Archive pour mars 2009

Si la mémoire d’Auschwitz se réduit à un « devoir », le crime métaphysique et physique perpétré par les nazis ne pourra pas être compris par les générations futures.

Crime métaphysique : la volonté délibérée d’exterminer la totalité du peuple juif procède de ce qui est spécifique au projet hitlérien. Les nazis voulaient refonder l’Europe en lui donnant une nouvelle origine : le peuple allemand épuré, la pensée allemande purifiée, l’homme allemand exclusivement identifié à son essence germanique.

Crime physique : il fallait donc éliminer totalement le peuple juif, qui est effectivement, dans son être et dans son existence historique, l’origine de la civilisation fondée monothéisme. C’est ce qui distingue la politique planifiée d’extermination du Peuple originel de toutes les autres destructions de peuples et de tous les autres massacres de masse. Lire la suite de cette entrée »

La France n’est pas coupable

A Auschwitz le 27 janvier, M. Chirac a tenu des propos inacceptables. Evoquant les juifs français victimes du nazisme, le président de la République a déclaré ceci : « Votre souvenir, celui de ce « monde qui fut », est pour la France plus qu’une douleur. Il est la conscience d’une faute. Il est une exigence de responsabilité ».

Les citoyens français commémorent dans la douleur le soixantième anniversaire de la libération des camps. Au souvenir du génocide, ils savent mieux qu’avant la guerre les responsabilités qu’ils doivent prendre. Ils n’ignore pas que les collaborateurs de l’Occupant ont appelé à la persécution des Juifs, l’ont organisée et mise en œuvre. Ils n’oublient pas non plus que les traîtres ont été jugés, condamnés à la prison ou la peine de mort à la Libération – quand ils n’avaient pas été exécutés par la Résistance. Lire la suite de cette entrée »

Inacceptable

VICHY, UN « ETAT REPUBLICAIN » !

Le Conseil d’Etat a condamné l’Etat à payer la moitié des sommes dues par Maurice Papon au motif de ses condamnations civiles. Cette décision constitue une révision inacceptable de l’histoire et du droit.

En réclusion criminelle depuis 1998, Maurice Papon avait été par ailleurs été condamné par la cour d’assises de la Gironde à verser 4,720 MF aux parties civiles au titre des dommages et intérêt et en règlement des frais de justice.

Invoquant la loi de 1983 qui prévoit la couverture par l’Etat des condamnations civiles prononcées contre un fonctionnaire en réparation d’une faute de service, le condamné avait demandé à l’Etat de prendre en charge la totalité de la somme exigée. Lire la suite de cette entrée »

Les obscénités proférées par Dieudonné contre la commémoration de la libération d’Auschwitz et le prétendu « lobby sioniste » sont à l’extrême pointe de la campagne racialiste lancée par quelques groupuscules voici quelques années et qui se développe en ce moment de manière très inquiétante.

Est racialiste la thématique qui vise à redéfinir la nation française selon des critères raciaux établis sur l’apparence physique. Ecrivant cela, je m’expose à toutes sortes de critiques et d’accusations : néologisme douteux, paranoïa, néo-colonialisme, racisme… Les procès d’intention sont d’autant plus faciles que le racialisme prospère, avec le soutien de milieux bien-pensants, dans une extraordinaire confusion qui risque de provoquer des amalgames injustifiés.

Confusion : imprécateurs, pétitionnaires et journalistes post-modernes mêlent la mémoire de la « Solution finale » aux guerres coloniales, à l’exploitation des salariés, aux politiques de relégation sociale, aux conflits en Orient… Lire la suite de cette entrée »

Voici un texte de l’économiste keynésien James Galbraith qui semble devoir retenir l’attention. Il y fait l’hypothèse que la culture du « business cycle » et du retour quasi automatique à l’équilibre imprégnant depuis l’après guerre la pensée économique - et du même coup les modèles informatiques utilisés par les institutions - n’est pas apte à rendre compte de la crise et à en prévoir les développements, en raison de la durée qui sera nécessaire au désendettement des ménages, au nettoyage des écuries d’Augias bancaires, à la disparition des surcapacités et au rétablissement de la confiance. L’idée que l’extraction des produits toxiques qui bloqueraient les circuits de l’intermédiation financière, accompagnée par un plan de relance « classique », quoique de dimension apparemment impressionnante, suffiraient à relancer la « machine », lui paraît à tout le moins optimiste. Si l’on prend en compte la caractéristique financière hors norme de cette crise, la relance par le crédit, même une fois « réparé » le système bancaire, n’est qu’une illusion, juge-t-il, et l’intervention de l’Etat devrait alors changer de braquet. A quel point ? Galbraith rappelle en quelques chiffres - forts impressionnants - l’ampleur des efforts déployés par Roosevelt. Des exemples ? 60% des chômeurs employés par les grands travaux de l’Etat. Un milliard d’arbres plantés. 2500 hôpitaux, 45 000 écoles, 7 800 ponts, plus d’un million de km de réseau routier et un millier d’aéroports construits ou rénovés. Sans oublier l’embauche de 3000 artistes, dont Pollock et de Kooning. Lire la suite de cette entrée »

