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L’urgence écologique - par François Gerlotto - Le blog de Bertrand Renouvin

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L’urgence écologique – par François Gerlotto

Mar 25, 2019 | Billet invité | 9 commentaires

 

La quinzaine que nous venons de vivre aura été hautement écologique et très instructive. Résumons-là. 1er mars : initiative de Mlle Greta Thunberg, jeune suédoise de 16 ans qui a réussi, nul ne sait trop avec quels appuis, à lancer un appel au monde pour lutter contre le réchauffement climatique. 5 mars : la France est sommée par la Commission européenne de céder au domaine  privé l’exploitation de ses centrales hydroélectriques dans les plus brefs délais. 14 mars : la Fondation Nicolas Hulot et plusieurs ONG déposent un recours en justice contre l’Etat pour non-respect de ses engagements climatiques. 15 mars : suivant les consignes de  Greta Thunberg, les lycéens se sont mis en « grève » un peu partout en Europe. 16 mars : manifestation écologique nommée « Marche du siècle » par les médias, qui a mis dans la rue plusieurs centaines de milliers de manifestants dans notre pays. Ce qui nous a permis d’admirer le cynisme du gouvernement qui a fait participer des ministres aux manifestations écologiques pendant que « en-même-temps » leurs collègues de LRM votaient pour la poursuite jusqu’en 2025 des épandages de pesticides reconnus dangereux. 12 mars- avril : cerise sur le gâteau, nous allons devoir supporter dans les semaines qui viennent une marée noire provoquée par le naufrage d’un cargo italien au large de La Rochelle.

Ouf ! Soufflons un peu et mettons de l’ordre dans tout cela. Quelles analyses peut-on en tirer ?

Tout d’abord, que l’urgence écologique est bien là. Il n’est plus de jour où nous n’apprenons l’existence d’une nouvelle catastrophe écologique ou d’une anomalie climatique. Ce monde bouleversé que prévoyaient les scientifiques il y a quarante ans, nous y sommes entrés, et nous n’en sortirons plus.

Ensuite que les manifestations, les soutiens, les analyses, les cris d’angoisse, les révoltes, la volonté d’agir, tout cela ne pèse RIEN face aux affaires. Pire même, cela sert à détourner l’attention : quand M. Macron, « champion de la planète » s’écrie la main sur le cœur devant la jeune Suédoise « Je peux le faire [sauver la planète ?], mais aidez-moi ! », alors que « en-même-temps » il fait voter des lois destructrices pour l’écosystème et s’apprête à brader les aéroports et les barrages (deux infrastructures écologiquement très sensibles), que peut-on conclure d’autre ?

Le cynisme de cette classe dirigeante, on connaissait, tout comme son inculture politique, historique, scientifique, son incompréhension crasse du fonctionnement du monde, et ses instruments habituels de gouvernement :  promesses tous azimuts, mensonges, brouillage des discours, confusion dans les objectifs, choix assumé de favoriser l’argent au détriment de toute autre chose, accusation de fascisme devant toute critique, etc. Pourtant nous n’avions pas tout vu, et voici une nouveauté : l’instrumentalisation de la jeunesse, manipulée pour « verdir » des activités noires. La conclusion de tout ceci, c’est que rien de bon ne peut venir de ce gouvernement, avec qui le dialogue est impossible.

Il y a pourtant des points positifs dans cette série événements. D’abord l’urgence écologique est désormais reconnue (sauf par les dirigeants). L’unanimité s’est faite sur la nécessité d’agir, les climato-sceptiques ont disparu, ainsi que leur opposition qui réduisait à néant toute initiative. Par ailleurs, cette prise de conscience est accompagnée d’un vrai désir militant, et la volonté d’engagement de la jeunesse contre le réchauffement climatique est sincère.

Mais elle doit savoir que rien ne peut se faire sans changement politique profond. Pourquoi ? Parce que l’expérience de ces vingt dernières années a montré qu’aucune politique écologique n’est possible dans un système dérégulé, alors qu’il va falloir « opérer à chaud ». Or la priorité écologique implique une planification incitative forte et l’utilisation de tous les moyens de l’Etat pour orienter l’activité des entreprises de façon conforme aux impératifs écologiques. Il devient urgent  de revenir en France à la planification indicative, de nationaliser le crédit et les secteurs-clé de l’économie, d’affirmer la souveraineté monétaire, technologique et commerciale de la nation. La restauration du Politique est la condition impérative pour mettre en œuvre la transition écologique.

