Emmanuel Macron nous avait promis le plein emploi pour 2027. C’est un échec : le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A) a augmenté de 2,6% au quatrième trimestre de l’année écoulée. Au total, la catégorie A regroupe 3,3 millions de personnes et le chômage touche 5,7 millions de personnes si l’on ajoute les catégories B et C.
Que faire ? Ce que l’on fait toujours dans une économie néolibérale vouée à la promotion du profit : réduire les droits des salariés en prenant la pose vertueuse de ceux qui veulent faire des économies. Comme les réformes de l’assurance-chômage de 2018, 2019, 2020, 2021, 2023, 2024 et 2025 n’ont pas donné les résultats attendus, le gouvernement a demandé l’ouverture de nouvelles négociations entre le patronat et les syndicats sur l’indemnisation du chômage – afin de vérifier que ce qui a raté peut encore rater.
C’est dans ce contexte que le patronat vient de proposer un nouvel assouplissement du droit du travail sous la forme d’un “allongement de la période d’essai” pendant laquelle l’entreprise peut renvoyer le nouvel employé sans donner de motifs. Le Medef voudrait également “adapter le niveau du smic”, c’est-à-dire payer certaines catégories de jeunes salariés en-deçà du salaire minimum. Ce serait tout bénéfice pour les patrons, qui continueront ensuite à se plaindre des jeunes qui refusent le travail qu’ils ont eux-mêmes dévalué.
Voilà qui ressemble fort au Contrat première embauche (CPE) que Dominique de Villepin, aujourd’hui très disert sur les plateaux, avait promu en 2006 puis prestement retiré devant la mobilisation des syndicats ouvriers, des étudiants et des lycéens.
Alors, le Medef, on remet ça ?
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Article publié dans le numéro 1317 de « Royaliste » – 8 février 2026
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