La victoire du « Non » est d’abord politique. C’est la victoire de la souveraineté populaire qui décide d’affirmer que la nation grecque est souveraine face à l’eurocratie. Berlin, Francfort et Bruxelles  voulaient une capitulation sans conditions puis ont tenté de renverser le gouvernement grec, d’étrangler financièrement la Grèce et cherché jusqu’au dernier moment à intimider son peuple par l’insulte, la menace, le chantage au chaos.

Cette victoire politique est exemplaire. Un « petit pays » peut refuser un système de contraintes dès lors que ses dirigeants ont la volonté de ne pas plier, consultent le peuple et sont décidés à respecter son choix. Dix ans après le référendum de 2005, c’est une revanche pour les partisans du « Non » au prétendu « traité constitutionnel », trahis successivement par Nicolas Sarkozy et François Hollande. Mais c’est une revanche partielle, qui incite à durcir l’opposition à l’oligarchie nationale, aux autocrates de Bruxelles et à leurs commis médiatiques qui se sont surpassés dans la semaine qui a précédé le référendum du 5 juillet : propos méprisants et diffamatoires, mensonges éhontés et toujours la même arrogance au vu des résultats.

Cette victoire facilite la redéfinition de l’Europe. C’est la nation grecque qui s’est affirmée aux élections législatives de janvier et par le référendum de juillet. Elle s’est affirmée face à un gouvernement allemand qui mène un jeu national, dans une Union européenne et dans une zone euro considérées du seul point de vue des intérêts allemands. Le caractère utopique de l’Europe supranationale est une évidence que l’eurocratie tente de nier dans une violence croissante – mais finalement inopérante.

Un « petit pays », immense par son apport à la civilisation européenne, nous montre qu’il est possible de rentrer dans l’histoire et d’y jouer un rôle majeur. En Italie, en Espagne, au Portugal, en France… il n’y a pas de fatalité à l’alignement.

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Le 5 juillet 2015