François GERLOTTO

Editorial du numéro 1164 de « Royaliste » – 2019

 

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9 Commentaires

  1. PATRICE GUENIFFEY

    Contrairement à ce que vous assurez avec un aplomb qui est la marque du parti apocalyptique en matière de climat, la nature des causes du réchauffement, en effet réel, ne fait l’objet d’aucun consensus. Que l’activité humaine, en liaison avec la croissance démographique et la croissance économique (à peu près générale sauf en Europe), compte pour une part dans ce réchauffement, rien de plus exact. Mais si l’on excepte les idéologues du GIEC, le fait est que l’impact des activités humaines est tout à fait réduit, et que le réchauffement lui-même est parfaitement limité. Le climat a toujours varié, et les températures aussi, à la hausse ou à la baisse. Et pour des raisons qui n’avaient rien à voir avec l’activité humaine. Mais à son tour, ces variations (relisez Le Roy Ladurie) ont eu un impact sur les sociétés humaines, animales comme sur l’environnement. La fin de l’optimum climatique du Ier siècle a joué un rôle dans la crise de l’empire romain, et le nouvel optimum climatique des XIIe-XIIIe siècles un rôle dans ce qu’on appelle la première renaissance européenne.
    Il n’y a pas d’urgence climatique.
    En revanche, il y a une urgence écologique: cesser de dégrader, d’enlaidir et de salir la planète. Je pense aux éoliennes, dont la durée de vie ne dépasse pas 20 ans. Qu’en fera-t-on, passé ce délai? Je pense à l’urbanisation sans contrôle, à l’absence de véritable police des mers, à la situation particulière à la France où les villes sont des poubelles puisque chacun compte sur l’Etat pour nettoyer, etc. etc.
    Plutôt que d’écrire des articles alarmistes et dépourvus de tout fondement scientifique (au passage, je vous rappelle que la banquise n’a pas toujours existé et que l’actuel réchauffement est en train de nous faire gagner un continent vert, le Groënland, dont nous aurons bien besoin lorsque les Brésiliens auront fini de saccager la forêt amazonienne), mieux vaudrait réfléchir à ce qui est réellement important: une politique malthusienne en matière démographique et le respect de l’environnement

    • Francois

      Merci pour cette contribution. Je vois que j’avais tort, tous les climato-sceptiques n’ont pas disparu. C’est peut-être un bien si cela nous permet, à nous autres du « parti apocalyptique », de ne pas nous laisser aller, par paresse intellectuelle, à transformer en certitudes ce qui requiert une analyse critique permanente. La seule exigence dans ce genre de réflexion, c’est de s’appuyer sur les observations et refuser de considérer comme acquis même ce qui est au plan statistique « hautement significatif ». Mais je n’espère pas vous convaincre, et cette réponse, je la fais pour préciser certains points que vous énumérez dans votre commentaire.

      Je passe sur l’affirmation que « les membres du GIEC sont des idéologues ». Il s’agit d’une opinion, rien ne pourra convaincre ceux qui le croient que ce n’est pas vrai.

      « ces variations (relisez Le Roy Ladurie) ont eu un impact sur les sociétés humaines, animales comme sur l’environnement ». Sans aucun doute. C’est même le grand risque actuel. Nous sommes entrés dans une période de changement climatique (oublions la cause, humaine ou pas) qui fait courir un risque majeur non pas à l’espèce humaine, mais aux sociétés humaines ; n’ayons pas peur des mots : à notre civilisation. Elle est devenue complexe dans son fonctionnement et s’est malheureusement organisée autour d’un paradigme productiviste qui est à la fois source de nuisance et mécanisme de fonctionnement. Il faut impérativement s’en débarrasser pour survivre, mais en le faisant nous fragilisons très dangereusement nos sociétés. Votre remarque sur l’Empire romain est intéressante et je ne peux m’empêcher de faire l’analogie entre ces deux moments « d’optimum climatique » dans l’histoire humaine ayant abouti à la construction de mégapoles (car Rome en était bien une). Allons-nous subir le même sort ?

