La Nouvelle Action royaliste estime que la nation française, œuvre d’une histoire singulière et d’un droit spécifique relié à des principes universels, participe de la civilisation européenne et a largement contribué à son essor. La NAR n’a cessé d’affirmer la nécessité de donner à l’ensemble des Etats européens une organisation commune, destinée à préserver la paix sur le continent et à développer les coopérations nécessaires au bien-être commun. C’est dans cette perspective que notre mouvement forme le projet d’une confédération européenne, conçue comme union d’Etats souverains respectueux de la Déclaration universelle des droits de l’homme et de la Charte des nations unies.

L’Union européenne est la négation de l’Europe. Sa visée fédéraliste implique la destruction des nations, qui sont la réalité constitutive de l’identité européenne. Ses organes de gestion sont anti-démocratiques. Son idéologie récuse le principe de justice sociale et son modèle économique fait fi de la dignité humaine. Sa vision géopolitique est celle d’une Europe mutilée, à jamais placée sous l’égide des Etats-Unis.

 

La Nouvelle Action royaliste n’accepte pas que notre souveraineté monétaire, commerciale et budgétaire soit sacrifiée à un système de normes établi en vue d’un seul objectif : la défense et la promotion du capitalisme financier.

La NAR n’accepte pas les complaisances suspectes de l’UE envers les lobbyistes des industries les plus polluantes, qui suscitent de fausses contradictions entre les acteurs impliqués dans la protection et l’exploitation de l’environnement. Les agriculteurs en particulier sont pris en otages, autant par l’UE que par des partis dit écologiques, englués dans des idéologies étrangères à l’environnement. Il est urgent de mettre en œuvre des politiques écologiques cohérentes, planifiées au niveau des Etats et de l’Europe, hors du néolibéralisme et de toute idéologie, afin que soient pris en compte les soucis des populations, sans démagogie ni autoritarisme.

Notre critique radicale de l’Union européenne et notre projet confédéral nous ont parfois incités, lors de précédentes consultations électorales, à préconiser le vote blanc ou le boycott – qui ne sont pas souhaitables cette année. Nous voulons participer à la définition des choix pour les élections du 9 juin. Sans illusions sur les jeux internes au Parlement européen, nous souhaitons que la liste Renaissance, dont Emmanuel Macron a pris officieusement la tête, soit durement sanctionnée pour l’ensemble de ses errements : destruction programmée de l’Etat, inanité de notre politique étrangère, faiblesse de notre politique de défense, réduction de notre protection sociale, promotion du capitalisme rentier.

Par ailleurs, nous ne pouvons rester indifférents à la recomposition politique qui se dessine dans notre pays, à droite comme à gauche. Par le rejet ou par le soutien tactique, il est important d’y participer puisque nous ne concevons pas la démocratie sans partis politiques solides et cohérents – à l’opposé des partis-entreprise constitués autour d’un personnage. Il est possible que nous assistions à la renaissance d’une social-démocratie. Il est probable que le Rassemblement national achèvera sa mue en parti libéral-conservateur, pleinement installé dans le système européen et néolibéral. Il n’est pas impossible que le Parti communiste, après les tragédies du XXème siècle, se trouve un nouveau destin. Il est indispensable que la tradition gaullienne, qui est pour la Nouvelle Action royaliste une référence essentielle, se réinstalle dans le champ électoral.

Régulièrement publiées pour stimuler et pour dialoguer, nos critiques, nos attentes, nos impatiences quant aux divers courants de la vie politique française sont connues. Plutôt que de passer en revue les listes en présence, qui émanent de courants régulièrement analysés dans Royaliste, nous publions les critères qui pourront guider de libres choix.

Toute liste qui se prononce pour un saut fédéraliste impliquant le vote à la majorité qualifiée au Conseil de l’Union dans tous les domaines est à proscrire. Il est inacceptable que la politique étrangère, la défense, l’industrie et l’éducation deviennent des “compétences partagées” de l’Union européenne, selon la résolution votée en novembre 2023 par l’Assemblée nationale.

Toute liste qui se prononce pour une mutualisation de la force française de dissuasion est à proscrire.

Toute liste qui se prononce pour un élargissement de l’Union européenne à de nouveaux Etats sans prévoir que les peuples des Etats membres soient consultés par référendum est à proscrire.

Toute liste conduite par des personnalités qui appellent constamment à la guerre civile – en cultivant la haine identitaire, en s’efforçant d’importer sur le territoire national des conflits qui se déroulent hors de celui-ci, en appelant à l’insurrection “décoloniale” – est à proscrire.

Nous tenions à informer nos adhérents et nos sympathisants des conclusions d’une réflexion collective qui, à l’intérieur de notre mouvement, laisse chacun libre de son vote.

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Déclaration publiée dans le numéro 1279 de « Royaliste » – 20 mai 2024