincu que la fécondité dans un pays est encore plus corrélée au nombre de voitures par habitant qu’à l’éducation des femmes : deux effets d’une cause plus profonde. Dans ce cas, et si l’on poursuit le raisonnement de l’auteur, donner des voitures aux habitants serait aussi efficace que des crayons aux femmes. De là il reprend l’idée d’un besoin absolu de faire baisser la fécondité, alors qu’on sait depuis longtemps que ce volontarisme ne sert à rien. Chaque fois que ces principes ont été transformés en actions politiques, ils ont abouti à des catastrophes, et la Chine n’a pas fini de se mordre les doigts de ses actions insensées lors de la « politique de l’enfant unique », et de payer pour les déséquilibres profonds qui ont été induits par cette baisse brutale de la fécondité. Tout ceci est d’ailleurs d’autant plus inutile que l’espèce humaine a spontanément corrigé sa fécondité en fonction de sa mortalité (modèle de la transition démographique), et qu’à l’horizon 2100 il n’y aura plus d’augmentation de la population, le risque d’une dépopulation rapide risquant d’ailleurs de devenir la grande crainte des générations futures !

La carniculture et le végétarianisme

« Par rapport à de la viande classique, les promesses écologiques de la carniculture sont considérables : une réduction de 78 à 96 % de GES, de 7 à 45 % d’énergie, de 82 à 96 % d’eau. Et pas de terres arables ». Heureusement après cette description idyllique de la carniculture, l’auteur note que tout n’est pas aussi beau qu’on le prétend : « Elle est en effet énergivore. Elle risque aussi d’être consommatrice de plastiques pour assurer la stérilité des cultures. Elle nécessite l’usage d’hormones de croissance potentiellement toxiques à haute dose (…) Enfin, pour établir un bilan environnemental pertinent, il faut prendre en compte l’ensemble des services environnementaux qu’assure l’élevage traditionnel au contraire de la carniculture ».

Je partage complètement ces critiques, qui ne sont d’ailleurs pas les seules que l’on peut faire sur ce dossier.  Gilles Luneau en a parlé savamment dans son livre Steak barbare, en décrivant toutes les conséquences d’une telle politique. Et pas seulement économique, sociales et sociétales : je renvoie à son remarquable essai. Cela dit, l’autre solution prônée, à savoir « le remplacement des protéines animales par des protéines végétales » n’est pas non plus LA solution, puisque l’espèce humaine, omnivore, a besoin d’une part (même limitée) de protéines animales dans sa diète pour que son état physiologique soit équilibré. Remplacer une partie des protéines animales par des végétales est peut-être une partie de la solution, mais pour l’essentiel elle consistera à faire basculer les habitudes de consommation carnée vers des niveaux plus raisonnables et en finir avec l’élevage industriel.

La robotisation de l’agroécologie

« L’agroécologie ne deviendra pas compétitive face à l’agriculture industrielle sans bénéficier d’une technologie adaptée (…). Des robots capables d’effectuer toutes les tâches agroécologiques sont en développement. A l’image de ce qui s’est produit au XXe siècle pour l’agriculture productiviste, l’agroécologie va se mécaniser à marche forcée (…). En attendant les OGM de nouvelle génération, la société américaine RedHill Scientific propose une solution qui élimine les émissions de GES liées à la fabrication des engrais chimiques (…). On le voit, même le cœur de la révolution agroécologique ne pourra se passer de technologie ».