      « L’impact des activités humaines est tout à fait réduit ». Ce qui m’a convaincu, dans les années 90, que le changement climatique était bien dû à l’activité humaine, ce n’est pas le réchauffement, c’est l’augmentation de l’acidité des océans. Si en effet le climat n’a jamais été stable (mais j’en reparlerai), le pH des océans a quant à lui été remarquablement constant depuis des centaines de milliers d’années. Or il s’est mis à baisser de façon significative depuis moins d’un siècle, pour une unique raison : l’absorption du CO2, qui l’acidifie. Et ce CO2 provient de l’activité humaine, seul émetteur de gaz carbonique qui ait constamment augmenté ces derniers siècles. Aucune autre source importante et naturelle de CO2 ne peut être incriminée. Dire que l’impact de l’activité industrielle est marginal, c’est donc émettre une hypothèse qui ne peut expliquer cette observation complètement dépourvue d’idéologie : pas de modèle ici, pas d’hypothèse. Un pH est un pH, rien d’autre. Et pour faire bouger un système tampon de 1,35 milliards de kilomètres cube (volume de l’eau de mer), je vous assure qu’il en faut, du CO2…

      « Le climat a toujours varié, et les températures aussi, à la hausse ou à la baisse ». Parfaitement exact. Personne, surtout pas le GIEC, ne le nie. Mais ce n’est pas la variation du climat qui pose problème, c’est sa rapidité et son amplitude, de plusieurs ordres de grandeur supérieure à celle des variations naturelles. Je n’insiste pas car il s’agit d’un des points où les avis sont irréconciliables. Le lecteur trouvera tous les chiffres et les analyses un peu partout sur le web, aussi bien sur les sites « apocalyptiques » du GIEC que sur les sites climato-sceptiques.

      « Je pense aux éoliennes, dont la durée de vie ne dépasse pas 20 ans. Qu’en fera-t-on, passé ce délai ? ». Cette remarque est pertinente, et valable pour toutes les sources d’énergie : que faire des centrales nucléaires et de leurs déchets radioactifs ? Que faire des raffineries, à terre et offshore, des marées noires, des millions de voitures et des rejets de CO2 ? Que faire contre les pollutions produites par l’industrie, en particulier pendant la fabrication des piles et des cellules photoélectriques ? Que faire contre les dégâts écologiques des barrages hydroélectriques ? Que faire de ce plastique dans lequel l’environnement commence à se noyer ? etc. Mais il ne faut pas se tromper de coupable. Ce n’est pas la centrale productrice d’énergie qui pose problème : c’est le besoin excessif d’énergie dans nos sociétés, qui rend nécessaire la construction de ces centrales.

      « Plutôt que d’écrire des articles alarmistes et dépourvus de tout fondement scientifique… » Ce n’est pas un article scientifique, c’est un éditorial politique. Le principal message, et vous devriez l’appuyer car il concerne aussi la pollution générale, c’est qu’on ne peut avoir aucune politique écologique réelle dans un système ultra-libéral. Même pour « cesser de dégrader la planète », il faut une planification incitative forte des activités humaines, faute de quoi ce qui a eu cours depuis un demi-siècle (ne rien faire) va se poursuivre.

      « … l’actuel réchauffement est en train de nous faire gagner un continent vert, le Groenland, dont nous aurons bien besoin lorsque les Brésiliens auront fini de saccager la forêt amazonienne ». Oui, l’image est provocatrice et intéressante. Mais elle mène à une remarque. Avant que le Groenland soit couvert d’une flore et d’une faune aussi importantes que l’Amazonie, il se passera des centaines de milliers d’années : on ne construit pas un nouvel écosystème en 100 ans, et les idées de « terraformation » restent du domaine de la science-fiction. Durant la vie de l’espèce humaine, AUCUN écosystème complètement original ne pourra apparaître, faute de temps. C’est le grand problème que pose l’effondrement de la biodiversité. Certes, il pourra y avoir un « Green Land », il y en a eu dans le passé (d’où le nom de l’île), mais ce ne sera certainement pas un système à la richesse écologique de la forêt brésilienne. Tout juste une toundra… Ne rêvons pas.