Royaumes européens

GENESE DE L’ETAT MODERNE

Docteur en histoire des religions et en théologie, Bernard Bourdin est maître de conférences en histoire du christianisme moderne et contemporain à la faculté de théologie de Lille. Dans un ouvrage qui vient d’être publié, il analyse l’absolutisme anglais à la lumière de la controverse théologique et politique entre Jacques Ier et le cardinal Bellarmin.

Face au pontificat romain, l’Angleterre s’affirme alors comme nation indépendante et Etat souverain par des chemins différents de ceux suivis par les Capétiens. Lire la suite de cette entrée »

Dans le livre d’entretiens (1) qu’il a accordés à Henri Weill, un Compagnon de la Libération rappelle à ses contemporains et explique à la nouvelle génération ce que fut la Résistance française et ce qu’elle continue d’engendrer.

Journaliste et historien, Henri Weill a eu raison d’insister pour que Serge Ravanel, qui avait écrit ses mémoires voici bientôt dix ans (2), accepte de reprendre publiquement le fil de ses réflexions.

Le livre qui en résulte est deux fois nécessaire car il s’adresse à la fois aux générations qui ont connu l’Occupation ou qui en ont été durablement marquées et aux jeunes gens soucieux de découvrir les vérités de la France en guerre. Lire la suite de cette entrée »

Docteur d’Etat en mathématique et en philosophie, psychanalyste, Daniel Sibony construit de livre en livre une œuvre qui porte sur le désir, la perversion, la danse, le théâtre (tout particulièrement Shakespeare), le racisme…

Plusieurs de ses ouvrages sont consacrés aux conflits entre les trois religions monothéistes. La réflexion qu’il publie sur l’énigme antisémite se situe dans ce prolongement. Elle mérite un examen approfondi, assorti de quelques remarques critiques.

Septembre dernier. Je déjeune avec un ami, journaliste connu, qui me confie son désarroi : J’approche de la cinquantaine. Je suis né et j’ai grandi dans une vieille famille royaliste. A la maison, quand on parlait de l’antisémitisme, c’était pour dire que cela appartenait à un passé à jamais révolu. Je n’ai jamais compris comment on pouvait détester les Juifs et je ne comprends toujours pas. Mais tu n’imagines pas le nombre de gens haut placés dans les médias français et dans la classe politique de droite et de gauche qui affichent, en privé, un antisémitisme virulent Lire la suite de cette entrée »

Nous avons trois bonnes raisons de défendre la liberté de la presse.

Elle est indispensable à la démocratie.

Chateaubriand a inscrit au cœur de notre tradition royaliste le principe proclamé à l’article 11 de la Déclaration de 1789.

Nous en bénéficions.

Nos abonnés, qui sont souvent de généreux donateurs, savent que l’absolue liberté d’un journal d’opinion est vécue avec une pauvreté de moyens qui menace à tout moment son existence. La loi réprimant les propos homophobes accroît cette fragilité. Notre critique de l’idéologie gay et des intimidations groupusculaires – non des pratiques amoureuses – nous expose à maints procès. Comme d’autres citoyens, nous sommes contraints de censurer sur ce point nos interpellations et nos insolences. C’est dire que cette loi, telle qu’elle a été votée par l’Assemblée nationale le 8 décembre, est liberticide. Lire la suite de cette entrée »

A l’émotion provoquée par la mort de l’ourse Cannelle s’est ajoutée la réélection de George W. Bush, douloureusement ressentie par la haute classe journalistique qui misait sur le candidat démocrate. Si bien qu’il n’y avait plus guère de place, dans les principaux médias, pour évoquer la campagne lancée par le Secours populaire français et la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) « contre la précarité étudiante ».

Le sujet méritait pourtant qu’on s’y arrête – au moins pour manifester la compassion qui est de mise lorsqu’un village de toile est inondé par la crue d’un torrent. Or, sous ses différentes formes, la misère en milieu étudiant touche une population qui équivaut à celle d’une ville moyenne. Lire la suite de cette entrée »

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