Autre point de désaccord absolu. Qu’on robotise, soit ; qu’on en fasse LA solution, c’est dangereux. Pourquoi vouloir concevoir un système « qui élimine les émissions de GES liées à la fabrication des engrais chimiques », au lieu de faire en sorte que ces engrais ne soient plus nécessaires ? Par ailleurs l’élimination de la main-d’œuvre par une robotisation à marche forcée n’est pas la panacée : Nubukpo[1] signale justement que la main-d’œuvre paysanne est le grand atout des pays en développement (surtout l’Afrique) pour l’agroécologie. Citations : « Les enjeux économiques, sociaux, écologiques et culturels majeurs sont aujourd’hui d’employer notre population, et notamment nos jeunes (…). Là où les agricultures industrielles des pays développés ont une transition, voire une révolution agroécologique à accomplir, les agricultures paysannes africaines ont gardé quant à elles des stratégies et des savoir-faire de gestion de risques, d’agrobiodiversité et d’adaptation au milieu qui seront précieuses (…). Un appui massif aux changements structurels des agricultures paysannes est bien évidemment indispensable, mais en intégrant la dimension écologique et en faisant des paysans les « gardiens de la nature ». Didier Gascuel[2] ne disait pas autre chose sur l’exploitation par des pêcheries artisanales des coquilles St-Jacques de la baie de St-Brieuc.

Le space mining

« D’ici à la fin du siècle, nous n’éviterons définitivement l’effondrement que grâce à deux technologies de rupture : la géo-ingénierie et l’exploitation minière spatiale (space mining en anglais) ».

On est – c’est le cas de le dire – en pleine science-fiction. Surtout, il est question de poursuivre les mêmes dynamiques et méthodes fondées sur l’exploitation illimitée du milieu par des techniques de plus en plus modernes, avec l’idée de rejeter le concept de milieu fini, en y ajoutant un imaginaire « galactique » : exactement la même idéologie que celle qui a nous conduit doucement vers l’effondrement. Utiliser le progrès technique pour vaincre les maux produits par le progrès technique est une politique très dangereuse, qui n’est pas sans rappeler, dans un autre ordre d’idée, l’explication selon laquelle, si le communisme ne marchait nulle part, c’est que nulle part il n’était arrivé au bout de sa logique, et qu’il fallait plus de communisme pour corriger les maux du communisme…

Les OGM « industriels » comme réponse

« Même la dépendance des petits exploitants aux multinationales ne se poserait pas, car ces recherches [sur les OGM] sont menées dans le cadre d’un programme international public cofinancé par des organisation philanthropiques telles que la Fondation Bill & Melinda Gates ».

Que l’on utilise des OGM, soit, c’est sans doute indispensable. Tout le monde connaît la capacité des légumineuses à capter l’azote directement dans l’atmosphère pour leurs besoins, capacité qui pourrait être transmises à d’autres espèces, rendant inutile l’épandage d’engrais azotés. Mais pour le moment il n’est pas question de cela dans les projets de fabrication d’OGM pour le tiers-monde. Que l’on dise que cela se fera pour le plus grand bien des paysanneries puisque c’est fait dans un « cadre international financé par des organismes philanthropiques », rien de plus erroné. Ici aussi, Nubukpo a dit tout le bien qu’il en pensait : « l’adoption de semences hybrides – et des intrants de synthèse qui seuls les valorisent – engendre non seulement une dépendance aux firmes (multinationales) qui les produisent et les vendent, mais aussi une dépendance monétaire risquée en cas d’aléas pluviométriques. Les paysans les plus pauvres sont, de ce fait, les plus vulnérables. Le programme « Révolution Verte » lancé en 2004 en Afrique peut ainsi être considéré comme un échec ». Quant aux fondations dites philanthropiques, elles sont malheureusement si fortement adossées à des multinationales (Monsanto-Bayer) et à des intérêts nationaux indifférents aux vrais problèmes des pays où ils se développent, qu’on ne peut que fortement douter de leur « philanthropie ».

Une fois ces désaccords avec le livre d’Antoine Buéno décrits, il reste à reprendre son thème central : l’effondrement de notre civilisation, que les collapsologues considèrent comme inéluctable, est-il encore évitable ? Analyse dans une deuxième partie.

François GERLOTTO

[1] Kako Nubukpo, Une solution pour l’Afrique. Du néoprotectionnisme aux biens communs, Odile Jacob, 2022.

[2] Didier Gascuel, Pour une révolution dans la mer, Acte Sud, 2019.

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