      « ce qui est réellement important: une politique malthusienne en matière démographique ». Je peux parfaitement admettre –et respecter- que vous soyez climato-sceptique et ne croyiez pas aux rapports du GIEC, dont une partie dépend en effet de modèles, donc d’hypothèses que l’on a le droit (le devoir) de tenter de réfuter ; mais réclamer « une politique démographique malthusienne », avec la plus grande courtoisie du monde, si je ne veux pas travestir la réalité des dynamiques démographiques mondiales, je suis obligé de dire que cela n’a pas de sens. TOUS les démographes actuels ont constaté que les dynamiques démographiques n’étaient pas (ou plus) de type malthusien. Ils ont élaboré un nouveau modèle, la « transition démographique », pour comprendre et expliquer pourquoi la fécondité baissait spontanément dans le monde. Que je sache, AUCUNE politique malthusienne autoritaire n’a jamais marché, ni en Inde, ni en Chine, ni en Europe, nulle part. C’est vrai que la dynamique démographique a été l’une des causes majeures des changements écologiques et environnementaux que nous subissons. Mais elle tend vers l’équilibre (je dirais même, mais c’est une opinion personnelle, que nous allons doucement à terme vers un effondrement de la population mondiale, puisque si la fécondité continue à baisser, la mortalité pour sa part montre des signes de redémarrage); en tout cas en se stabilisant elle n’est plus la principale responsable : c’est l’ultra-libéralisme et la financiarisation de l’économie. Je ne sais pas si pour cette politique malthusienne vous faites référence aux travaux du Club de Rome, mais –tout au moins en ce qui concerne l’explosion démographique- ses modèles ne s’accordent plus avec les données. Enfin, puisque l’Europe (fécondité 1,6 en 2018), l’Asie (2,1), l’Amérique du Nord (1,7), l’Amérique du Sud (2,1) et l’Océanie (2,3) ont vu leurs fécondité baisser pour se rapprocher de l’équilibre (autour de 2,1 : la fécondité mondiale actuelle tourne autour de 2,4 et continue de diminuer), il ne reste, pour appliquer une politique malthusienne, que les africains (4,6). Alors soyons clairs. Ce que vous réclamez, c’est que nous stérilisions les seuls africains pour NOTRE bien-être à nous. Désolé, je ne peux pas vous suivre sur ce chemin.

  2. Franck Boizard

    Il n’y a pas d’urgence climatique et il n’y a même pas d’urgence écologique.

    C’est de l’hystérisation du débat à bon compte.

    Reprenons les choses calmement.

    99 {9ef37f79404ed75b38bb3fa19d867f5810a6e7939b0d429d6d385a097373e163} des enjeux écologiques sont locaux. Seules les pollutions maritimes concernent l’ensemble de la planète.

    Et ce n’est pas tant une question d’urgence qu’au contraire, la nécessité d’une stratégie raisonnée et inscrite dans la durée.

    Au premier plan, la démographie africaine (puisque tous les autres pays sont en voie de régression).

