Archive pour mai 2010
L’hostilité des médias français à l’égard du gouvernement russe les conduit à nous maintenir dans l’ignorance des réalités économiques et politiques de la Russie. Le cliché sur la rente pétrolière et les diatribes (inopérantes) contre Vladimir Poutine tiennent lieu d’information. Puissance européenne amie et alliée de la France, la Russie est digne d’une analyse sérieuse assortie d’une critique fondée des choix effectués par divers centres de décision. Directeur d’études à l’EHESS, Jacques Sapir a procédé à une remise en perspective de la crise russe lors d’une conférence donnée aux Mercredis de la NAR le 21 février 2010. Le bimensuel « Royaliste » a publié dans son numéro 971 une partie des propos de Jacques Sapir. Je suis heureux de pouvoir publier l’intégralité de cet entretien, qu’il a corrigé et complété. Lire la suite de cette entrée »
J’ai reçu comme la plus belle des décorations le ruban de Saint-Georges, orange et noir, d’une main amie qui l’a épinglé sur ma veste, le matin du 8 mai. Me voici, à Moscou, parmi la foule de ceux qui se souviennent de la Victoire sur l’Allemagne, de la gloire des héros et des immenses sacrifices consentis par les peuples de l’Union soviétique.
C’est pour moi un acte de fidélité et de reconnaissance qui tient à mon histoire personnelle. Je suis né l’année de Stalingrad et mon opposition au système soviétique ne m’a jamais empêché d’avoir un sentiment de dette envers l’Armée rouge. Dans mon enfance, mes avions préférés étaient les Spitfire du Grand Cirque (1) et les Yak russes ; très jeune, j’ai vu « Quand passent les cigognes » avec ma mère, anticommuniste déclarée et qui avait quelque raison de l’être. Elle n’était pas la seule, parmi ses camarades gaullistes, à éprouver pour les Russes le sentiment d’une fraternité d’armes qui a persisté tout au long de la Guerre froide, malgré la virulence des polémiques entre Résistants de droite et communistes. Normandie Niémen (2) faisait le lien et continue de le faire en Russie et dans les anciennes Républiques soviétiques où les pilotes français sont vénérés. Lire la suite de cette entrée »
Rosa Otounbaeva, paraît-il, a mauvais caractère : il lui en faudra beaucoup et du mieux trempé pour mener son gouvernement provisoire à bon port ! A Bichkek, les obstacles internes et externes à l’exercice du pouvoir sont, en effet, multiples et d’envergure.
Obstacles internes
*Les dizaines de milliers de pauvres bougres qui survivent à la périphérie de la capitale en quête, chaque jour, d’un dollar pour survivre, ont lancé, dès la première nuit d’existence du nouveau pouvoir, la vague d’assaut inaugurale. Le centre ville et la proche banlieue où s’épanouissent magasins de luxe, hôtels de tourisme, casinos et demeures tape-à-l’oeil des privilégiés, voire des trafiquants, fascinent les miséreux, réfugiés sans travail ou loubards, à l’affût de toute faiblesse des services de police pour casser les vitrines et se servir. Maffias et monde proliférant du crime, enrichis notamment par le trafic de drogue, ont les moyens financiers de recruter quand ils le veulent cette plèbe et de la projeter sur les beaux quartiers : ils peuvent ainsi susciter une évolution qui leur est favorable. Le 7 avril, certes, les défavorisés avaient assez de sujets de mécontentement pour se ruer d’eux-mêmes à l’attaque du pouvoir. Mais, à l’avenir, ils peuvent se laisser manipuler, en particulier s’agissant du problème de la répartition des terres. Lire la suite de cette entrée »
Bichkek, avril 2010
Le nouveau pouvoir kirghiz issu de la Révolution dite des Coquelicots du 7 Avril 2010 impose lentement et non sans peine son autorité sur l’ensemble du pays, alors que face à lui s’expriment les attentes d’une population fatiguée et démunie de tout. Les chantiers du gouvernement provisoire sont immenses et devront bénéficier dans les plus brefs délais d’un soutien indispensable de la communauté internationale pour être menés avec succès.
VERS UNE REPUBLIQUE PARLEMENTAIRE ?
Premier chantier du nouveau pouvoir : Etablir une constitution appelant à l’instauration d’une république parlementaire.
D’après les premiers résultats issus de discussions et d’ébauches menés entre responsables de partis politiques et experts juridiques et constitutionnels rendus publics le 26 Avril dernier, cette nouvelle constitution garantirait une stricte séparation des pouvoirs, diminuerait le poids du Président de la République et augmenterait la place du Parlement dans la vie politique institutionnelle kirghize : Lire la suite de cette entrée »