La campagne pour le premier tour des élections législatives se déroule dans une ambiance tendue mais, à l’heure où nous écrivons, hors des violences physiques que nous redoutions. Les passions partisanes et l’incertitude sur l’issue de la crise politique plongent cependant de nombreux Français dans une angoisse aggravée par l’excitation médiatique.

Au rebours des simplifications de toutes sortes, nous ne sommes pas enfermés dans une logique d’affrontement entre trois blocs. Le groupe central de l’oligarchie formé par Renaissance, Horizons et le Modem n’agit plus sous l’égide d’Emmanuel Macron en raison des rivalités de personnes et de clans. Par l’alliance qu’il a conclue avec Eric Ciotti, le Rassemblement national intègre dans son projet gouvernemental des néolibéraux qui ont activement participé à la destruction de l’Etat et à l’aliénation de notre indépendance nationale. Le Nouveau Front populaire n’est qu’un cartel électoral qui réunit jusqu’au soir du second tour des personnalités, des formations et des projets incompatibles. François Hollande et Jean-Luc Mélenchon sont emblématiques des oppositions frontales qui paralyseraient un gouvernement de gauche.

Dictées par l’urgence électorale, les nécessités tactiques ont conduit tous les protagonistes à bâcler des programmes fictifs, livrés aux vents tournants de la campagne électorale. Il ne s’agit pas de formuler des propositions cohérentes mais de séduire des segments de l’électorat et des lobbies. A cet égard, le fait que les trois formations concurrentes aient accepté de comparaître devant le Medef, comme si le patronat était le juge impartial de la bonne conduite économique et sociale, devrait les disqualifier.

A cette démagogie consternante, s’ajoute un mensonge par omission qui est commun aux trois regroupements : leurs programmes économiques et sociaux sont soumis à la double contrainte exercée directement par les organes de l’Union européenne et, en cas d’une victoire jugée extrémiste, par la spéculation financière internationale. Dès juillet, nous allons à nouveau payer le prix de nos abandons de souveraineté en matières monétaire, commerciale, budgétaire : c’est la Commission européenne qui fera appliquer son programme austéritaire, résolument antisocial. Nous n’oublions pas qu’en Grèce, voici 9 ans, un gouvernement de gauche régulièrement élu fut soumis aux violentes pressions de structures européennes notoirement étrangères à la démocratie.

Les tactiques électorales et les fictions programmatiques ne nous dissuaderont pas de participer à des élections qui se joueront, comme les autres, sur des réactions de rejet et sur des imaginaires. Les choix que le Comité directeur de la NAR présente à ses adhérents et sympathisants ne porte pas sur des partis ou des coalitions mais sur la ligne que nous traçons, selon nos convictions et nos engagements passés, entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.

Nous n’acceptons pas les candidats qui se disputent les dépouilles de la macronie, dans la soumission aux normes néolibérales.

Nous n’acceptons pas le projet de suppression du droit du sol et le slogan de la “préférence nationale”. Le Rassemblement national a dans son héritage la haine identitaire répandue par le Front national. Il reste fidèle à une conception ethnique de la nation contraire à notre tradition depuis le XVIe siècle – celle d’une collectivité qui se définit par l’histoire et par le droit, non par le sang.

Nous n’acceptons pas plus la version de gauche de la haine identitaire, qui attise le communautarisme islamiste et l’indigénisme, multiplie les provocations “sociétales”, pousse l’antisionisme jusqu’à son aboutissement antisémite et incite à l’insurrection dans la perspective tracée par Jean-Luc Mélenchon : celle d’un choc frontal entre une gauche radicalisée et racialisée et un Rassemblement national abusivement désigné comme “fasciste”.

Nous n’acceptons pas que l’environnement soit présenté sous l’angle de l’écologie punitive, selon les choix idéologiques de militants écologistes qui engendrent un anti-écologisme dicté par la démagogie.

Il existe à droite et à gauche des candidats patriotes étrangers au nationalisme identitaire, d’autres soucieux de justice sociale mais hostiles à l’esprit de guerre civile qui méritent d’être choisis comme législateurs, dans le respect de la Déclaration de 1789 et du Préambule de 1946.

Au-delà des choix qui devront être exprimés lors des élections législatives, le Comité directeur souligne l’impérieuse nécessité, pour le maintien de la paix civile, d’une présidence arbitrale, selon la lettre et l’esprit de la Constitution de 1958.

Le Comité directeur de la Nouvelle Action royaliste