  3. PATRICE GUENIFFEY

    Je suis, comme vous, favorable à ce que les Etats retrouvent la maîtrise de leur destin, là où ils l’ont perdu, c’est-à-dire, essentiellement, en Europe.
    Mais je ne comprends pas comment ce rétablissement de la souveraineté des Etats constituerait une solution. L’Europe des 27 n’a nullement réduit les calculs des uns et des autres concernant leurs intérêts diplomatiques ou économiques; elle a seulement établi la prépondérance de l’Allemagne réunifiée sur le reste de l’Europe.
    Cette inégalité des partenaires explique par exemple ceci: face aux diktats des écologistes, tous les Etats sont sommés de réduire leur production nucléaire au profit des énergies renouvelables. L’Allemagne a montré l’exemple… en en faisant payer le coût à ses voisins. Elle les inonde d’éoliennes et a remplacé ses centrales nucléaires par des centrales à charbon dont les émanations de particules fines arrivent directement… sur Paris.
    Que les Etats retrouvent la maîtrise de leur politique environnementale, etc., ne résoudra rien.
    Le problème n’est pas la volonté d’agir, elle est dans le poids relatif des Etats. Je me félicite que la Chine soit aujourd’hui l’Etat qui se préoccupe le plus de l’environnement. Mais en même temps, les Chinois ne cachent pas que parallèlement à leurs efforts pour limiter un peu la pollution dans les mégapoles, leur politique de croissance, qui est un rattrapage qui devrait leur permettre de retrouver leur niveau de richesse et de puissance antérieur au calamiteux XIXe siècle, entraînera une augmentation de la pollution industrielle pendant encore au moins trente ans!
    Son voisin indien ne fait rien. Quant à nous, qui représentons moins de 1 {9ef37f79404ed75b38bb3fa19d867f5810a6e7939b0d429d6d385a097373e163} de la population mondiale et sommes responsables du même pourcentage des émissions de CO2, nous aurions vocation à sauver la planète par des mesures punitives, vexatoires, et une fiscalité démentielle dont la destination est, d’ailleurs, pour le moins opaque. Les mesures « écologiques » d’Anne Hidalgo ont aggravé le problème à Paris où la modernisation du parc automobile et la fin de la ceinture industrielle l’avaient quasiment réglé.
    Si solution il y a, elle viendra des progrès de l’industrie, de ceux de l’agriculture, pas d’une politique gouvernementale orientée non vers, par exemple, l’amélioration des infrastructures (routes ou chemin de fer), mais vers un changement des comportements qui me rappelle les pires utopies issues de la Révolution française et de la « fabrique de l’homme nouveau ».
    Nous n’allons pas poursuivre le débat sur le climat lui-même, qui, une fois encore, n’a rien à voir dans ces problèmes: il a toujours varié de manière brutale, quand il a changé, en quelques années. Certes, beaucoup de gens en seront les victimes ou en souffriront, peut-être quelques îles seront englouties et quelques villes recouvertes par les eaux. Mais rien de nouveau: Montpellier se trouvait jadis en bord de mer. La seule différence, c’est que nos ancêtres savaient où il fallait habiter et ne rêvaient pas tous d’avoir les pieds dans l’eau.
    Enfin, je vous dirai que c’est une prétention affreusement moderne que de croire que l’homme peut maîtriser et contrôler la nature. C’est comme si le rêve scientiste du XIXe siècle, qui semblait ouvrir à cet égard des perspectives infinies, s’était retourné, avec nos modernes « écologistes », en l’illusion inverse d’une dépossession totale.

    • Francois

      Beaucoup de choses dans votre commentaire, certaines avec lesquelles je suis en accord total, d’autres ou mon désaccord est tout aussi total… Mais entreprendre un dialogue sur tous ces points nous mènerait trop loin. Je ne voudrais que retenir votre dernière phrase : « Enfin, je vous dirai que c’est une prétention affreusement moderne que de croire que l’homme peut maîtriser et contrôler la nature… ». OUI, et c’est probablement là le grand risque, la grande tentation si l’on ne fait rien maintenant pour réduire l’impact de l’industrie sur le milieu : nous serons alors menés à appliquer plus de technique pour compenser les dégâts de la technique, et cela nous entraînera dans un cercle vicieux dont on peut dès maintenant annoncer la fin désastreuse. Plutôt que d’avoir à utiliser des détachants tous plus corrosifs les uns que les autres, au risque d’y faire des trous, Il vaut mieux dès le départ éviter de tâcher le tapis.

      Incidemment, cela est aussi valable pour les « politiques malthusiennes » que vous souhaitez : les chinois s’y sont cassés les dents, en imposant d’abord une limitation des naissances qui s’est avérée catastrophique puisque la dénatalité était déjà là (comme dans tous les pays voisins de la Chine, où les populations ont suivi exactement la même évolution que la chinoise, sans qu’aucune réglementation y eut été imposée) ; elle se retrouve maintenant avec des déséquilibres profonds dans sa population qu’elle va là aussi tenter de résoudre par des méthodes coercitives qui ne pourront qu’ajouter au déséquilibre. D’une certaine façon, l’homme se doit de « maitriser et contrôler la nature » comme on maîtrise et contrôle son cheval, pas par la force ni par des techniques brutales : il faut l’accompagner et tenter de le diriger en douceur dans le meilleur sens possible.

  4. Laurent T.

    Tout le problème de notre temps est énergétique. Nous vivons très au dessus de nos moyens et si nous ne sommes pas capables collectivement de rectifier notre façon de vivre nous le payeront chèrement.
    d’excellents intellectuels réfléchissent actuellement sur le sujet comme Olivier Rey , Philippe Bihouix , Gaël Giraud etc…
    Les notions de limite et d’hubris doivent êtres selon moi enseignées et réglementées.
    J’aurai une question pour l’auteur de l’édito , pensez vous qu’il soit possible de réaliser des politiques vertueuses avec de la croissance et du crédit ?

    • Francois

      « Tout le problème de notre temps est énergétique. Nous vivons très au dessus de nos moyens et si nous ne sommes pas capables collectivement de rectifier notre façon de vivre nous le payeront chèrement ».
      Tout à fait d’accord, c’est le fait de vivre dans un système qui a imposé l’énergie « gratuite » qui pose problème. La société s’est droguée à l’énergie, et n’est plus en contact avec la réalité. Et comme tout drogué, elle devient très difficile à « sevrer ». Un petit exemple de raisonnement financier absurde que permet une énergie pratiquement gratuite : le traitement de la crevette nordique. Elle est pêchée par les chalutiers écossais, elle est ensuite envoyée par avion d’Aberdeen au Maroc pour y être décortiquée, puis elle retourne en Grande Bretagne pour y être congelée, emballée et exportée aux quatre coins du monde. Un circuit absurde, grotesque, polluant, mais… qui fait économiser quelques centimes par kilos, puisque le coût de la main d’œuvre des décortiqueuses est moins élevé au Maroc que dans le Royaume-Uni. Le seul critère dans ce cas est d’ordre comptable : il est de bien s’assurer que les frais que l’on consent pour le transport (donc le coût de l’énergie) soient inférieurs au gain attendu de la différence de salaire entre les deux pays.

      « J’aurai une question pour l’auteur de l’édito , pensez vous qu’il soit possible de réaliser des politiques vertueuses avec de la croissance et du crédit ? »
      Non. La croissance prend une forme exponentielle, puisque ce qui requis, c’est une augmentation de sa vitesse (en pourcentages). Comme nous vivons dans un monde fini, toute forme exponentielle de croissance se heurte tôt ou tard au mur de l’épuisement de la ressource. Vouloir maintenir la croissance telle qu’elle est définie à l’heure actuelle est un non-sens mathématique –et écologique. Sans parler de ce qu’il y a dans le concept de croissance, comme l’a bien décrit André Gorz (dans son livre « Ecologica ») : « Le contenu de la croissance n’intéresse pas les décideurs. Ce qui les intéresse, c’est l’augmentation du PIB, c’est-à-dire l’augmentation de la quantité d’argent échangée, de la quantité de marchandises échangées et vendues au cours d’une année, quelles que soient ces marchandises ». C’est pour cela qu’on peut sans problème inclure la prostitution dans les calculs, et qu’on se demande ce qui empêche d’y inclure la production et commercialisation de drogue, qui augmenterait la croissance mondiale d’une valeur significative…

      • Franck Boizard

        Je vous conseille un livre vieux de quelques années : The bottomless well (le puits sans fond).

        Il explique que, comme le réchauffement climatique d’origine humaine, la crise énergétique est une idée reçue sans aucun fondement.

        Nous ne manquerons jamais d’énergie (en tout cas, dans un marché non manipulé) et les deux énergies de l’avenir sont … le charbon et le nucléaire.

        Ca défrise les perroquets (dans la mesure où un perroquet est frisé) qui répètent les mantras à la mode mais c’est fort argumenté et solide.

  5. pernox

    Sur l’impact du CO2 j’ai une seule interrogation : que fait-on de la décroissance de sa propension marginale à l’effet de serre dans les modèles du GIEC auquel je ne comprends pas tout ? car il y a des idéologues qui en font fit au moins dans les relais du GIEC